Conflits internes à Démocratie Nouvelle : Ndemezo’O sur la sellette

lundi 26 mars 2018 Politique


Après avoir passé des jours heureux depuis sa nomination au Conseil économique, social et environnemental, René Ndemezo’O Obiang connaît depuis quelques semaines, sa première épreuve de contestation. Des responsables du parti exigent son départ pour, entre autres non respect des statuts du parti, mais également pour régionalisme aggravé. Et pour cause, tous les cadres qui mangent aujourd’hui à la table du pouvoir, avec lui, sont tous originaires du Nord : Patrick Eyogho Edzang, ministre de l’Energie, Jonathan Ntoutoume Ngome, ministre des Affaires sociales.

A la tête de cette fronde interne, Gervais Amogho, le désormais ancien Vice-président de Démocratie Nouvelle (DN) puisqu’il a été valsé par les décisions du premier congrès extraordinaire du parti en février dernier. Et c’est justement là où le bât blesse. Les frondeurs menés par Amogho accusent le président Ndemezo’O, désormais premier Secrétaire de DN, le poste de président ayant été supprimé par les conclusions du congrès, d’avoir violé les dispositions statutaires du parti en organisant ce congrès. Réunis en collège conjoncturel, ils ont prononcé l’exclusion du premier responsable de DN le 21 mars dernier, reprochant à Ndemezo’O, le fait de n’avoir pas associé les vice-présidents à l’ordre du jour du Congrès.

Le collège des vice-présidents explique même que leur vision politique ne peut plus s’accommoder d’un président agissant souvent de façon unilatérale, sans considération aucune pour les autres membres du bureau. Conformément à cette exclusion, l’ancien député de Bitam n’est plus président de DN.

Exclusion symbolique

C’est du moins ce qu’a laissé entendre le porte-parole de Démocratie Nouvelle, Jonathan Ntoutoume Ngome. Invité de l’émission Controverse samedi dernier sur Radio Gabon, Ntoutoum Ngom a clairement fait entendre qu’il n’appartenait pas à Gervais Amogho et toute sa clique d’exclure René Ndemezo’O du parti qu’il a lui-même crée. Le message est clair : Démocratie Nouvelle c’est l’entreprise personnelle de Ndemezo’O. Nul ne peut l’en exclure, quel qu’en soit le mobile. Il dicte sa loi, aux autres de suivre. Et s’il s’y trouve quelques récalcitrants, qu’ils aillent alors voir ailleurs.

Le régionalisme en question…

Mais l’inobservation des statuts et règlements du parti, manifestement n’est pas le seul motif de cette exclusion. Dans une interview accordée au journal-école, MICA-Gabon, Amogho avait déjà dénoncé la tendance régionaliste de DN, dont la plupart des cadres aujourd’hui dans l’appareil étatique sont tous issus du Nord du pays. Allusion faite exclusivement aux trois postés accordés à Démocratie Nouvelle au terme de l’accord politique d’Angondjé. Le Conseil économique, social et environnemental, les ministères de l’Energie, des Affaires sociales, postes occupés par des Fangs. Pour les frondeurs, il n’y a plus de doute, le parti n’est plus fondé sur la promotion des valeurs nationales. C’est une entreprise familiale où ne réussissent que tous les membres consanguins.

Voilà les conséquences directes de la gestion un peu clanique des partis politiques au Gabon. Des organisations en apparence fédératrices et nationales, mais fonctionnant comme des fermes familiales en y regardant de près. Et ce qui a cours à Démocratie Nouvelle l’a aussi au Parti Social Démocrate (PSD) de Pierre Claver Maganga Moussavou, au Parti pour le Développement social (PDS) de Séraphin Ndao… La liste est longue. De quoi malmener la démocratie qui devrait en principe commencer à l’intérieur des formations politiques. Quel gâchis !


Leno KOLEBA

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