Culture de l’effort : Les Gabonais sont-ils réellement paresseux ?

jeudi 22 juin 2017 Culture & people


Il est sur le continent des peuples que l’on dit paresseux, c’est-à-dire incapables d’effort. Mais, existe-t-il en vérité des peuples méritant ce qualificatif ? A notre humble avis, l’effort devrait se cultiver, souvenons-nous du : « il faut cultiver notre jardin » de Voltaire. Comme l’amour donc, l’effort est une semence qui germe en fonction de l’intérêt qu’on lui porte. C’est dire qu’en chaque peuple, sommeille cette vertu cardinale, pourvu qu’il s’en aperçoive. Comment ? Là est toute la question…

Si des Ouest-africains comme les Sénégalais, Maliens, Ghanéens et Nigérians nous donnent l’impression d’être très entreprenants, il est des Centre-africains à l’instar des Camerounais et Congolais de République démocratique qui ont « institutionnalisé » le fameux Article 15 chanté par Franco et l’OK Jazz, qui le sont également. Cela prouve à suffisance qu’il n’est pas des cieux où la « débrouillardise » ne fait pas vivre son homme. Devant la dureté de la vie, l’instinct de survie est de mise et nous conduit souvent à adopter le comportement qui sied.

Mais, il n’y a pas que cela, car s’il existe bien le mot « Education », c’est parce que l’on est conscient de ce que tout Etre humain est avant tout un enfant avant que de devenir un adulte et que son cheminement d’une étape à une autre, ne se fait pas sans guide. Les Etats devraient l’être s’ils tiennent à ce que leurs enfants s’éveillent d’abord et s’émancipent ensuite ! Bien entendu, le socle familial de chacun devrait constituer le lieu dans lequel commence l’évolution de l’Homme. Mais, dans une Afrique où la majeure partie des populations vit en dessous du seuil de pauvreté selon les rapports d’organismes internationaux compétents, croit-on que la cellule familiale dispose ici des moyens nécessaires pour assurer soigneusement l’éclosion de ses différentes composantes ? L’on comprend aisément que parler à celui que la misère poigne d’effort parait superflu quand bien même cela est nécessaire sur le chemin de son devenir.

Une approche systémique suffit à nous mettre à l’évidence et nous convaincre que dans les sociétés où les pouvoirs ont assuré au citoyen le minimum vital en ce sens qu’ils lui apportent l’éducation et crée l’environnement favorable à son épanouissement par le biais des campagnes de sensibilisation par exemple, l’Homme a tendance à ne pas marquer le pas en réfléchissant sur les moyens de se prendre en charge.

Comme on le voit, ce n’est pas une mince affaire d’évoquer le concept de culture de l’effort. Certes, l’on doit demander à chacun et à tous de prendre en compte le contexte dans lequel il ou ils évolue(nt) pour se faire une idée de ce qu’il ou qu’ils ont à consentir comme effort pour se sortir d’affaires ou sur un plan plus général, aider le pays à se développer à travers lui. Car, comme le recommandait le pasteur Martin Luther King, il est question « d’être le meilleur où que l’on soit » ! C’est dire qu’il est question ici d’apporter sa pierre à l’édification de la nation. En retournant la question, on peut se demander quel développement attend un Etat qui appauvrit ses enfants ? En d’autres termes, des enfants dont on ne fait pas attention, peuvent-ils se surpasser au point de constituer un espoir réel pour leur pays ? Voici poser une problématique qui demande à être visitée si l’on veut aspirer à une émergence certaine. Qui passe par celle du citoyen. Nous ne voulons pas par là insinuer qu’il faille revenir au bon vieux principe de l’Etat providence, mais seulement rappeler que celui-ci a des devoirs régaliens et qu’il n’est pas dans son intérêt de ne pas insuffler de quelque manière qui soit la culture de l’effort à ses fils.

Le débat peut-être philosophique pour certains a plutôt une portée profondément sociologique qui exige qu’il soit pris à bras le corps si l’on veut de lendemains enchanteurs. Car, là où le peuple a cessé de croire en ses potentialités ou ne veut pas recourir à celles- ci même s’il est démontré qu’elles sommeillent en lui, le ciel nous tombe sur la tête.


Dounguenzolou

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