Edito : Démocratie enfin au PDG !

mardi 14 novembre 2017 Speciales


Les lignes semblent bouger au sein du Parti démocratique gabonais à l’approche de son Congrès dit de la revitalisation. Eric Dodo Bounguenza, Secrétaire général de la formation politique, que d’aucuns disent désormais moribonde, sans doute guidé par son instinct d’intellectuel, tient un discours qui indispose un bon nombre d’hiérarques, habitués à la facilité pour accéder aux postes de commandement et croyant de ce fait que les méthodes staliniennes sont non révolues. Mal leur en prend lorsque le S.G tempête qu’il n’y aura pas de place cette fois-ci pour des nominations obéissant, comme par le passé, aux allégeances faites au chef. Et clac, la goutte d’eau…, mais la démocratie semble maintenant, elle, l’emporter sur « l’arbitraire ».

En effet, des voix silencieuses, mais de plus en plus audibles par les temps qui courent s’élèvent de la base et menacent de fragiliser l’équilibre de la formation politique, si jamais l’on donnait l’impression de ne pas les écouter, se rappelant du bon vieux temps « du chien qui aboyait et de la caravane qui passait ». Sans doute aussi parce que les responsables du PDG ont prêté une oreille attentive à ceux qui soutiennent, y compris dans le parti, que le vers est dans le fruit pour ne pas dire, à l’instar de Guy Nzouba Ndama, que la formation politique continue d’élever des rats dans ses sacs d’arachide.

Ils ont compris que la roue de l’histoire dont parlait l’égyptologue Cheick Anta Diop était en train de tourner de façon irréversible et que le malheur planait sur ceux qui s’entêteraient à ne pas suivre son mouvement. Comment ne pas tirer les leçons du passé pour rebondir et se mettre face à la réalité et changer de paradigmes, pour qu’enfin les luttes à venir nous sourissent encore ? L’on a en tête cette présidentielle d’août 2016 qui a provoqué moult grincements de dents pour ne pas s’illustrer par des comportements plus élégants, répondant aux nouveaux canaux politiques avec en premier le respect de la base, sa nécessaire prise en compte dans le débat pour que la fracture entre elle et la hiérarchie se rétrécisse et que cette dernière et le PDG puissent pourquoi pas en profiter.

Cela s’appelle démocratiser ! Ce qui n’a rien de péjoratif et pourtant, bien au contraire ! Parce qu’il faut plus que jamais se rendre à l’évidence qu’aucune joute électorale ne donnera son verdict en vôtre faveur aujourd’hui, tant que le peuple constituant la masse et donc le regroupement de citoyens le plus nombreux sera relégué au second rang.

« Vox Populi Vox Dei ! »

Entendez : « la voix du peuple, c’est la voix de Dieu ». Les juristes et autres constitutionnalistes n’auront de cesse de nous rabâcher les oreilles avec l’expression « suffrage universel » qui, lorsqu’il est respecté, fait naturellement des heureux et des malheureux pendant les différents scrutins comme les législatives qui se profilent à l’horizon sous un ciel nuageux. Négliger cet aspect, serait ramer à contre- courant. Le monde d’aujourd’hui marqué par des ouvertures tous azimuts rend tout ce qui se fait chez autrui observable par l’ensemble de la planète qui porte des jugements sur la manière d’agir des uns et des autres quoique l’on dise que par l’effet de leur superpuissance, certains États tels les Etats-Unis pour ne nous limiter qu’à ce cas très évocateur, ont souvent tendance à imposer leur veto dès que quelque chose semble ne pas leur plaire.

Du reste, là-bas, la présidentielle par exemple met en selle non seulement le « petit peuple », mais aussi ce que l’on désigne par « grands électeurs », ce qui fait que ces derniers sont susceptibles d’influencer les opérations de vote, à la différence des autres nations qui n’ont qu’un modèle unique de scrutin. Il n’est apparemment pas si difficile que ça de gagner l’esprit des gouvernés, si ce n’est en faisant leur volonté, ce qui passe inéluctablement par le déroulement du projet de société sur la base duquel vous avez bénéficié de leur confiance.

Au sein de la formation politique, ces gouvernés qui représentent la base méritent une attention particulière, ce pourquoi ils ne doivent pas être considérés comme de simples faire-valoir, car s’ils ne sont pas instruits des réalités politiques, ce qui du reste incombe à la hiérarchie pour ne pas dire au parti, ils représentent ce sur quoi l’on s’appuie inconditionnellement tous les jours de la vie de la formation politique et qui par voie de conséquence, sont les poutres qui tiennent l’édifice et le menace d’effondrement chaque fois qu’elles ne sont pas entretenues.


Dounguenzolou

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