Edito : Incohérences !

lundi 30 octobre 2017 Speciales


Surprenant, lorsque dans un environnement où l’on n’a de cesse de prôner l’orthodoxie, certaines gens, mal intentionnées ou mal éduquées, persistent dans la bêtise au point de faire payer le lourd tribut à leurs semblables de collaborateurs. De plus en plus d’administrations et d’entreprises sont aujourd’hui gangrénées par la faute de responsables véreux qui profitent de leur impunité pour continuer à se salir les mains. Dieu seul sait quand est-ce que ces agissements seront punis !

Il suffit d’échanger avec des travailleurs sur un sujet devenu subitement tabou, les cotisations sociales reversées à la CNSS, pour vous rendre compte du profond malaise qui affecte les cœurs des uns et des autres. Ils n’ont pas vu leurs cotisations être reversées comme par le passé à la Caisse nationale de sécurité sociale, aux fins de préparer leur retraite qu’ils méritent du reste. Selon la hiérarchie de la CNSS, en dépit de l’existence en son sein d’un service recouvrement qui tentait par le passé de s’acquitter parfaitement de ses tâches régaliennes, mais rencontrait toutes les difficultés du monde dans l’accomplissement de ses missions, ce pourquoi la Caisse qui a opté pour laisser aux entreprises, elles-mêmes, le soin d’assurer leur propre police au bénéfice du doute, constate avec effroi que très peu d’entre elles sont en règle vis-à-vis d’elle.

D’où la gestion complexe des réclamations, y compris de celles émanant de personnes ayant fait valoir leurs droits à la retraite, mais qui ne peuvent jouir de leur pension une fois l’âge arrêté arrivé. Pourquoi cette situation connue de tout le monde perdure-t-elle, quand on sait que certains responsables de sociétés vont jusqu’à souligner publiquement que l’argent retiré sur les salaires des employés n’est pas détourné, mais dort quelque part dans un compte non identifié, du moins pour les travailleurs ? Au cas où cet argent avait été détourné, qui pour régler ce litige entre l’employé et la société, vu qu’elle est à caractère privé ? Devant de tels agissements, l’Etat n’a-t-il pas le rôle d’attirer l’attention desdites sociétés, de leurs responsables allions-nous dire, sur le fait que cela peut leur valoir des ennuis judiciaires ?

Que recherche-t-on en vérité, que les travailleurs qui sont là dans leur bon droit manifestent leur mécontentement et que les forces de l’ordre soient, comme cela se produit souvent, appelées à les gazer ? L’Etat qui est conscient que le Gabon dispose de 800 kilomètres de côte et que la voie fluviale et maritime peut aider à desservir l’arrière-pays en facilitant les déplacements de personnes et la circulation de produits, a mis en place des politiques visant la satisfaction des besoins y afférents. D’où la création de la Compagnie nationale de navigation intérieure et internationale qui semble battre de l’aile, non pas faute de moyens mis à sa disposition, mais parce que ses dirigeants se signalent par une gabegie et une gouvernance faisant fi de toute orthodoxie. Sans compter que les navires ont du mal à être rentabilisés à cause des maigres recettes, la gestion non parcimonieuse vient en quelque sorte enfoncer le clou, dire que l’Etat est, par les temps qui courent, confronté à de sérieux problèmes financiers dont il est inutile de rechercher les origines.

La CNII a-t-elle déjà subi un audit digne de ce nom ou navigue-t-elle à cœur joie, assurée qu’il ne lui arrivera rien, même si l’on décidait de sa fermeture ? Changer d’homme à sa tête ne résoudra pas le problème, car ce qui importe, c’est bien au-delà des personnes, leur moralité, nous allions dire leur patriotisme, et bien entendu leur compétence. Est-on sûr qu’ici, le bien de l’Etat est conçu comme son bien à soi, mais aussi comme celui de la communauté à laquelle nous appartenons ? Si oui, pourquoi alors tant de dérives observées dans la gestion des affaires publiques quand on sait pourtant que les responsables des sociétés du type CNII sont volontairement mis à l’abri du besoin pour justement leur éviter des déviances ?

L’un des fleurons de la bonne gouvernance de l’époque d’Omar Bongo Ondimba du temps où Alfred Nguia Banda, non pas que l’on ait une quelconque accointance avec le nommé, était au gouvernail, le Conseil gabonais des chargeurs, est presqu’agonisant aujourd’hui. Les agents qui triment passent des mois et des mois sans salaires quand ils ne se demandent pas où est passé leur Directeur général souvent en villégiature. Ses dettes, à n’en point douter, sont astronomiques et l’on se pose la question de savoir pour quelles raisons elles ont été contractées. Les contestataires sont mis en quarantaine à défaut d’être affectés un peu plus loin de la direction générale où ils peuvent, si des agents de renseignements ne leur sont pas collés au dos, se morfondre sans créer de soucis aux chefs. Qui ne veulent rien entendre, estimant que leur gestion est des plus rigoureuses.

Certains directeurs et pas des moindres voient leur salaire subir, sans explication aucune, des coupes drastiques, d’où ils se demandent : « qu’est-ce qui est fait des sommes manquantes » ? Qui l’aurait cru dans un pays assis naguère sur des certitudes ? Veut-on nous faire croire que nous sommes subitement devenus l’exception qui confirme la règle ? Dans tous les cas, la résolution de tels problèmes est à rechercher à la racine du mal qui peut se situer dans l’impunité, le népotisme, l’incompétence, l’antipatriotisme, la négligence, le mépris de l’autorité, la désinvolture dont on sait tous qu’elle peut être la réponse appropriée à apporter en vue de leur éradication. Continuer à laisser faire suppose que l’on est soi-même partisan du pourrissement, mais dans quel but ? Ces quelques exemples suffisent à démontrer véritablement que le navire prend de l’eau de toute part et qu’il y’a urgence d’agir.


Dounguenzolou

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