Audit de la masse salariale : Echec de la précédente opération ?

jeudi 5 juillet 2018 Economie


Le conseil de ministres du jeudi 21 juin dernier a annoncé un audit de la masse salariale alors qu’en 2009, un projet similaire avait été commandé par l’actuel Président de la République, Ali Bongo Ondimba pour une maîtrise efficiente de la fonction publique. Que recherche-t-on cette fois-ci alors que le gouvernement a unilatéralement décidé de réduire la masse salariale ?

C’est peut-être l’un des faits des récents du Conseil des Ministres du 21 juin dernier, passé inaperçu mais qui pourtant suscite des interrogations. En l’espace de huit ans, c’est la deuxième fois que le gouvernement commandite un audit de la masse salariale. L’annonce récemment d’un projet similaire de décorticage de la masse salariale et des procédures afférente à la gestion de cet actif peut être perçue comme une entorse à la politique de contrôle, menée en 2009. Aujourd’hui, bien plus qu’une simple politique fallacieuse, l’Etat semble vouloir se donner les moyens de son nouveau cap en faisant concorder masse salariale et maîtrise des dépenses publiques, alors que cet actif représente 59% des recettes fiscales soit, 24% de plus des quotas recommandés par les institutions financières de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (Cemac).

Et pourtant, l’annonce de cette expertise similaire de 2009 remet fortement en cause son efficience, mais également pose un problème d’inadéquation des politiques menées par les différents gouvernements qui se sont succédé. En effet, il est clair qu’il y a eu une volonté manifeste de fermer les yeux sur l’existence de cet audit à moins qu’il n’ait été qu’une « simple opération de diversion ». La question qui transparait est donc celle de savoir que veut-on apprendre de cette nouvelle expertise qui n’en a déjà été dit en 2012 ? Depuis quelques années la masse salariale pose un problème d’équilibre financier. Et, c’est un fait très connu surtout des autorités qui ne cessent de prêcher contre ce phénomène. En effet, en 2009 alors que l’audit avait été lancé, les dépenses annuelles publiques liées à la masse salariale étaient évaluée à plus 350 milliards de francs CFA. En 2018 soit, près de neuf ans après, celles-ci ont doublé pour s’établir à 720 milliards de francs CFA.

Plusieurs facteurs expliquent cette flambée. La création à outrance des agences étatiques dont la suppression a été annoncée et le recrutement massif au sein de la fonction publique sont les deux causes du problème. Deux faits quasiment liés qui ont permis de plomber les dépenses. En voulant repenser son modèle de gestion de la masse salariale, l’Etat refait un grand pas vers la clarté, mais cela exige un minimum de recul républicain voire patriotique. Exigence sans quoi, l’expertise récemment sollicitée ne sera qu’une pâle copie de 2009 !


Michaël Moukouangui Moukala

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