Edito : Bonne fête, quelle fête ?

lundi 13 mars 2017 Speciales


C’est la question-réponse qui détermine dans quelle atmosphère se sont déroulées cette année les festivités marquant l’anniversaire de la création du Parti démocratique gabonais, PDG. Atmosphère de crise tant au niveau sociopolitique qu’économique qui devrait laisser la place à une réflexion approfondie sur le mode de gestion de la cité, plutôt qu’aux « libations », comme cela avait souvent été le cas par le passé pendant, reprenons les artistes de « Mikouagna », le temps des vaches grasses. Ce qui explique par exemple que le dernier conseil des ministres tenu vendredi 10 mars ait eu pour toile de fonds, l’organisation du dialogue national.

A chaque chose, son temps dit un proverbe bien connu de tous. Comme pour signifier que l’on ne peut tout entreprendre en même temps et que ce qui s’est fait hier ne doit pas être éternellement reconduit au risque de friser le ridicule tant l’on se situerait en déphasage avec les réalités contemporaines. Les moments que traversent le Gabon, certes le pays a connu quelques crises par le passé, crises qui ont été, heureusement pour lui, vite jugulées, recommandent des acteurs politiques au premier chef qu’ils se ravisent, s’asseyent, exercent sur eux-mêmes une véritable pression s’ils ont vraiment la tête aux affaires, fassent leur introspection, échangent non pas sous la forme de bons procédés, ce qui serait illusoire, mais sous la forme de critiques de leur action, s’interrogent sur la condition du peuple chaque fois sollicité lors des joutes électorales et enfin se mettent à sa place pour voir dans quelle mesure arriver à le satisfaire, car ce qui est fait sans l’Homme est contre l’Homme.

Et nous croyons savoir que, même si nombre d’entre les hiérarques du parti au pouvoir et alliés ne se sont pas suffisamment prononcés ou se sont gardés de donner un avis sur la question, ils jugent dans leur for intérieur qu’il est temps que l’on accompagne les jeux de pain en ce sens qu’aux divertissements, il faut absolument adjoindre l’essentiel, c’est-à-dire ce qui confère à l’Homme sa dignité : le travail, le social, la justice, bref, tout ce qui lui confère le qualificatif de citoyen.

Climat lourd, signe d’un malaise

Naguère rangée au rang de carnaval, puisqu’elle en avait les allures, la fête du « 12 mars » est devenue au fil du temps budgétivore au point qu’elle ne supporte plus les dépenses monstrueuses d’autrefois. Si « Omar » tenait à tout prix et parfois contre vents et marées, à lui donner cette coloration, c’est aussi parce qu’il pensait qu’elle représentait au-delà de l’anniversaire de la formation politique, une manière de sauvegarder des idéaux, nous allions dire des valeurs, qui lui étaient personnellement chers. Or, pas sûr que cela cadre avec la vision de son successeur qui n’en pense pas moins, mais est tourné vers la satisfaction d’un certain nombre de préalables sans lesquels le Gabon n’atteindrait peut-être pas le stade de l’émergence à l’horizon 2025. D’où, il doit beaucoup plus que le successeur de Léon Mba, être à l’écoute de la pression de la rue qui réclame considération et d’une opposition avec laquelle la communauté internationale dont on ne peut se départir dans les tentatives de règlement des problèmes internes, exige collusion au pire des cas, discussion au meilleur des cas, eu égard aux considérations sans cesse entretenues dans l’un ou l’autre camp.

La fête, oui, mais la fête pourquoi ? La question méritait hier d’être posée tant la réponse à celle-ci constitue une amorce de solution au lancinant problème de la crise multisectorielle qui mine actuellement le Gabon. Le climat lourd qui a prévalu tout au long de la journée du 12 mars nous a démontré à quel point le malaise s’est installé en même temps qu’il nous a prouvé que les autorités, à beau se gargariser d’une gouvernance au dessus de la moyenne, sont conscientes qu’ils sont nombreux et de taille les défis à relever.


Dounguenzolou

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