Dossier grève dans l’éducation/Edito : Sanction ou négociations ?

lundi 27 février 2017 Speciales


Le torchon brûle entre le titulaire du portefeuille de l’Education nationale gabonaise, Florentin Moussavou, et les enseignants du primaire et du secondaire représentés par leurs syndicats. Ces derniers reprochant à la hiérarchie ses manières jugées cavalières dans la gestion de la crise de l’enseignement qui se résume aux bonnes conditions de vie et de travail. Les syndicats du secteur Education se plaignent de ne pas être entendus et de ce que le Ministre, plutôt que d’user de diplomatie, choisisse d’utiliser la manière forte allant de la suspension des salaires à la radiation de la fonction publique, en passant par l’emprisonnement.

S’il est des lapalissades, celle qui consiste à reconnaître que le secteur Education dans tous les pays du monde figure au rang de ceux qui posent le plus problème aux gouvernants, est plus que patente. Ledit secteur constituant l’un de ceux qui sont les plus sensibles et demandant donc pour cela qu’il soit pris avec le sérieux qu’il mérite. Or, tel ne semble pas être le cas au Gabon si l’on s’en tient au discours de la plupart des enseignants, du moins des syndiqués, qui continuent de se plaindre des agissements des autorités sur la table desquelles les doléances du corps enseignant sont déposées depuis la nuit des temps.

Alors que des promesses ont été depuis faites dans le sens de leur satisfaction, l’ennui s’installe au vu du retard pris dans l’exécution des politiques gouvernementales et, plutôt que d’organiser des rencontres et des échanges avec les partenaires sociaux, voici que Florentin Moussavou conçoit que la baguette est la meilleure manière de régler la crise qui finit par s’enliser et par gagner tout le pays.

Etait-ce le moment d’agir de la sorte ou fallait-il que le Ministre s’engage à mettre en marche la procédure diplomatique pour tenter avec les arguments qui en valent la peine ses interlocuteurs vers une démarche conciliante ? Ou son attitude n’a-t-elle pas un rapport avec une faiblesse comportementale qui risque au finish de lui couter sa place au gouvernement ? Ce d’autant plus que, même si son poste ne figure pas au rang de ceux qui sont les plus convoités, la présence dans le Gouvernement hante de nombreux esprits, y compris dans sa province d’origine où il fait déjà face par exemple à la fronde du vice- Premier-ministre, en charge de l’Habitat, Bruno Ben Moubamba.

Martel en tête !

Au-delà de la guéguerre entre ressortissants de la même province, il y a que l’échec, si échec il y a, à régler les problèmes de l’Education incombe à toute l’équipe Issoze-Ngondet, ce pourquoi il est légitime de voir qui placer à un endroit qui demande bien plus que de la simple bravoure.

Jusqu’à quand va-t-on continuer de faire comme si de rien n’était, alors que l’on sait les questions des meilleures conditions de vie et de travail du personnel enseignant, devenues presqu’insolubles, parce qu’entretenues ou voulues ou tout simplement traitées sans repartir à la racine ? Et « les mêmes causes produisant les mêmes effets », il y a en l’état actuel des choses fort à craindre que ce ne soit pas seulement un changement de titulaires du portefeuille qui vienne se poser en solution pérenne. D’où, l’urgence de repenser le système éducatif gabonais, véritablement gangrené de nos jours comme on le voit dans la baisse de niveau chez les apprenants, une baisse de niveau qui s’accompagne malheureusement d’une désinvolture de la part de tous les agents impliqués dans la réussite des plus petits.

Croit-on qu’en licenciant des enseignants Gabonais, les problèmes qui sont récurrents se tairont au point de s’effacer ? Une chose est sûre, c’est que l’Etat a bien dépensé de l’argent pour la formation de tous ces enseignants, comment compte-t-il alors capitaliser cet engagement ? Et, comme cela se susurre, est-il juste et logique de recourir dans un tel domaine de souveraineté à une main d’œuvre essentiellement étrangère ?


Dounguenzolou

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