Edito : Entrave à la paix !

mardi 12 juin 2018 Speciales


De nombreux Librevillois content quotidiennement des histoires à la limite dramatiques dont la capitale gabonaise devient de plus en plus le théâtre. Quand elles n’ont pas trait à un braquage ou à un vol à la tire, elles racontent un meurtre, une scène d’horreur ou de violence, peu importe le lieu qui peut être un établissement scolaire, curieux, la rue, cela se comprend plus facilement, ou carrément un foyer. Les commanditaires ou les acteurs sont le plus souvent des personnes désœuvrées, malades mentales ou venues d’autres cieux. Le fait que ces actes ont tendance à se perpétuer donne visiblement l’impression que la paix que l’on a toujours voulu préserver devient une denrée qui va se raréfiant, risquant de pousser, devant « l’inaction » de forces de l’ordre, les populations à se faire justice.

Il y a quelques temps, les réseaux sociaux, encore eux, montraient au niveau du quartier dit « Soduco », une foule en colère se déchaînant sur un infortuné sujet auteur d’un braquage auquel l’on faisait subir le supplice du collier. Des pneus placés autour de son corps ligoté étaient enflammés dans le but de lui donner la mort. Que l’on ne se contente que de ce seul fait n’est pas suffisant pour tenter de traduire la préoccupation des habitants de Libreville qui en appellent sans cesse à la vigilance de la police en tant que corps urbain, nous dit-on, dont la mission principale est de veiller à la sécurité des biens et des personnes sur toute l’étendue de la ville, pour que l’ire des populations et ses comportements parfois déviants soient évités.

En effet, quelle attitude adoptée face à un faiseur de mal quand des policiers pourtant en service s’occupent beaucoup plus de racketter des automobilistes dont bon nombre se découragent et abandonnent de rendre service aux usagers par leur faute, que de sauver des femmes ou hommes en peine devant des gangsters d’origine souvent douteuses ? Certaines dates sont choisies par ces derniers, le 25 de chaque mois qui correspond à la paie des agents de l’Etat, le 30 ou le 5 lorsque les travailleurs du secteur privé touchent leur salaire, le 5 toujours au moment de la perception de leur pension par les retraités ou le 10 quand les étudiants des facultés et autres grandes écoles perçoivent leur bourse. On peut sans se tromper avancer qu’une bonne force de l’ordre devait pouvoir identifier ne serait-ce que lesdites dates pour redoubler de vigilance, intensifier les patrouilles dans la rue et autour des lieux d’acquisition de leurs sous par tous les suscités.

Mais, il n’en n’est malheureusement rien ou presque jamais rien ! Que dire de ce qui se produit si souvent maintenant dans nos quartiers au vu et au su de tout le monde ? De jeunes gens pour la plupart ivres après avoir consommé sans se contrôler des stupéfiants ou excitants : boissons alcoolisées ou « kobolo » qui se ruent sur les passants les détroussant quand ils ne les blessent pas à coups de couteau ? Qu’avancer lorsque l’on apprend que dans un établissement de la place, quelques élèves, nonobstant le règlement intérieur, poignardent d’autres parmi leurs condisciples ? Vu que cela tend à devenir un fait social comme dirait le sociologue, il est important d’attirer l’attention de ceux à qui il revient la responsabilité de nous protéger de réfléchir sur les moyens de nous éviter pareilles méfaits à répétition. Pour ne pas que celui qui est agressé n’use des mêmes méthodes que l’agresseur, que la population ne se décide pour sauver l’agressé de voler à son secours de manière tout aussi violente ou que des parents dépités par le fait que leur progéniture ne soit pas en sécurité ne nous offre un spectacle digne d’un rodéo.

En un mot, la police, corps urbain, doit pouvoir prendre ses responsabilités ou le cas échéant, les autorités doivent la doter des moyens d’accomplir au mieux ses missions pour qu’elle ne se cache pas, comme c’est le cas si souvent, derrière des arguments parfois fallacieux. L’on doit comprendre que la paix qui est voulue par tout le monde est certes une denrée rare, mais elle mérite d’être préservée là où elle semble exister. Sauf nous dire qu’elle ne devrait être que de façade en étant prononcée sans être exécutée. C’est ici l’occasion de pousser les forces de l’ordre et les autorités, réfléchir sur ce que peuvent être les conséquences d’une telle attitude ou si vous voulez quel peut être le comportement des populations, quoi que l’on avance que l’on est dans un Etat de droit face aux agissements de certaines individus. A bon entendeur…


Dounguenzolou

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs