« Complément d’enquête » : Quand Robert Bourgi fait chanter les Rois…

samedi 8 juillet 2017 Politique


Jeudi 6 juillet, la chaîne de télévision publique française, France 2 a diffusé, dans le cadre de son émission intitulé « Complément d’enquête », un reportage sur le parcours de l’actuel Président du Gabon, Ali Bongo Ondimba. Si on y découvre l’itinéraire problématique d’un président au cœur d’un faisceau de soupçons, c’est plus le cas de l’Avocat franco-libanais, Robert Bourgi qui suscite des réactions controversées. Alors que certains le présentent comme le casseur du régime, pour d’autres, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un frustré, mieux un maître- chanteur qui a décidé de déverser sa bile après avoir été congédié du palais du bord de mer par Ali Bongo.

« Il m’a écarté(…) Je n’ai pas besoin de son argent ». C’est ainsi que Robert Bourgi a répondu jeudi dernier, au journaliste, Nicolas Poincaré qui lui demandait s’il n’était pas dépité d’avoir été écarté par Ali Bongo Ondimba. Au regard des hésitations prolongées du sulfureux avocat face aux questions, on ne peut plus embarrassantes du journaliste, on comprend aisément qu’au-delà des révélations, encore faut-il qu’elles soient des révélations à côté de ce que savent déjà les Gabonais, il s’agit avant tout d’un dépit personnel de celui qui aura été longtemps le porteur de mallettes entre Libreville et Paris durant les années Bongo père.

Et le dépit, la frustration, la haine, se lisaient tellement dans les yeux tristes de l’avocat qu’il s’est même laissé aller aux qualificatifs les plus violents en traitant l’actuel président du Gabon de criminel, sans cœur, sanguinaire. Tout un chapelet d’épithètes injurieuses qui prouve à quel point Bourgi n’a toujours pas digéré sa mise au banc par Ali Bongo, qui succédait à son père en 2009. Ali Bongo doit certainement s’en mordre gravement les doigts pour avoir congédié celui qui aura été pendant longtemps le centre névralgique des pratiques tant décriées entre la Présidence de la République gabonaise et les milieux politiques français. Par-dessus tout ce qu’on sait déjà du porteur des valises de liasses, qui appelait Omar Bongo ‘’PAPA’’, on découvre en Robert Bourgi, un homme coupé de ses vannes et qui a décidé de vomir toute sa bile contre les nouveaux tenants du pouvoir de Libreville. D’où le basculement brutal et radical de l’Avocat hors norme qui a décidé d’œuvrer désormais pour le compte de l’opposition en tenant la dragée haute à l’arrogant fils d’Omar qui a osé le mettre à la porte.

Même Fillon en paie le prix

Le personnage, on le sait est réputé pour ses coups de revanche qu’il boit comme du petit lait. Et Ali Bongo n’est pas le seul à en payer les frais aujourd’hui puisque même François Fillon qui se voyait déjà président de la France après avoir éliminé tour à tour l’ancien président de la république, Nicolas Sarkozy et le Maire de Bordeaux, Alain Jupé à la primaire des Républicains, a payé lui aussi le prix de la revanche symptomatique de l’avocat. En effet, pour avoir accepté les fameux costumes de dix mille euros offerts par son ami Bourgi, Fillon a vu le trône présidentiel lui filer entre les mains au profit d’un jeune de 39 ans, Emmanuel Macron. En dépit de leur valeur financière, les costumes de l’Avocat n’auront été rien d’autre qu’un cadeau piégé, offert par un ami qui en voulait sournoisement à son sacre présidentiel, Fillon a été atomisé par son propre ami qui n’a pas hésité à « appuyer sur la gâchette », selon les propres termes de l’avocat qui a fait voler en éclat le but ultime de son ami, l’Elysée.

Bourgi, on le sait n’aura jamais d’amis parce qu’il est loin d’être un bon ami. Comme l’a dit le Général De Gaulle, « la France n’a pas d’ami, elle n’a que des intérêts », et Robert Bourgi vient d’en faire la démonstration malheureuse, après avoir été longtemps abreuvé des pétrodollars gabonais. Il les crache aujourd’hui sans aucune gêne. C’est la Françafrique !


Charles Nestor NKANY

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