Chômage des jeunes : L’entrepreneuriat, la solution miracle ?

mardi 29 janvier 2019 Economie


Alors que les rigidités économiques ralentissent la création d’emplois au Gabon et privant par la même occasion de nombreux jeunes l’accès au monde professionnel, l’entrepreneuriat se présente comme une alternative à la monté du chômage. Cette solution qui n’est pas si mauvaise en soi botte tout de même en touche du fait de nombreux obstacles qui entourent le domaine de l’entrepreneuriat national.

« Si vous ne pouvez pas trouver un emploi alors il faut en créer ! ». Cette solution proposée par un jeune entrepreneur gabonais aux milliers de jeunes à la recherche d’un emploi présente l’entrepreneuriat comme la solution idoine à la résorption du chômage qui touche plus de 30% de la jeunesse gabonaise. Soutenu récemment par la Banque mondiale à travers un poste dédié à l’évolution de l’entrepreneuriat local, cette solution se présente comme le meilleur remède alors que le marché offre peu de débouchés à la jeunesse. Les success stories comme celle de Patrick Arsène Ndong Aboghe, propriétaire du pressing TPS ou encore Boris Abessolo et bien d’autres qui ont su se prendre en main, en créant leurs entreprises, tendent à montrer aux autres jeunes que tout est possible.

Si ces quelques expériences confortent l’idée selon laquelle entreprendre au Gabon est possible, c’est avant tout parce que le cadre des affaires, grâce à l’appui des institutions internationales comme la Banque mondiale, a été réformé. Facilitée par « la mise en place d’une agence de promotion des investissements qui agit comme un guichet unique, chargé de promouvoir le Gabon comme une destination d’investissement, de simplifier les formalités pour enregistrer une entreprise et de faciliter l’opérationnalisation des PME », la politique d’encouragement à l’entrepreneuriat joue au final, un rôle fondamental dans l’émancipation professionnelle de la jeunesse. L’apport des incubateurs comme JA Gabon qui sert de passerelle d’intermédiation entre les investisseurs facilitent également l’émancipation de la politique de soutien à l’entrepreneuriat.

Et pourtant, malgré l’existence des mécanismes de promotion de l’entrepreneuriat au Gabon, la question est presqu’encore perçue comme un tabou en dépit des interpellations des pouvoirs publics en direction de la jeunesse. Ce qui fait défaut à priori et pose problème, c’est l’accès aux financements. L’existence, il y a quelques années en arrière, des concours dédiés et la mise en place des fonds de soutien appuyés par le partenariat public-privé (PPP) semble s’essouffler pour pérenniser l’action des incubateurs comme JA Gabon. A cela s’ajoute, la démission express des banques nationales qui constituent des obstacles aux financements des projets faute de garanties suffisantes. L’entrepreneuriat tel que recommandé par la Banque
Mondiale peut être une voie pour lutter contre le chômage des jeunes, mais sans des politiques basées sur des enjeux pertinents, il sera quasi impossible pour le Gabon de transformer chaque diplômé en potentiel entrepreneur malgré la plus-value que le pays peut tirer de cette vaste ambition .


Michaël Moukouangui Moukala

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