Distribution des bons de caisse : Entre l’échec d’Onanga et la colère des agents

lundi 13 août 2018 Politique


Décidée pour permettre au gouvernement de débusquer les fonctionnaires dits fantômes, l’opération vantée à grands coups médiatiques par le ministre de la Fonction Publique, Ali Akbar Onanga n’a réussi à attraper qu’un menu fretin. D’où l’activisme et le zèle désordonné du patron de la fonction publique qui confisque, depuis le 25 juillet dernier, plus de six mille bons de caisse des fonctionnaires dont le plus grand nombre répond chaque jour présent au travail, les privant ainsi de leur salaires.

C’est un peu l’acharnement désespéré d’un homme qui, conscient de son échec, refuse de s’avouer vaincu. Non pas qu’il n’existe pas des fonctionnaires fantômes, mais simplement parce que la stratégie arrêtée pour les débusquer a révélé son inefficacité. Une inefficacité favorisée par la complicité permissive de certains responsables administratifs comme les directeurs centraux des ressources humaines, les directeurs généraux de certaines entités administratives. Et cela soit par affinités avec ces fonctionnaires dits fantômes soit par peur de prendre leurs responsabilités vis-à-vis de ces agents payés chaque fin de mois à ne rien faire, si ce n’est la cavalerie à la maison. Autant dire que même la conscience professionnelle ne semble plus les habiter, une fois leur poste budgétaire en poche.

C’est pour cela que devant l’envolée de la masse salariale qui atteint des sommets insupportables pour l’Etat, avec plus de 710 milliards, soit un peu plus de 52% du budget annuel, et convaincu que le fichier solde de la fonction publique est parasité par un bon nombre d’inconnus, Ali Akbar a voulu les traquer jusque dans leur dernier retranchement. Ce qui lui aurait valu la médaille du ministre de la fonction publique le plus efficace que le pays ait jamais connu sous l’ère des Ali. Puisque le débusquage aurait permis à l’Etat de réaliser des économies substantielles, peut-être même au-delà des 70 milliards annoncés par an.

Dans cet échec du gouvernement, et vu l’urgence de la situation du pays qui court le risque d’une cessation de paiement des salaires, il fallait donc agir. Sauf que l’excès de communication développée autour de l’opération a ameuté les fantômes qui ont vite compris le danger et ont opéré une résurrection rapidos dans leurs lieux de travail sans difficulté. Le tout avec l’aide de leurs chefs hiérarchiques, qui n’ont pas daigné dire un mot comme si de rien n’était.

Quid du désordre orchestré ?

Dans l’aveuglement de son obsession à débusquer coûte-que-coûte les faux fonctionnaires, Ali Akbar Onanga qui a reconnu lui-même l’échec de l’opération en direct à la télévision, préfère désormais « confisquer » les six mille bons de caisse restants, qualifiant systématiquement de fantômes, tous les fonctionnaires qui n’ont pu retirer leurs bons de caisse à temps. Une attitude jugée trop prétentieuse par les intéressés qui ont manifesté la semaine dernière devant les services de la fonction publique. Pour ces pères et mères de famille qui peinent à rentrer en possession de leurs salaires du mois de juillet, il est inadmissible d’accepter un tel désordre.

Un désordre bien révélateur de l’amateurisme et la précipitation ayant rythmé une opération qui aurait pourtant permis de désengorger un trop plein d’effectifs, parfois inutiles au regard de la qualité du service public. Malheureusement, les agents fantômes ont encore de beaux jours de sommeil devant eux en attendant qu’une solution plus sérieuse soit trouvée, car les faux fonctionnaires, ça fourmille partout dans toutes les administrations publiques.


Leno KOLEBA

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