Chronique de l’Agitateur : Ah ces bons de caisse à problèmes !

samedi 28 juillet 2018 Speciales


L’idée de mettre les fonctionnaires sous bons de caisse, loin d’être stupide, à première vue, est une bonne chose dont on peut se réjouir malgré quelques désagréments.

Si l’objectif de cette opération c’est de faire de petites économies à l’Etat qui se saigne à coûts de milliards du fait de fonctionnaires fantômes qui grèvent les finances publiques, on ne peut que la saluer. Car, figurez-vous que des salopards, du haut de leurs postes de responsabilité dans l’administration publique, magouillaient sans vergogne. Certains comptent à eux seuls des tas de postes budgétaires ou les affectent aux parents amis et connaissances contre des retrocommissions.

C’est ainsi que des chefs de villages, des vieillards analphabètes émargent à la Fonction publique sans que ni leur rendement ni leur affectation ne soient reconnus par aucun service administratif. On peut les apercevoir seulement le 25 du mois devant les guichets des banques. Une fois le salaire en leur possession, ils retournent vaquer à leurs travaux champêtres. D’aucuns font des apparitions fantomatiques dans certains bureaux ; histoire de faire croire qu’ils sont toujours en vie et surtout en activité. D’autres jouissent allègrement d’une retraite active. C’est-à-dire que bien qu’à la retraite, ils perçoivent des émoluments contre une parfaite sinécure. Et chaque fin de mois, le cycle infernal reprend son cours normal.

Ainsi est tissée la toile mafieuse dont les artisans sont des voyous en col blanc investis de l’autorité publique. Comment, dans ce cas, ne pas connaître une tension de trésorerie dont ne peut plus s’accommoder l’employeur qui croule sous le poids des charges alourdies par ces bouffes cadeaux derrières lesquels se cachent les mêmes sulfureux personnages qui, jusqu’ici par miracle, échappent encore à l’opération ‘’mamba’’ ! Et cette traque des fonctionnaires fantômes va-t-elle concerner ces vilains messieurs et dames qui se sucrent sur le dos du contribuable ? Echapperont-ils à la bourrasque comme ce fut le cas en 2010 lorsque fut lancé un audit qui avait pourtant révélé un grand nombre de dysfonctionnements blâmables ?

A ce qu’il semble, les maux restent les mêmes et depuis lors, rien n’a changé même pas d’un iota. S’il n’y a pas une véritable thérapie, une opération de salubrité publique, un curage en profondeur des parois sombres de notre administration publique, on risque de retomber dans les mêmes travers. Au vu du désordre orchestré par nos filous de l’administration publique, l’Etat a donc décidé de payer ses employés par bons de caisse, ce qui est légitime car on ne pouvait laisser des individus continuer à s’engraisser avec une boulimie criminelle digne d’un félin et au détriment des finances publiques. On peut donc applaudir des deux mains. Si l’on salue la mise des fonctionnaires sur bons de caisse, il existe néanmoins quelques ratés que l’on peut déplorer notamment dans la distribution des bons de caisse. Figurez-vous que nombreux n‘ont pas été informés du déroulement de cette opération et ont vu, par une effroyable surprise, leurs soldes ‘’dé-bancarisé’’. Une fois devant le robot à billets ou au guichet, c’est l’hystérie qui a failli emporter bien d’hypertendus. Là encore la communication gouvernementale a failli. Au fait, où sont passés ces guignols qui font office de communicants pour qu’on en arrive là ?


L’Agitateur

Vos commentaires

  • Le 29 juillet à 20:51, par ANGOME En réponse à : Chronique de l’Agitateur : Ah ces bons de caisse à problèmes !

    C’est une piste vers une redistribution des revenus aux gabonais. Il suffit de changer de paradigme pour comprendre que les revenus du gabon doivent aller à tous les gabonais ;il ne peut être en aucun cas question de vol et à ce niveau aucune ’’autorité’’ gabonaise actuelle ne peut s’ériger en moralisateur,aucun.

    Les ressources publiques gabonaises appartiennet aux gabonaises et gabonais.Les critères de redistribution doivent incorporer ou non ceux de la potentialité d’emploi public. La fantomisation des fonctionnaires est orchestrée par les tenants du pouvoirs qui ne savent pas ce qu’il faut faire. Lutter contre le phénomène c’est d’abord identifier,clarifier les missions et tâches agent de chaque agents dans un cadre stratégique clair et cohérent et non penser directement à la coupure des salaires des ’’absents’’ aussi rocambolesque et préoccupant que le problème paraisse. L’administration est gangrennée par la culture des nominations interminables au détriment de toute recherche d’efficacité.
    Pour terminer la mise sous bons de caisse répond à une trouvaille cynique de perenniser l’accaparement outrancier des ressources publiques dans un contexte de baisse structurelle des recettes des matières premières malgré quelques hausses conjoncturelles de leus prix.

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