Edito : État d’esprit !

lundi 25 mars 2019 Speciales


Nous pouvons déduire à la vue de la rencontre de football qualificative pour la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) qu’abrite en juin prochain l’Égypte, que les jours se suivent et se ressemblent pour le onze national gabonais, « les Panthères » qui, en ayant fait match nul 1/1 avec « les Hirondelles » du Burundi samedi dernier, ont donné l’impression de ne pas avoir été suffisamment concernées par le match alors que l’enjeu était de taille. Contrairement à leurs homologues camerounais, « les Lions indomptables », qui ont infligé un cinglant 3/0 aux Comores. Quel commentaire devrait-on faire au sujet du face-à-face de samedi dernier à Bujumbura ? (Ce texte relève simplement d’un point de vue de téléspectateur ayant suivi de près les joueurs gabonais depuis la préparation jusqu’au match dans la capitale burundaise).

Il se pourrait qu’il rencontre l’assentiment de quelques férus de football et même de responsables de l’équipe nationale qu’il aiderait sans doute à recommander que les choses soient prises plus au sérieux à l’avenir, même si l’on est convaincu que la décision ultime ne les engage pas, eux, n’ayant de regard que sur les questions purement techniques, encore que…Promettre des récompenses du genre sommes d’argent à chaque joueur, en cas de victoire ou pour avoir marqué un but ne suffit pas à motiver un groupe, car une équipe, c’est la coordination des actions afin de maximiser le rendement et tendre plus sereinement vers la victoire. Et, la victoire, c’est ce qu’il fallait impérativement aux Gabonais pour prendre part à la prochaine phase finale de la CAN en Égypte, les Burundais, eux, pouvant se contenter d’un match nul pour écrire une nouvelle page de leur histoire puisqu’ils seront à leur toute première représentation dans les joutes africaines.

Surpris avons-nous été de constater qu’en dépit de cette réalité, les nôtres n’aient pas, comme il le leur était recommandé, « mouillé le maillot », laissant les adversaires imposer leur rythme de bout en bout de la partie comme s’il s’agissait pour eux d’une ballade de santé. Cela faisait longtemps que l’on avait vu des Panthères si dociles quand bien même nous les savions opposées à des oiseaux volants pouvant à tout moment échapper à leurs griffes. Hormis quelques exploits individuels, l’on n’a rien eu à se mettre sous la dent. Quel résultat escompté quand tout au long du match, la bataille du milieu de terrain était remportée par l’adversaire et le poids de la rencontre ne reposait essentiellement que sur le seul gardien, la défense étant presqu’inexistante ? Pas beaucoup d’oppositions remportées physiquement par nos athlètes qui ont souvent donné l’impression d’accompagner nonchalamment les Burundais jusque dans notre surface de réparation. N’eut donc été la maladresse de ces derniers et la bravoure d’Ovono Ebang, les Panthères auraient encaissé bien plus d’un but.

Ce qui a été loin d’être le cas du gardien camerounais Onana protégé par sa défense et son milieu de terrain qui, comme on l’a toujours remarqué chez les Camerounais, ont su se servir de leur gabarit et de leur mental infaillible. C’est que lorsqu’il s’agit de l’honneur de la Patrie et de soi-même, le prix à payer est celui-là. Pourquoi alors nous ne nous servons presque jamais de cet exemple pour nous aussi nous imposer aux autres de la manière que l’on l’aurait souhaité ?

Préparation psychologique

Certes, l’on nous dira que jouer sur un terrain synthétique quand on n’en n’a pas l’habitude est difficile, mais cela suffit-il à expliquer les déboires connus samedi dernier à Bujumbura par les Panthères ? Ou doit-on se demander, quoique la majorité des joueurs nous viennent de l’extérieur où ils évoluent dans des championnats professionnels sérieux, si cela n’est pas dû en partie à notre impréparation qui fait que l’on déduise à la manière du père des jeux olympiques Pierre de Coubertin que l’essentiel est de participer ? Nous avons dans les années 80 connu un championnat semi-professionnel qui a donné satisfaction et a révélé sur le continent des athlètes que le football intéressait réellement. Peut-on se demander pourquoi ?

Ce n’est assurément pas l’argent qui faisait jouer les Samuel Raouto, Guy Anotho, Etienne Kassa Ngoma, Martin-Philippe Aguekizo, François Amégasse, Jean- Gaston Angoué Ossa, Valéry Ondo Ebé, Jean-Claude Mabouéla, Guy-Roger Nzamba et bien d’autres avant eux dans les années 70 et 60, citons pêle-mêle les Alain Ondo, Vincent Essame, César Marcolino, Georges Mboungani, Tapoyo Antchouet Walker, Christian Adjahienot, Pontalier, Issembé, Walker Bikinda, Paul Manon et autres, mais l’envie de taper dans un ballon pour le plaisir personnel d’abord et celui d’amoureux de cet art ensuite. Même s’il faut admettre que les temps ont changé, il reste que lorsque l’on voit certains professionnels évoluer sous les couleurs de leur pays, ils ne sont pas loin de nous laisser penser qu’ils le font avec amour et dévotion à la fois.

Y a qu’à penser à un Didier Drogba, Salomon Kalou, Yaya Touré, Kolo Touré et autres Serié Dié avec « les Éléphants » ou un Samuel Eto’o, Patrick Mboma, Rigobert Song, Alexander Song et autres avec « les Lions indomptables ». De ce fait, on peut aisément imaginer que les nôtres qui ne manquent visiblement pas de talent ont une égale envie de s’illustrer sur les stades africains et ailleurs, mais que leur manque-t-il pour y arriver ? Telle devrait être la véritable question que l’on devait se poser puisque l’on constate non seulement leur peu d’empressement à rejoindre l’équipe nationale, mais aussi un certain manque d’engouement lorsqu’ils évoluent sous ses couleurs comme s’ils n’étaient là que pour faire de la figuration. Dans quel état d’esprit sont-ils lorsqu’ils arrivent ici au pays ? Quelles nouvelles du pays leur parviennent à l’extérieur où ils passent le plus clair de leur temps ? Quelles discussions ont-ils avec des coéquipiers étrangers évoluant dans les mêmes championnats qu’eux ? Sont-ils satisfaits de la manière de faire des dirigeants, y compris politiques, ceux-là même qui ont la décision ?

Pour qu’ils soient par la suite motivés, eux, qui ne sont plus habitués à l’improvisation !
Il est des pays où les autorités, constatant que les choses tardent à prendre forme dans le domaine du football par exemple, prennent la sage décision d’arrêter un instant pour recommencer à zéro en se donnant bien entendu un cap et se fixant des objectifs à atteindre à court et moyen terme. Ne faut-il pas aux autorités gabonaises réfléchir, s’il est démontré que trop de problèmes jonchent le sentier sur lequel marche notre football, aux moyens de le rendre plus compétitif ?


Dounguenzolou

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