Edito : Brunei de mes rêves !

lundi 8 avril 2019 Speciales


Au nombre des terres musulmanes que compte la planète, il y a celle du Sultanat de Brunei qui semble n’intéresser pas mal de gens que pour lui faire des remarques parfois déplacées liées à son fonctionnement, surtout en ce qui concerne son droit interne. Ces temps derniers, la France, grande donneuse de leçons devant l’éternel, parce que se proclamant « patrie des droits de l’homme » comme si cela était son apanage à elle seule quand on connait le combat mené par des nations autres qu’elle dans le sens de la valorisation de l’espèce humaine, s’est, comme à ses chères habitudes, répandue dans sa presse, « ordonnant » car ses suggestions sont souvent à prendre comme des injonctions, au Sultanat de Brunei de mettre doucement le pied sur la pédale des réformes. Notamment pour ce qui est de la toute nouvelle législation inspirée de la charia, dire que les dispositions critiquées visent les déviances sociales beaucoup plus fréquentes en Europe cela devrait se comprendre. Cette France des « gilets jaunes » et de « l’autonomie Corse », problèmes pendants à l’heure qu’il est, est- elle bien placée pour tout le temps intervenir sans savoir en réalité les motivations des uns et des autres dans les affaires intérieures des pays qui ne semblent pas se préoccuper de ce qui se fait chez elle ?

Il est des arguments qui accableraient tout homme ou toute société aujourd’hui vu que le monde évolue à un rythme marqué par la mondialisation et la globalisation, il n’empêche chaque société a ses propres réalités, on le voit par exemple en ce moment avec le Brexit qui ennuie et divise plus que jamais les Britanniques qui, malgré l’opportunité que représente l’Union européenne pour nombre de spécialistes de l’économie, voire de la sociologie, en ce sens que nous vivons (dixit) à l’heure des grands ensembles et qu’il serait difficile à un État qui entend prétendre au développement, pour ne pas ressembler à la Grèce, de croire que faire cavalier seul alors que la menace américaine, chinoise, russe et nord coréenne par ricochet pointe à l’horizon, est une sorte de couverture ou de manteau lui permettant de satisfaire au mieux ses habitants.

Toutefois, cela n’empêche pas les autorités desdits États d’opter pour des politiques bien de chez elles s’appuyant sur des standards nationaux en matière politique, la Tanzanie de Julius Nyéréré (Mwalimu) pratiquait le « folokona » ou collectivisation villageoise pour développer sereinement la productivité et la socialisation des populations (une révolution), de sécurité en son sens le plus large, le Congo Brazzaville avait instauré sur son territoire dans les années postindépendance la milice dont le rôle non-négligeable consistait à contrôler la présence d’éléments nuisibles sur son sol, d’éducation, le Rwanda figure parmi les pays africains qui ont compris que l’enseignement des langues locales ou nationales participait au même titre que les idiomes importés de l’évolution scientifique, de santé, on le voit avec la pharmacopée chinoise et indienne, de culture, s’est-on un instant interrogé sur l’influence qu’ont les Congolais de la République démocratique à travers le monde grâce à la portée de leur musique ou sur ce qu’elle leur rapporte du point de vue de la notoriété et de l’identité ?

S’est-on posé des questions sur le nombre de gens que fait vivre cette musique sans omettre de nous demander quel rôle social elle joue ? A-t-on pris le temps de jeter un regard introspectif sur la Côte-d’Ivoire et son Marché des Arts du Spectacle Africain (MASA) ? Sur le Burkina-Faso et son Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (FESPACO) ? Sur le Niger et son Festival International de Mode Africaine (FIMA) ? N’est-ce pas des preuves que les populations et les pays qu’elles représentent sont convaincus d’une chose : qu’ils ont du potentiel, mais que celui-ci ne suffit pas tout seul, encore faut-il qu’ils sachent sur quoi repose leur culture. Car la culture, reste et restera, à moins que l’on choisisse de périr, le socle durable de toute pérennité et de toute évolution. Et c’est ici que le Sultanat de Brunei interpelle !

Un modèle juste au corps

Les férus de démographie insisteront sur le fait que ce pays n’est peuplé que de quelques 450.000 âmes et que pour cela, il peut se permettre de satisfaire toutes les demandes en étant sûr de ne pas trop en ressentir les contre coups. Argument à la limite puéril quand on sait des États peu peuplés également où les autorités ne daignent point pratiquer de politiques visant essentiellement la satisfaction des populations dans le respect de leurs attentes essentielles et vitales surtout. Or si l’on vérifie bien ce qui se passe à Brunei, on perçoit dans le fonds une farouche volonté dépouillée de tout élan démagogique de ses autorités de répondre concrètement aux besoins nationaux et de lutter contre le vol, la pédophilie et l’homosexualité, la liste ne saurait être exhaustive, histoire de moraliser la société plutôt qu’autre chose, n’en déplaise.

Et donc, s’il peut être admis qu’on leur fasse des reproches sur ce qui est par exemple du cumul des fonctions chez certains hauts responsables, encore que cela les concerne strictement, de la considération selon laquelle la femme doit demeurer ad vitam- aeternam un être mineur, de ce que tous ceux qui s’avisent à militer en faveur de son émancipation au sens occidental doivent être sous le coup d’amendes et de l’instauration d’une législation s’inspirant de la charia, force est de reconnaître, preuves à l’appui, qu’il y a bien plus de positif que de négatif dans l’action des dirigeants de Brunei. A preuve, des témoignages vivifiants et stupéfiants provenant de personnes y séjournant assez régulièrement démontrent qu’il y fait plutôt bon vivre dans ce pays auquel l’étranger et le touriste n’ont accès qu’après avoir rempli de sommaires formalités à la frontière en dehors du fait qu’ils ne sont pas l’objet de tracasseries une fois de l’autre côté et qu’ils vivent leur laïcité de la même manière qu’ils le font chez eux pour les laïcs.

L’argent du contribuable y est plutôt géré avec parcimonie, il est parfois injecté dans l’industrie tertiaire, l’hôtellerie par exemple, dans un souci de fructification des rendements pour qu’au finish, la « plus-value » vienne renflouer les caisses de l’État par le phénomène de contributions à l’assiette fiscale et de l’emploi. A Brunei, chacun des 450.000 habitants, la population du Gabon lors des indépendances grosso-modo, se voit gratuitement doter d’un toit, donc pas de SDF, l’école est gratuite au même titre que l’université et les soins de santé. Lorsqu’il arrive qu’un cas soit jugé préoccupant, les autorités ont mis en place des mécanismes de soutien, eux aussi gratuits, pour que soient assurées des évacuations vers des structures sanitaires de l’étranger susceptibles d’apporter des réponses positives aux maux dont souffrent les patients.

N’est-ce pas là un exemple patent de responsabilité, de solidarité et de conscience citoyenne qui nous amène avancer qu’on est là ni plus ni moins que face à ce qu’il conviendrait de désigner par l’expression « égalité des chances » ? Que nous empêche d’observer le capitalisme sauvage qui est la principale source de nos maux et qui paupérise plus des trois-quarts d’entre nous et ne les invite donc pas à la construction effective d’espaces vitaux qui en demandent pourtant. Vous avez, j’en suis sûr, compris pourquoi : « Brunei de mes rêves » !


Dounguenzolou

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