Édito : L’année scolaire annoncée sous quels auspices ?

dimanche 22 septembre 2019 Speciales


Le Premier-ministre gabonais Julien Nkoghe Békalé a récemment reçu les patrons des départements de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, Michel Menga M’Essone et Jean de Dieu Moukagni Iwangou, pour débattre avec eux des conditions dans lesquelles devrait se dérouler la rentrée scolaire et académique 2019-2020. Intéressant ! Puisque le sujet préoccupe tout le monde sans restriction et soulève de nombreuses interrogations qui n’ont malheureusement pas encore pu trouver de réponses, sauf dans des esprits fantaisistes qui en sont toujours à croire que les problèmes posés depuis des lustres peuvent être résolus d’un coup de baguette magique. A notre humble avis, cette rencontre a accouché d’une souris si l’on tient compte du fait que les mêmes causes sont sur le point de produire les mêmes effets. Qu’est-ce à dire ?

Normal peut-on avancer que les responsables gouvernementaux surtout ceux en charge des questions d’éducation réfléchissent à l’entame d’une nouvelle année aux problèmes qui minent le bon fonctionnement de l’école gabonaise. Mais ont-ils pris la peine de s’interroger sur ce qui l’année écoulée a marché et ce qui a constitué un frein quoique l’on dise à l’amélioration des conditions d’études dans le pays ? Les deux personnalités ont donné l’impression d’être satisfaites par le déroulement de l’année passée, alors que d’énormes écueils ont été signalés qui, s’ils ne sont pas résolus, menacent d’entraver pour longtemps encore la quiétude dans les écoles, lycées, collèges, universités et autres écoles supérieures et professionnelles à travers le territoire national.

Nous croyons savoir que de nombreux Gabonais qui ont, au lendemain du discours prononcé lors du 17 août dernier par le chef de l’État, suivi sur Gabon 24 notamment les interventions des ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur qui ont eu du mal à convaincre, laissant un goût d’inachevé au sortir de l’émission à laquelle ils étaient invités. De nombreuses questions étant restées sans réponses adéquates ou ayant suscité la désapprobation de ceux qui comme nous attendaient beaucoup plus de personnalités qui se sont assises sur des promesses vaines. C’est par exemple en pleine saison sèche et alors que la rentrée approche à grands pas que les deux membres du gouvernement ont annoncé la construction pour ne pas simplement dire l’aménagement de certaines structures. A quel rythme se demande-t-on puisque les populations curieuses n’ont toujours rien vu arriver.

Ce qui veut insinuer que nos enfants de plus en plus nombreux à aller à l’école vont une fois de plus devoir s’entasser dans des salles de classe déjà anormalement pléthoriques et s’asseoir dans le pire des cas à même le sol. Que dire du suivi quand on sait les difficultés qui sont celles des enseignants en nombre toujours insuffisant malgré les multiples recrutements opérés depuis des décennies, recrutements qui sont loin de régler la question de l’amélioration des conditions de vie et de travail que les différents syndicats de l’éducation nationale et des enseignants et chercheurs du supérieur posent souvent comme le préalable à la bonne tenue des cours sans qu’ils n’aient véritablement été satisfaits, se contentant de saupoudrage et de réponses démagogiques qui ne résolvent pas les questions posées.

Si, nous pouvons faire mieux !

Nous ne sommes pas contre le fait que des membres du gouvernement en tête desquels lui-même le Premier-ministre donnent l’impression de se préoccuper des problèmes de l’éducation au Gabon, mais qu’ils comprennent qu’il faut de temps en temps qu’ils se souviennent qu’ils ont déjà été posés et qu’il leur faut peut- être dépoussiérer les états généraux concoctés par tous ceux qui ont en charge lesdites questions pour voir ce qui bloque au lieu d’en commander de nouveaux qui iront également croupir dans les tiroirs des ministères sans susciter l’engouement ou la détermination que l’on attend de leurs responsables.

Effarant lorsque l’on se rend compte que la Corée du Sud que l’on dit avoir connu les mêmes soubresauts que le Gabon lorsqu’il accédait en 1960 à l’indépendance, initie l’usage de l’ordinateur dans les basses classes et est arrivée en dépit de sa population à limiter le nombre d’apprenants dans les salles pour permettre à ces derniers de bien suivre et aux enseignants de se donner à cœur joie à leur ouvrage. Mieux, le gouvernement s’efforce d’apporter des solutions aux questions relevant de l’équilibre socio-économique des enseignants sachant que de celles-ci dépendent les résultats finaux. Les enseignants gabonais sont-ils prêts de trouver leur compte ?

Cette question mérite-t-elle d’être posée s’exclameront très certainement de nombreux compatriotes qui rient en coin pour ne pas le déplorer la légèreté avec laquelle les autorités en charge de l’éducation traitent de sujets sensibles au nombre desquels la surpopulation des classes et les conditions de travail et de vie précaires des enseignants gabonais parmi lesquels ceux qui choisissent leur métier par vocation. Il est important de le rappeler, car comme pour leurs compatriotes des corps habillés, ils sont de plus en plus nombreux à se jeter dans ce corps pour chasser l’ennui, le vice et le besoin.

Ceci a valeur d’interpellation y compris à l’endroit de ceux qui ont trouvé la parade d’envoyer leurs enfants hors de nos frontières où ils étudient dans des conditions plutôt normales, oubliant ou feignant d’ignorer qu’il n’y a pas deux jeunesses gabonaises, mais bien une et une seule et que le pays aura tôt ou tard besoin d’elle pour se bâtir. N’oublions pas ce mot du pasteur Martin Luther King : « sois le meilleur où que tu sois » qui vient corroborer la pensée suivante : « il n’y a pas de sots métiers, il n’y a que de sottes gens ».

Histoire de nous amener comprendre que le Gabon comme tous les autres pays du monde a tout intérêt à ce que sa jeunesse, quelque soit la classe sociale à laquelle appartiennent les parents, mérite mieux que ce qu’on lui réserve et gagnerait à être traitée sans mépris et de manière égalitaire pour que le pays puisse en profiter au maximum. Cela devant conditionner sa marche vers le développement !


Dounguenzolou

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs