Edito : Conscience citoyenne

jeudi 24 janvier 2019 Speciales


Sauf si notre observation nous trompait, ce qui serait surprenant pour les enfants des « mapanes » que nous sommes, la fameuse formule selon laquelle « les peuples n’ont que les dirigeants qu’ils méritent » est plus que fondée, ce d’autant plus que nombre, sinon la plupart des nos compatriotes, lettrés ou pas, éprouvent un mal fou, parce qu’ils feignent de jouer les ignorants ou sciemment, à faire respecter leurs droits, y compris les plus fondamentaux. Partout à travers le monde et les Français nous le démontrent actuellement encore à suffisance sous couvert du mouvement des gilets jaunes, être citoyen suppose ne pas avoir que des devoirs vis- à- vis de l’État, au contraire doit- on également demander des comptes à ces « fous qui nous gouvernent » !

Ce qui nous pousse aujourd’hui à tenter de partager avec vous mon amertume, c’est le fait que quotidiennement et cela est patent, des usagers de la route frappés visiblement d’inconscience se conduisent tel des forcenés, violant le code de la route au motif que nos pistes d’éléphants sont tellement en piteux état qu’elles ne permettent que très difficilement la circulation, surtout aux heures de pointe. Exemple terre- à- terre : ils sont nombreux, alors qu’ils constatent la voie crevassée côté opposé, à venir forcer le passage sans attendre, provoquant quand ils ne peuvent les éviter des accidents dont certains qui se soldent avec mort d’hommes et dégâts matériels. Pour parer à toute éventualité, des jeunes se regroupant dans les quartiers utilisent des produits qu’ils ont sous la main (pierre, morceaux de briques ou de latérite, etc.) pour tenter de rendre la circulation un peu plus fluide en ces temps de pluies torrentielles qui ont d’énormes incidences sur le trafic routier urbain, moyennant quelque pécule.

Le comble, c’est que quelques instants après seulement, le constat est que ces amas de pierre et autres morceaux de briques ou de latérite se tassent, creusant davantage la chaussée et constituant une véritable menace pour les pneus dont la plupart sont malheureusement acquis, crise économique oblige, au « marché noir ». Et les autorités municipales, me demanderez- vous, que font- elles pour résoudre ce problème qui tend à se généraliser ? Rien, voici la réponse, arguant que leurs institutions ne sont pas dotés de moyens pouvant leur permettre de venir à bout de ce phénomène sur lequel elles voudraient que ce soit les autorités gouvernementales qui s’y penchent au travers du Trésor public, là où atterrissent tous les impôts et taxes prélevés aussi bien sur les personnes physiques que morales, malgré l’absence d’orthodoxie qui marque leur usage.

Les populations pendant ce temps semblent s’accommoder d’un tel sort, elles à qui l’on demande chaque jour aujourd’hui davantage de sacrifices alors qu’elles ne sont que très rarement informées de tout ce qui se trame sur leur dos pour éviter des mouvements d’humeur aux conséquences parfois incertaines du genre de ceux qui ont émaillé la quiétude dans la région nord de l’Afrique pendant la période dite du printemps arabe. Nous parlions tantôt du comportement à la limite incivique de quelques usagers de la route dans nos villes, ajoutons pour être complet que ces derniers ne supportent que très mal le moindre reproche qui leur est fait, estimant qu’ils en sont exempts et qu’ils représentent pour cela des citoyens ou Gabonais entièrement à part. D’ailleurs n’hésitent- ils pas à vous lancer « vous savez à qui vous avez affaire ? ».

Cependant…

Ils ne font pas partie de ces marées humaines qui investissent la rue pour réclamer qui une route obéissant aux normes, qui une passerelle pour permettre aux riverains de circuler normalement, qui l’adduction de l’eau potable pour éviter les maladies diarrhéiques par exemple, qui une école ou simplement la construction de quelques salles de classe pour éviter de scolariser les enfants à des kilomètres de leur lieu d’habitation avec tous les risques que cela comporte, qui l’électrification pour échapper aux actes récurrents de « cool- mondjers », ces loubards de très mauvaise éducation sans foi ni loi qui n’hésitent pas à organiser des vols à la tire, des braquages, viols et autres méfaits inacceptables qui perturbent le « vivre ensemble » ou le « bien- vivre » dans la cité.

Plus grave lorsque l’on apprend, vrai ou faux, que certains, sinon la plupart d’entre eux, ont des accointances avec les forces de sécurité, ce qui peut être démontré lorsque l’on remarque qu’ils sont quelques temps seulement après que l’on ait mis la main sur eux et qu’ils aient été livrés à la police judiciaire, gendarmerie ou éléments d’autres corps dans l’espoir qu’ils soient redressés par ces derniers, après tout tel est l’un des rôles à eux prescrits, l’on remarque, disions- nous qu’ils se retrouvent curieusement en liberté, narguant monsieur tout- le- monde et s’apprêtant à repartir poser leurs forfaits sachant la suite du scénario.

On comprend alors que chez nous, très peu de gens s’intéressent aux questions relatives à la recherche de leur liberté, de l’amélioration de leurs conditions de vie, à la sauvegarde de leur intégrité morale et/ou physique, laissant d’autres payer le prix fort devant l’inconduite d’autorités ventriloques dont le souci majeur, le seul à bien les observer, est de s’enrichir sur le dos de l’État, avilissant leurs compatriotes et les soumettant au mépris des principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen de 1948 à des répressions à répétition chaque fois qu’il leur arrive de manifester leur mécontentement face à ce qu’ils considèrent comme des abus. Ceci pour conduire les autorités sur la voie consistant à se dire qu’il est impérieux de joindre l’acte à la parole, elles, qui passent le plus clair de leur temps lorsqu’elles se sentent dos au mur, à impliquer à leurs côtés le citoyen lambda comme si elles partageaient réellement le sort de ce dernier. Ceux des citoyens qui prennent aveuglement ou non le partie de gouvernants « irresponsables » devraient se mettre en tête cette maxime bantoue qui dit que le canard ne doit pas rire du malheur du coq, car si c’est aujourd’hui le tour de celui- ci de passer à la casserole, demain sera le sien.

L’on a envie d’avancer que lorsque certains citoyens au nom de la quête de meilleures conditions de vie, ce qui constitue un droit fondamental, dénoncent d’une manière ou d’une autre le traitement que leur réservent les autorités qui, si elles ne peuvent pas assumer leurs responsabilités et devoirs se doivent de démissionner, quelquefois au péril de leur vie, il ne faut pas aux autres les contrarier puisqu’en cas de prise en compte de leurs revendications, ils ne sont pas les seuls à profiter de l’embellie. Bien au contraire, il se pourrait que ce soit ceux que l’on qualifie de « lâches, inconscients ou comploteurs » qui plus que les « réactionnaires » profitent des situations avantageuses.


Dounguenzolou

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