Crise dans l’éducation : Le dangereux mutisme des leaders d’opinions !

mardi 7 mars 2017 Société & environnement


Chaque jour, le ver ronge le fruit de l’éducation gabonaise. Les positions se radicalisent. Le Gouvernement pour sa part, premier responsable de la gestion du pays, a décidé de ne plus payer les enseignants grévistes. De leur côté, les enseignants, au nom de la légitimité de leurs revendications, bombent le torse. Le pays est donc pour ainsi dire ou presque dans une impasse. L’année blanche se dessine avec des couleurs sombres dans le ciel de l’école gabonaise. Curieusement l’opinion nationale et internationale s’interroge sur le silence des leaders d’opinions.

C’est incontestable ! L’école constitue l’avenir d’un pays. En clair, un pays qui ne dote pas son école d’infrastructures et moyens conséquents, se prépare un sombre avenir. L’école gabonaise se trouve en ce moment dans cette voie opaque. « L’Etat a le monopole de la violence légitime », clamait il y a bien des siècles Sénèque, poète romain. Au nom de son pouvoir de souveraineté, le Gouvernement du Premier Ministre Emmanuel Issoze-Ngondet a pris la décision de couper les salaires des enseignants qui ont déserté les salles de classes. De leurs côtés, les enseignants ont en tout état de cause décidé de ne plus faire cours.

Devant ce bras de fer, extrêmement dangereux, ce sont les enfants qui sont les grands perdants, mais plus que cela, c’est l’avenir du pays qui se construit en carton. Conséquence : les gabonais ne seront pas compétitifs sur le marché international.
Devant la dangerosité de cette crise, on est bien triste d’écouter le profond silence des leaders d’opinions. Les sénateurs, députés, Hommes de Dieu et autres artistes se claquemurent dans un silence puant le danger. Seuls les parents d’élèves ont jusqu’à ce jour élevé la voix pour appeler à la raison, et ce, au nom de l’intérêt supérieur de la nation. Il n’est pas saint et normal que les élus du peuple dorment devant le danger qui plane sur le pays. Il est d’avantage suicidaire que les prêcheurs de la parole divine ferment les yeux devant les ténèbres qui installent leurs tentacules dans l’école gabonaise. Dans cette veine, il faut fustiger, non sans honte, les artistes de tous ordres prompts à louanger les causes perdues, mais soudainement muets devant une question d’envergure et d’intérêt général.

Ces multiples silences grondent dans la conscience nationale. Le Gabon mérite mieux que le spectacle qu’on nous offre. Chacun devant sa conscience doit s’examiner. En premier chef, le Gouvernement de la république qui est garant de l’avenir du pays. Quelle école pour l’avenir du pays ? Le premier à répondre à cette pertinente question est l’état incarné par le Président de la république, le Gouvernement et les autres institutions. On ne peut et ne doit jamais analyser les questions d’éducation sous le prisme de la politique politicienne. Raisonnablement, un état doit en toute intelligence offrir toutes les commodités pour rendre son école compétitive et parmi les meilleurs au monde. L’état doit ainsi s’atteler à créer les conditions de référence pour être à la pointe de l’excellence. C’est une obligation comme on peut bien la lire dans l’article 17 de la constitution gabonaise.

Thomas Jefferson, le troisième Président des Etats Unis soutenait avec raison « Pour les questions de style, nage avec le courant, sur les questions de principe, sois solide comme un roc ». Dans la défense des valeurs nous avons encore d’énormes efforts à fournir tant au niveau de l’état qu’au niveau des leaders d’opinion. Tout le monde semble oublier qu’il faut respecter les principes qui fondent la république. Mais l’école est le berceau de la république, disait le penseur. Ne l’avoir pas compris c’est rendre hommage à l’absurdité. Et donc couvrir d’orage l’avenir du Gabon.


YAO

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