Accès aux produits et services : Quand les droits des consommateurs comptent pour du beurre !

jeudi 13 avril 2017 Economie


Banalité influencée par les mouvements d’évolution et la puissance de positionnement de certaines entreprises dans des marchés ciblés locaux ou effet d’ignorance volontaire de la part des consommateurs, au Gabon, rares sont les entreprises qui respectent encore les droits de consommateurs. Constat.

Le protectionnisme pratiqué durant des années par l’Etat dans certains pôles économiques stratégiques comme celui de l’eau ou de l’électricité, et l’ouverture des nouveaux marchés comme celui de la téléphonie mobile qui a précipité la libéralisation du marché de l’Internet, a ouvert au Gabon, la voie à de nouveaux débouchés pour les entreprises. Ce qui durant la transition 1990-2000 explique une certaine effervescence des implantions en cascade et des rachats d’entreprises notamment dans le marché de la téléphonie mobile avec la présence des entreprises étrangères de taille internationale.

Gabon Telecom, Moov et Airtel Gabon qui aujourd’hui dominent le marché de la téléphonie mobile au Gabon et dont les dénominations de départ ont changé pour certaines, figurent au compteur des entreprises qui ont accompagné cette transition mais également l’essor d’Internet. Cette nouvelle convergence appréciée à sa juste valeur, s’est par la même occasion accompagnée de mutations dans les pratiques professionnelles et dans certains corps de métiers comme celui du journalisme où, des nouveaux modèles de médias ont vu le jour : les sites d’informations en ligne pour lesquels Internet demeure l’une des matières premières. C’est le cas de Gaboneco, Gabonews, Gabonreview, Gabonactu et bien d’autres entreprises locales. De même, le secteur de la finance, les banques en particulier dont les pratiques professionnelles du quotidien sont intimement liées à la disponibilité permanente d’Internet jouissent aussi de ces avancées.

Au fil du temps, en dépit de son caractère novateur et de la facilité que cela a induit dans le quotidien professionnel, les services fournis par certaines entreprises « paisiblement » installées au Gabon ne font pour autant pas l’unanimité.

L’offre de service, lorsqu’elle n’est pas interrompue de manière brusque pour des raisons que seules ces entreprises ont connaissance, fonctionne de manière erratique. Du côté des maisons de téléphonie mobile, le réseau fonctionne avec caprice sans que les causes du désagrément causé à la clientèle ne soient spécifiées aux consommateurs à défaut de s’excuser. Chez les fournisseurs de service Internet en première ligne desquels, Gabon Telecom, le calvaire est le même. Récemment une entreprise locale dont Internet est justement primordial à la production quotidienne a fait les frais de ce désagrément sans que la cause du préjudice ne soit spécifiée à son client, ni même que le fournisseur, Gabon Telecom ne s’en est guère excusée malgré le fait qu’elle ait été contactée à maintes reprises. Conséquence, durant plusieurs jours, l’entreprise a du fonctionner à demi-régime et cela a eu un impact sur son rendement quotidien. Malheureusement, ces entreprises ne sont pas les seules à bafouer les droits des consommateurs.

Le phénomène qui prend désormais des allures de « tendance à la gabonaise » touche aussi bien les secteurs cités que ceux du transport et de la restauration avec pour victime immédiate, le consommateur esseulé malgré ses plaintes. Sacrifié donc à travers des plus ou moins contrats obscurs, le consommateur gabonais doit subir et payer au quotidien les frais des pratiques non conformes réprimandées par la Charte mondiale des droits des consommateurs sous le regard impuissant de l’Etat et des organismes de consommateurs.


Michaël Moukouangui Moukala

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