Edito : Aumône, nouveau code vital !

mardi 3 avril 2018 Speciales


Les Ouest-Africains et de plus en plus de Gabonais leur ayant emboité le pas, se livrent dans les rues de la capitale gabonaise, Libreville, à la mendicité. Mains tendues vers le passant, des malvoyants ou aveugles, paralytiques, quémandent pour assurer leur survie. S’agit-il en réalité de la survie dans la plupart des cas quand on sait qu’il est difficile en l’absence de statistiques de savoir comment ces gens, pour ce qui est des sujets venus d’ailleurs, ont élu domicile chez nous. Voici la problématique, aujourd’hui objet de notre discours.

La notion de seuil, le Gabon semble de plus en plus la fouler au pied. Et pour cause, avance-t-on ci et là, de nombreux nationaux parfois bien placés se livrent, comme certains d’entre eux l’ont souvent fait s’agissant des questions migratoires quand ils encouragent l’installation de sujets étrangers pour qu’ils soient à leur service en qualité de gardiens, de majordomes, de cuisiniers, de marabouts et tutti quanti, à des trafics de personnes qu’elles achètent parfois dans leur pays d’origine. Cela passe inaperçu, car les ententes sont passées entre l’acquéreur et le pourvoyeur sans que l’Etat de provenance n’en soit informé. Cela est une version que nous avons l’habitude d’entendre, émanant de gens dont la crédibilité est loin d’être remise en cause. Est-ce vrai ?

Il appartient, vous en convenez avec nous, sans langue de bois, de pousser les services compétents de l’Etat investiguer sur de telles allégations. Ce qui est sûr, c’est que nous nous demandons toujours comment font des non-voyants ou des paralytiques par exemple pour atterrir chez nous quand nous savons les pratiques utilisées par de nombreux passeurs dont certains voient, on ne sait par quelle miracle, leur embarcation arraisonnée en pleine mer, lorsqu’ils ont entamé leur entrée dans les eaux territoriales gabonaises. Pas évident qu’ils viennent tous par voie aérienne, car on sait les contrôles assez sérieux. Nous retiendrons d’un homme politique français qu’il avait eu le courage et la franchise d’affirmer en substance devant la communauté internationale que la France ne pouvait à elle seule accueillir tous les malheurs du monde et qu’un autre, si ce n’est le même, avait renchéri en évoquant la logique de la mise en pratique d’une immigration choisie.

En d’autres termes, il incitait ses collègues politiques aux affaires à sélectionner les femmes et hommes qui venaient chez eux en ne prenant que ceux dont l’utilité était avérée. Certes, nous les Africains sommes communautaristes par essence, mais faut-il encore que nous donnions du sens à ce mot pour ne pas que nous payons le lourd tribut d’un usage abusif et disproportionné. Pour ceux qui ont eu l’occasion de visiter des pays ouest-africains, la pratique de l’aumône est admise et même entretenue pour des raisons dépassant parfois l’entendement qui trouvent cependant leur explication dans la foi musulmane. Nous ne pouvons juger cette attitude, tout comme ne pouvons-nous pas la condamner. D’ailleurs qui sommes-nous pour le faire ? Mais le problème c’est quand celle-ci s’applique chez nous en pays dit laïc où toutes les croyances et religions ont leur mot à dire devant la poussée des phénomènes sociaux aussi préoccupants qui semblent menacer la tranquillité du paisible citoyen, harassé par ses souffrances quotidiennes et qui ne supporte que très mal que les gouvernants n’aient pas un mot à dire face audit phénomène.

Ceci n’est pas une complainte dressée contre les pratiquants de l’aumône, mais une simple remarque en direction des autorités pour qu’elles ne laissent pas le phénomène, comme elles l’ont déjà fait pour beaucoup d’autres endogènes ou exogènes, prendre de l’ampleur au point qu’elles ne soient plus capables de l’endiguer. Après tout, que n’avons-nous pas vécu avec par exemple l’anarchie dans l’implantation des pécheurs ouest-africains sur les bords de nos cours d’eau sur lesquels ils ont implanté, foulant souvent au pied les règles d’hygiène environnementale, des villages lacustres tel celui de Ganvié au Bénin ? Par quoi se sont traduites les menaces de l’ancien ministre de la défense nationale, le général Idriss Ngari, proférées contre les occupants du village de pécheurs ouest-africains, désignés sous l’appellation de « kalaba » au lieu dénommé « Pont Nomba » ?

Autant nous les savons utiles, nos braves pécheurs, autant nous demandons aux autorités compétentes de faire ce qui est en leur pouvoir pour faire en sorte que nos cours d’eau ne subissent pas des phénomènes tel la pollution. C’était plus qu’une digression, une manière particulière à nous d’interpeller sur des sujets que nous croyons, au même titre que l’aumône, vitaux !


Dounguenzolou

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