Affaire Wally : La société gabonaise à l’épreuve d’un scandale sexuel

lundi 28 octobre 2019 Société & environnement


Avec l’affaire de la petite Wally, qui aurait été, sous l’influence de certains membres de la famille, contrainte à des rapports sexuels avec le richissime homme d’affaire et homme politique, membre du Parti Démocratique Gabonais , Alexis Ndouna, éclate là un scandale dont les tentacules s’étendent partout à travers le territoire national. Un scandale ayant pignon sur rue dans notre société de consommation où le chômage, la pauvreté, le modernisme et le goût de s’arrimer à la mode alimentent des vices dont le proxénétisme, la pédophilie et le sexe facile.

Seulement, ces rapports sexuels, deux fois de suite, selon les témoignages de Wally, âgée seulement de 15 ans avec un homme âgé d’une cinquantaine d’années, et qui, dit-on ne lésine pas sur les moyens pour se payer les services des mineurs à son goût, choquent aujourd’hui toute une communauté qui crie désormais haro sur Alexis Ndouna, considéré comme un spécialiste de viol sur des mineurs.

Et ce d’autant qu’il s’agit de rapports pour l’essentiel non protégés, toute chose constituant un réel danger pour la victime, surtout pour un violeur dont le statut sérologique reste pour l’heure sujet à soupçons, certains arguant qu’il serait même porteur du VIH Sida et qu’il distribue à souhait aux petites filles qui ont le malheur de tomber dans son escarcelle.
Surtout que l’homme, manifestement n’ en est pas sa première fois, puisqu’il y a quelques mois seulement, il avait déjà été cité dans une affaire de recrutement de mineurs de 13 à 15 ou 16 ans au sein d’ établissements secondaires librevillois , afin de satisfaire sa libido apparemment orientée vers les mineurs. En échange, il leur offrait des sommes d’argent allant jusqu’à 1 million de FCFA et des téléphones dernier cri.
Mais devant ces tendances pédophiles d’un quinquagénaire, le choc et l’incompréhension de la société aujourd’hui sont tels qu’on se demande pourquoi, un homme aussi riche, et aussi bien placé dans son parti politique, en est-il arrivé à développer cette attirance aussi cruelle pour les mineurs.

En attendant de trouver un psychologue capable de l’examiner profondément, le regard du journaliste ne peut se limiter qu’à l’observation de la société au sein de laquelle il évolue.

Faute commune ?

En effet, au-delà de la condamnation unanime prenant pour cible, Alexis Ndouna, dont on dit qu’il ne serait que la face visible de l’iceberg, il ne faudrait pas occulter pour autant la facilité avec laquelle, certaines femmes en général dans notre pays utilisent leur corps ou dans ce cas précis du corps de certaines jeunes filles , membres de leur entourage, comme un moyen de réussite sociale ou de parvenir à l’acquisition de tel ou tel objet.

Tout cela dans une société de consommation galopante avec ses tendances de mode, et d’acquisition d’accessoires dernier cri tel le smartphone, dans cette affaire . Lequel donne libre accès aux réseaux sociaux avec leurs contenus souvent peu appropriés pour les mineurs, à la maison, à l’école ou en groupe dans la rue.

Conséquence, même à un âge encore très précoce, certains enfants sont déjà sexuellement actifs , devenant ainsi des proies faciles pour la horde de pédophiles qui n’hésitent plus à miser pour s’offrir leurs services. Finie donc l’époque où l’idée de sexe « avant l’âge » faisait peur à la majorité des jeunes filles.

Face à cette braderie sexuelle au bénéfice des monnayeurs pédophiles de la trempe de Ndouna, et qui participe de la décomposition de notre société, la solution ne devrait pas être seulement de punir par la prison. Elle devrait également inclure une sensibilisation tous azimuts des petites filles à la maison, à l’école, à l’église. Cela passe aussi par la restriction d’accès aux contenus internet de leurs téléphones. Encore faut-il que le pays dispose d’une technologie adéquate pour cela.


Leno KOLEBA

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