Edito : Départ d’Issa Hayatou de la Caf, la sonnette d’alarme ?

lundi 20 mars 2017 Speciales


Comme beaucoup d’autres personnalités dirigeantes africaines, le Camerounais Issa Hayatou n’avait pas fait une bonne lecture du général Charles de Gaulle qui conseillait aux politiques notamment de quitter les choses avant que celles-ci ne les quittent. Pour preuve, en dépit d’un état de santé de plus en plus préoccupant et victime du phénomène de l’usure du pouvoir, il n’a pas tiré les leçons d’une déception future, assuré qu’il était du soutien de nombreux profito-situationnistes qui s’accrochaient à ses basques pour l’oxygéner quand bien même il savait sa fin très proche. Pour un camouflet, c’en est un de vrai sur lequel tous les « présidents » doivent désormais méditer.

Un proverbe de chez nous dit en substance que le canard ne doit pas rire quand on égorge la poule dans le village. Le fait qu’Issa Hayatou soit resté 29 ans à la tête de la plus haute et prestigieuse institution sportive du continent et se soit fait au crépuscule de sa carrière battre par un tout jeune malgache dont on ne prédisait pas l’exploit, même pas durant les secondes qui ont précédé le vote à la présidence de la Caf, mérite d’être souligné avec force et démontre à quel point la roue de l’histoire dont parlait l’Egyptologue sénégalais, Cheick Anta Diop, est en train de tourner. L’Afrique est assurément en train de vivre, comme l’affirmait un historien, les instants vécus en Europe : crises persistantes sur tous les plans, politique, économique, social, culturel, sportif, etc. Et c’est parce qu’il y a crise que les populations sont de plus en plus à la recherche d’Hommes capables d’y mettre réellement fin. Pour ce faire, il faut une certaine dose de sérieux dans le comportement, un peu plus de justice au niveau institutionnel, un minimum d’orgueil personnel, un esprit altruiste, bref, la mise en exergue de plusieurs valeurs sans lesquelles l’on ne devrait pas se sentir bien au sein d’une communauté internationale plus que jamais à cheval sur les principes fondamentaux garantissant une meilleure existence à tous les terriens.

L’Occident a connu après la grande crise boursière de Wall Street en 1929 lorsqu’il était en proie à la plus grave crise de son histoire qui avait forcé, allions-nous dire, les populations à se choisir des dirigeants forts, mais malheureusement dictateurs, ironie de l’histoire : Adolf Hitler, Franco, Salazar, Mussolini, qui ont bon gré mal gré, redonner espoir à des gens qui ne savaient plus à quel saint se vouer, l’Occident a connu, disions-nous, les mêmes travers

« Demain un jour nouveau »

Tous ceux qui, comme Issa Hayatou, croient que le fauteuil présidentiel n’est pas un siège éjectable devraient se raviser. Car dit-on « quelque soit la durée de la nuit, le jour finit toujours par paraître ». Ils sont en effet nombreux ces hommes et femmes de faible esprit en Afrique qui s’obstinent, malgré des résultats mitigés, à assurer leur pérennité à la tête d’institutions qui attendent et pourtant de faire peau neuve en commençant par le renouvellement des instances dirigeantes. Au Gabon par exemple, c’est monnaie courante de voir quelqu’un rempiler ad vitam-aeternam à la présidence d’une Fédération sportive, aidé qu’il est par une ‘’main noire’’. Tel était encore le cas il y a quelques lunes du président de la Fédération gabonaise de boxe, Clément Sossa Simawango, tel est le cas aujourd’hui encore de Nazaire Embinga de la Fédération gabonaise de cyclisme pourtant poussé à la démission irrégulièrement comme il se défend par la ministre des Sports, Nicole Assélé, et tutti quanti. Ces exemples démontrent bien le caractère de gens dont la fonction est perçue comme un fonds de commerce, mieux un titre foncier.

Dire qu’il y a assurément d’autres talents souvent plus porteurs de projets et dotés d’un sens aigu de l’organisation parce que bien formés, non pas que ceux qui trônent à la tête des Fédérations ne le soient pas nécessairement, et visiblement vigoureux pour affronter avec certitude les défis qui se présentent à eux. Pourquoi, diantre, ne pas songer à leur faire de la place et attendre qu’ils soient guettés par le désintérêt et frappés par le temps, notre pire ennemi selon un homme de lettres français très connu ? Question qui mérite d’être posée tant il est illusoire de penser que l’on peut mieux faire avec des gens qui n’ont pas l’âme de manager dont ils s’affublent. Et ce d’autant plus que leur passage à la tête des institutions pour la plupart est toujours marqué par des malversations, des trafics d’influence, des délits d’initiés, etc. Nous osons croire que la raclée subie par Issa Hayatou va pousser à la démocratisation des instances dirigeantes du sport africain et permettre à l’Afrique d’être mieux perçue de l’extérieur qu’il ne l’est, ce continent, actuellement.


Dounguenzolou

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