Edito : Ame en peine !

lundi 12 février 2018 Speciales


« Avoir une âme », l’expression est abondamment utilisée pour signifier que quelqu’un ou une société est consciente de son existence au point de vouloir lui donner un sens. Ce qui suppose qu’elle se sent condamnée à améliorer son vécu en commençant par respecter sa culture et celle des autres, de même qu’elle milite pour la valorisation de son patrimoine aux fins de le faire partager de manière équitable à tous. C’est cela le sens que l’Africain donne à la société communautaire. Que sont venus affecter les égoïsmes de toutes natures, fait d’une transformation sociale teintée de mimétisme. La conséquence, c’est le nombre sans cesse croissant de laissés-pour-compte qui se comptent par millions. D’où la peine qui les habite. Ce pourquoi, ils peuvent être à juste titre qualifiés d’âmes en peine !

Le tort revient d’abord aux politiques, ceux-là même qui jurent qu’ils sollicitent les suffrages des populations pour assurer leur mieux-être, avant que d’ensuite reposer sur les citoyens eux-mêmes qui succombent trop facilement aux champs des sirènes. Ici, les comportements ont évolué et varié au gré des humeurs sans que le grand nombre ne s’émeuve pour tenter de ramener la minorité sur le droit chemin. Mais qu’est-ce qu’une société où la majorité est écrasée et inactive ? L’Afrique est l’un des continents où la logique veut que très peu de gens s’enrichissent sur le dos de l’Etat, confinant le reste de la population à des tâches avilissantes et pourtant pas improductives, mais qui souffrent simplement des inégalités érigées en règles de vie. Ce que l’on oublie, c’est que tant que ces règles seront celles qui régiront la vie de nos pays, ceux-ci auront du mal à constituer des marchés et éprouveront par conséquent des difficultés à se prendre en charge, condamnés qu’ils seront à être à la remorque de ceux de l’hémisphère nord.

Tant que l’on ne comprendra pas que la recherche participe largement au développement d’un pays ou d’un continent pour ne pas dire du monde et que les penseurs et autres créateurs doivent bénéficier d’une protection de tous les instants, on n’aura pas franchi la ligne qui sépare le sous-développement du développement.
Tout développement en effet repose d’abord sur la pensée ou la conception avant que d’être la matérialisation de celles-ci. C’est ce qui a fait dire que l’Homme est le capital le plus précieux, l’alpha et l’oméga en tant qu’il est l’animateur, sinon le principal animateur social, qui se distingue des autres êtres par la qualité de sa production qu’il met à la disposition de la communauté dont il améliore du coup les conditions d’existence. Comment dans ces conditions, admettre qu’il s’investisse pour rendre la vie difficile même en temps d’abondance à ses semblables ? Dire qu’il est des lieux où le maître des céans opte pour améliorer la qualité des aliments de son chien, alors que juste à ses côtés, ses serviteurs qui déjà n’ont qu’un seul repas par jour, sont condamnés à ne consommer que des aliments dont la richesse en calories est discutable !

Peut-on fièrement croire dans ces circonstances en celui qui nous bassine les oreilles avec des discours du genre « autrui est un autre moi-même » ? Serait-ce aisé de penser que sa mobilisation est loin d’être intéressée et qu’il est prêt à s’oublier lui-même pour s’investir pour la société tout entière ? C’est cependant ce que l’on attend d’un responsable dont la charge est de veiller à la protection de ses contemporains. Et quand nous disons protection, il ne faut pas interpréter cela comme le simple fait d’assurer la sécurité militaire, mais il faut plutôt y voir une approche globale ou globalisante consistant à définir la protection comme l’assurance que l’on donne aux populations par les actes que l’on pose, de veiller à ce que tous leurs droits soient respectés, à commencer par ceux relevant de l’éducation, de l’information, de la santé et du logement. En somme, il faut leur assurer les besoins primaires ou vitaux pour qu’ils n’aient pas à s’en plaindre presque quotidiennement, au point de voir leur âme errer et être en peine…


Dounguenzolou

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