Africa N°1 : L’énième SOS !

lundi 22 juillet 2019 Société & environnement


Il y a plus d’un an, les personnels de la radio africaine avaient vu quelques mois d’arriérés de salaires leur être payés après qu’ils aient vécu des évènements douloureux qu’ils n’oublieront jamais tant la perte d’être chers, voire très chers, de surcroit des collègues, ne peut qu’affecter l’équilibre du groupe. Sans vouloir citer les noms des disparus, nous précisons simplement qu’il y eut en l’espace de quelques semaines la mort de plus de trois personnes parce qu’elles n’avaient pas pu obtenir de quoi subvenir à leurs besoins, faute d’argent. Alors qu’il leur a été presque toujours promis que le meilleur était à venir, les agents de ce média qui a longtemps fait la fierté du Gabon et de l’Afrique tout entière, ne faisons pas la fine bouche, continuent de broyer du noir et de voir chaque soleil et chaque lune se succéder sans trop savoir de quoi les prochains seront faits, nourrissant la psychose qu’ils ont de se voir peut-être rappelés prématurément à Dieu. D’où l’interpellation qui est la leur adressée à ceux qui ont en mains leur destin pour qu’ils agissent promptement s’il leur dit d’être humains, ce d’autant plus qu’ils déclarent à qui veut l’entendre qu’ils compatissent aux douleurs et cris de détresse qui leur sont adressés.

« Je ne supporterais jamais de vivre un mois sans salaire », ainsi parlait un ancien ministre de la communication face au syndicat des agents d’Africa N°I venu solliciter une audience auprès de lui pour lui rendre compte des difficultés qui étaient les leurs au nombre desquelles l’accumulation de mois d’arriérés de salaires avec ses diverses conséquences. C’est dire, si le propos de l’autorité était sincère, que personne n’aurait aimé se retrouver dans la situation d’un travailleur ne percevant pas son salaire, surtout lorsque cette situation tend à perdurer. C’est malheureusement ce que vivent les agents de la radio africaine depuis bientôt deux ans sans que cela n’émeuve personne.

Certes, il peut être vrai que le fait de l’implication dans le suivi du dossier auprès des institutions compétentes d’une personne que d’aucuns qualifieraient de disqualifiée en raison d’un profil plutôt sommaire expliquerait le crédit que l’on accorde au traitement de celui-ci, encore faut-il que cela représente en vérité la raison de la lenteur de son avancement, mais est-il utile et raisonnable de rappeler qu’il s’agit ici plus que d’autres choses de la vie de femmes et d’hommes ayant des charges quotidiennes qui, si elles ne sont pas remplies à temps, les exposent à des moments apocalyptiques.

Comment ne pas tenir pareil propos lorsque l’on sait qu’il en est qui aujourd’hui, ce depuis de longs mois, se trouvent prisonniers des hôpitaux dans lesquels ils ont été admis sans le moindre pécule, recourant tous les jours que Dieu fait à tout venant, sachant qu’il leur est impossible d’assurer l’approvisionnement de leur appareil portable en unités pour pouvoir joindre ceux avec qui ils ont tissé des relations amicales et fraternelles afin qu’ils leur viennent en aide dans le règlement d’ordonnances, dire que celles-ci pleuvent à leur chevet, que peut-il en être s’il s’agissait maintenant de réfléchir aux moyens de les évacuer vers l’étranger ?

Chapelet de doléances

Depuis plus d’un an, des enfants en âge scolaire, apprenant à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, n’ont pas pu aller à l’école, les parents ne disposant pas de moyens pour les y envoyer et régler les frais d’écolage, pour ceux qui sont inscrits dans des établissements privés, ou n’ayant pas pu assurer les frais afférents à leur scolarité, frais de transport y compris pour ceux qui devaient fréquenter des établissements publics. Conséquence : nombre d’entre ces enfants sont restés à la maison occupant leur journée à vadrouiller devant l’incapacité des parents, pris à d’autres tâches, à veiller assidûment à leur éducation quoi qu’ils soient sensés être proches d’eux du fait qu’ils n’aient pas d’occupations professionnelles vu que la radio ne leur en offre plus.

Ces Gabonais dont la majorité n’a pas encore construit de maison et qui sont locataires, cela s’entend, sont réduits à squatter quand ils n’ont pas trouvé refuge chez un ami, parent ou connaissance, mais pour combien de temps quand on sait la société gabonaise en train de muer ? Pis, lorsque l’on sait qu’ils doivent attendre comme promis que leur situation soit réglée suite à la tenue d’un Conseil d’Administration et d’une Assemblée générale qui devraient décider du sort qui doit être le leur, non pas en terme salarial puisqu’il est une exigence pour les propriétaires de les libérer dans le respect de la législation en vigueur en République gabonaise, mais pour qu’ils sachent qu’est-ce qui devrait être leur avenir au cas où la société connaissait une transfiguration devant nécessiter le maintien en son sein de certains d’entre eux.

Le comble, c’est que l’on a ici affaire à des communicateurs au fait de l’actualité qui chaque jour cherchent à savoir si les raisons qui sont avancées pour expliquer le retard dans l’évolution du dossier Africa N°I sont plausibles et s’il faille pour cela qu’ils leur accordent la moindre importance. Que ne savent-ils pas sur les détournements qui sont légion ou sur l’enrichissement illicite de nombreux dignitaires ou Gabonais sulfureux qui plombent au vu et au su de tous ou de presque tous leurs compatriotes informés par les réseaux sociaux ou les journaux les capacités du pays à se positionner comme l’un parmi lesquels l’on doit compter demain pour parler de l’Afrique en termes de continent en développement.

Faut-il, se demandent alors les agents d’Africa N°I, qu’ils continuent de faire les frais de cette inconduite, eux, qui n’ont eu pour seul rêve que de représenter valablement un continent, l’Afrique, sous la menace des médias étrangers prompts à édulcorer son visage aux fins de le présenter de la manière qui leur plait. L’État gabonais étant le deuxième actionnaire de la radio, il est normal que les agents de la radio se tournent vers les autorités locales pour leur poser le problème pas moins qu’il ne leur est posé au travers les engagements qu’ils ont pris avec leurs partenaires libyens, pour leur demander s’il ne leur arrive pas des moments où ils s’interrogent sur ce que peuvent être les souffrances de gens qui sont forcés d’attendre sans rien voir poindre à l’horizon des lendemains hypothétiques.


Dounguenzolou

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