Au bord de la justice populaire !

mercredi 5 juillet 2017 Société & environnement


De nombreux pays africains qui ont souffert et même continuent de souffrir du phénomène de grand banditisme, à l’instar de l’Afrique du Sud ou du Nigéria ont, pour répondre équitablement, soi-disant, aux maux qui sont causés à certains citoyens par d’autres indélicats, choisi de se faire justice, une justice populaire sans attendre que les Hommes de loi ne viennent se pencher sur les cas dénoncés. Dans d’autres pays, hélas, la tendance est à se faire également justice, devant le constat selon lequel les forces de l’ordre sont complaisantes ou ne font pas correctement leur travail.

« Tiens, ce voleur est déjà dehors ? », « comment se fait-il qu’alors qu’il n’y a que quelques matins, nous étions à la police qui promettait de poursuivre l’enquête suite au vol aggravé dont nous avons été, notre famille et nous, victimes, le « criminel » soit déjà en liberté ? », « le monsieur qui traverse la chaussée est celui-là qui avait assassiné mon père, que fait-il là, alors que sa place est en prison, du moins à l’heure qu’il est ? ». Autant d’interrogations qui coulent de la bouche de nombreux Gabonais, victimes des malfrats dans nos villes et villages.

Certaines d’entre elles qui disent détenir des preuves tangibles et palpables sont interdites de parler au nom de la prééminence de la justice, mais éprouvent tout le mal du monde à tolérer les largesses faites par ceux qui sont chargés de veiller au respect de l’ordre et de la loi dans la cité, à des individus qui auraient dû être privés de liberté pour avoir commis des crimes. Les plaignants arrivent vite à la conclusion selon laquelle, il y a comme une collusion entre les bandits et autres criminels et les autorités, au point que celles-ci n’aient plus voie au chapitre lorsqu’il s’agit de sanctionner, alors que cela est de leur devoir, surtout lorsque les faits sont avérés comme c’est hélas souvent le cas. Qu’est-ce qu’une population impuissante peut devant la croissance exponentielle des phénomènes de banditisme si ce n’est se préparer à assurer sa propre défense !

L’exemple de l’autre peut servir !

Il est plus que risqué de laisser une telle situation perdurer et surtout d’en être complice. Car, si on s’est pendant longtemps plaint qu’il y ait dans des pays comme l’Afrique du Sud, le supplice du collier qui consistait à brûler vifs des malfrats et criminels que l’on aspergeait d’essence après leur avoir placé un pneu autour du cou. Pendant que l’on redoutait qu’au Nigéria soit appliqué sur des voleurs, la charia ou loi islamique et qu’au Ghana, le président Jerry Rawlings tenant à faire appliquer l’une de ses promesses de campagne envoyait à la potence les criminels de tout poil, l’on peut aussi se plaindre dans un avenir proche de voir d’autres Etats africains basculer dans ce type d’agissements si les forces de l’ordre , les premières, et la justice en second, ne prennent pas les récriminations du peuple au sérieux.

« Trop, c’est trop » semblent en effet avancer bon nombre d’habitants sur le continent aux responsables de la sécurité et de la justice de leur pays devant ce qui constitue visiblement un frein à leur épanouissement qui a pour socle, on n’a de cesse de le dire, la paix et la sécurité. L’histoire démontre que là où l’Etat a « cessé d’exister », c’est la loi de la nature qui prend le dessus avec ce qu’elle comporte de dérives. Vaut mieux ne pas y arriver, car l’on dit par expérience qu’on sait où commence une crise, mais pas où elle va prendre fin. Les policiers, gendarmes et autres militaires recrutés et formés dans un pays le sont pour garantir l’ordre et la sécurité et la justice est là pour lire et dire le droit. Ne pas le faire serait suicidaire. Il faut tout faire pour que le peuple ne tourne pas le dos à ces autorités du fait de leur mollesse ou de leur refus de s’assumer pour une raison ou une autre, si l’on ne veut pas donner la parole et force à la rue qui, quand elle s’embrase, met au défi jusqu’au meilleur des pompiers.


Dounguenzolou

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