Agriculture : L’application du SMIG comme gage de développement du secteur ?

mercredi 11 octobre 2017 Economie


Le Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) dans le secteur de l’agriculture devrait passer à 80 000 francs CFA par mois. La mesure, annoncée par le ministre de l’agriculture, Yves Fernand Manfoumbi n’est cependant pas nouvelle, car déjà agitée par le passé.

Le Ministre de l’agriculture, Yves Fernand Manfoumbi ne cesse de remuer le secteur de l’agriculture avec la mise en place de réformes. A ce propos, ce dernier vient d’annoncer la mise en place d’un Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) dans le secteur de l’agriculture arrêté à 80 000 francs CFA par mois. Une idée novatrice soutenue par sa collègue, Carmen Ndaot, Ministre du travail, qui fera avant tout l’objet d’une étude sur les coûts des facteurs de production et des profils des exploitants agricoles dans le pays. Cette initiative n’est cependant pas nouvelle au Gabon. Une loi qu’on pourrait qualifié de désuète proposée en 2006 définissait déjà le SMIG dans le secteur agricole à 80 000 francs CFA.

Une vieille loi sortie des tiroirs

En effet, le décret n° 855/PR/MTE du 9 novembre 2006 fixant le salaire minimum en République gabonaise prévoyait deux SMIG distincts : celui du régime général ou du régime agricole. Un des articles de cette loi stipule « sur l’ensemble du territoire national, le salaire minimum interprofessionnel garanti est fixé à quatre- vingt mille francs (80 000 FCFA) par mois pour le régime général et pour le régime agricole ». Cette loi rajoute « Le salaire minimum interprofessionnel garanti est calculé sur la base de 6 heures et 40 minutes par jour pour les activités soumises au régime général, soit 40 heures par semaine et de 8 heures de travail par jour pour les activités agricoles et assimilées, soit 48 heures par semaine ».

Une charge de plus pour les entreprises ?

Une telle possibilité est-elle envisageable dans un pays où le secteur agricole peine à trouver ses marques et où, ce dernier représente moins de 5% du PIB ? Arrêté un SMIG dans le secteur agricole à 80 000 francs CFA relève de l’utopie prévisionnelle. Quels profits tirent mensuellement, trimestriellement et annuellement les professionnels de l’agriculture pour s’aligner à cette mesure ? Répondre à ces questions, c’est mesurer à juste-titre, la faisabilité d’une telle mesure.
En effet, parent pauvre de l’économie gabonaise, le secteur agricole faute d’industrialisation peine à se développer, et ce, depuis les années 70. Contraindre de ce fait les entreprises qui se démêlent à sortir ce secteur de l’ornière, c’est presque déjà tuer la filière.


Michael Moukouangui Moukala

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