Dettes publiques : Pays pauvres, attention !

lundi 27 mai 2019 Economie


Dix ans après la crise financière de 2008, les pays les plus pauvres du monde pour la plus part logés en Afrique, se trouvent confronter à une nouvelle crise : celle de la dette aux effets pervers sur la gouvernance publique. Cette situation est d’autant plus inquiétante qu’elle interpelle les Etats sur la nécessité de faire attention.

Vous l’avez souvent déjà attendu : « l’Afrique est un continent d’avenir ! ». Paradoxalement, c’est aussi le continent qui a le plus de difficultés à se développer au regard des contraintes politiques, économiques et sociales. Selon Ceyla Pazarbasioglu, Vice-présidente pole Croissance équitable, finance et institutions (EFI), Groupe Banque mondiale, sur les 27 pays les pauvres du monde, 26 sont situés en Afrique subsaharienne. Le continent fait également face à de nombreux maux tels que la pauvreté de masse due en partie au sous-développement des économies. Pour surmonter ces maux, le développement dans les infrastructures est souvent présenté comme l’une de solutions.

Or, pour répondre à cette exigence, il faut des fonds et l’argent fait défaut en Afrique. Pour que le continent s’en sorte dans ce sens, il faut entre 640 et 2700 milliards de dollars par an selon les estimations de la Banque mondiale. Mobiliser ces fonds ne peut être possible que par le mécanisme de l’emprunt qui constitue cependant, un danger pour la gouvernance publique connaissant les modèles de gestion publique du continent. L’une des conséquences majeures de la pratique d’emprunt demeure l’augmentation rapide de la dette publique des pays les plus pauvres. Durant les cinq dernières années, elle a grimpé passant de 36 à 51%. Dans certains Etats, le ratio du service de la dette augmente à un rythme alarmant, hypothéquant la capacité à investir dans les infrastructures et les services dans des domaines stratégiques tels que la santé et l’éducation.

« Les vulnérabilités associées à la dette publique commencent à atteindre un niveau particulièrement grave en Afrique » fait constater Ceyla Pazarbasioglu. Cela se récent dans de beaucoup des pays où, le poids de ladette compromet les investissements publics dans le domaine social. Si la ‘’malchance’’ à l’origine du déclin des prix des matières premières et, les catastrophes naturelles et les conflits sont les principales causes à l’origine de cette situation, la Vice-présidente pôle Croissance équitable, finance et institutions (EFI) du Groupe Banque mondiale ne manque pas de mettre en avant l’inadéquation des politiques publiques, la mauvaise gouvernance auxquelles s’accroche la corruption, les mauvais investissements qui expliquent les emprunts imprudents, comme facteurs explicatifs de la pauvreté et du sous-développement des économies des pays pauvres.

« Le recours à la dette procure à un gouvernement un coup de pouce financier de court terme, il entraine des obligations qui pèseront sur les pays durant de nombreuses années-souvent bien après le départ de ceux qui étaient alors aux affaires » souligne cette dernière. Taux d’intérêt élevés et risques d’alourdissement des charges de remboursement de la dette sont les principales conséquences découlant du schéma présenté par la Vice-présidente. Au Gabon, la situation n’est pas tout à fait différente !


Michaël Moukouangui Moukala

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