Edito : le « Ludo » pour nous inspirer…

lundi 14 octobre 2019 Speciales


Lorsque nous étions à l’école, l’enseignant nous apprenait que la couleur rouge sur un drapeau revêtait une symbolique, celle d’un État ayant connu dans son histoire un « bain de sang » ou dont l’indépendance a été acquise, comme cela l’a été pour tous les pays anciennement colonisés par le Portugal, au prix d’une guerre sanglante. En observant attentivement le jeu dénommé « Ludo », l’on s’aperçoit qu’il présente quatre cases : une verte, une jaune, une bleu et une rouge, cette dernière qui n’attire pas forcément l’attention des joueurs, plus afférés à gagner une partie qu’à réfléchir sur le « jeu des couleurs », vient compléter un tableau qui jusqu’ici était « plutôt gai », allions-nous dire, est d’importance capitale surtout lorsque qu’on se situe sous l’angle géostratégique ou historique. Allons-y en faire l’expérience à la lumière de l’histoire du Gabon, pays auquel nous souhaitons toujours la paix.

Le Gabon qui a pour devise « Union, Travail, Justice » et qui a depuis 1968 adopté celle du parti au pouvoir, le Parti démocratique gabonais (PDG), « Dialogue, Tolérance, Paix », pèche encore sur l’application affective de ces principes qui font pourtant de lui un pays respecté qu’on le veuille ou non sur la scène internationale. Les Gabonais surtout depuis les années 90 n’ont de cesse de réclamer plus de justice sociale et de bien-être sans qu’ils n’aient trouvé réponse appropriée à leurs attentes en dépit des multiples promesses à eux faites par leurs gouvernants. Ce qui les exaspèrent et les rend dubitatifs face à tous les projets ou discours d’intention de leurs hommes politiques qui disent contourner toutes les difficultés jonchant leur cheminement pour éviter aux populations les affres d’un conflit interne comme en connaissent de nombreuses nations sur le continent, point n’est besoin de les citer.

Dans les actes, ces derniers, les Hommes politiques, semblent s’installer, qu’ils se proclament de la majorité ou de l’opposition, dans une forme de collusion qui ne dit pas son nom, mais que décèlent, à en croire les nombreuses affirmations recueillies ci et là, les Gabonais las d’attendre sur un territoire qu’ils savent pétris de richesses de toutes sortes et « insolemment gâté par Dieu » que leur rêve se réalise et qu’ils vivent mieux qu’hier ou qu’aujourd’hui. Les luttes interethniques, ils n’en connaissent pas, ce qui est à leur actif et devrait les pousser, eu égard à ce qu’ils observent à l’extérieur, à cultiver la paix si chère à feu président Omar Bongo Ondimba qui en avait fait le socle de son action quoiqu’on lui ait reproché certaines démarches qu’il a pourtant bien gérés au point de ne pas créer d’étincelles.

Mais des comportements assez récurrents ne provenant pas forcément des populations que l’on a souvent indexées, les autorités faisant de l’auto-imputation lorsqu’il s’agit de s’approprier les dividendes du calme prévalant dans le pays, viennent ternir la quiétude qui pourrait s’installer, donnant lieu à des considérations plutôt pessimistes frisant par moments la vengeance ou l’énervement chez ceux qui n’hésitent pas à penser que l’enfer c’est vraiment les autres comme affirmé par Jean Paul Sartre. Du coup, ceux qui, comme nous, observent presque passivement l’évolution du temps, ne voulant pas que le pire arrive, interpellons les uns et les autres afin qu’ils fassent leur introspection et évitent au Gabon les affres des conflits connus partout ailleurs, conflits qui divisent, fragilisent, bouleversent, incommodent, déstabilisent et sont inéluctablement source de régression.

Quand sagesse et introspection s’invitent

Nous évoquions à l’entame de notre propos les quatre couleurs du Ludo en parlant du vert, du jaune, du bleu et du rouge, il est temps peut-être que l’on comprenne l’allusion à ce jeu pour que ceux à qui cela dit que la République demeure « une et indivisible » comme rapporté par la « Concorde », l’hymne national, qui énonce « Unis dans la concorde et la fraternité, … » travaillent à valoriser les couplets de celui-ci en leur donnant sens et préservant les valeurs transcendantales favorisant l’équilibre de l’État en tant qu’il constitue comme appris des Constitutionnalistes l’assemblage des trois éléments que sont le Territoire, la Population et les Institutions. C’est ici le lieu de tenter de convaincre qu’il n’est pas de stabilité sans la cohérence et la cohésion entre ces trois composantes, ce pourquoi il est demandé, sinon recommandé, aux gouvernants d’œuvrer à l’amélioration des conditions d’existence, ce qui passe inéluctablement par celle de l’environnement en général, vu sous tous ses aspects politique, économique, social, culturel, géomorphologique, sportif, que sais-je…

C’est absolument en procédant de la sorte que le casier rouge, allusion au Ludo, ne constituera jamais ou presque jamais une menace pour la tranquillité dont tout le monde profite au cas où elle est savamment maintenue. Ce qui sollicite de chacun et de tous une justesse dans les choix, une introspection, l’usage du libre-arbitre et un minimum de bon sens car, comme l’avait si bien dit René Descartes, « le bon sens est la chose au monde la mieux partagée » ; et nous d’ajouter pourvu que l’on sache s’en servir pour ne pas dire s’en servir à bon escient ! Si l’on est convaincu que gouverner, c’est prévoir et si l’on tient compte de notre expérience historique acquise sur les bancs ou en fonction de notre vécu quotidien, il est plus que temps que l’on s’assaille pour oser réfléchir sur les diverses conséquences qui peuvent découler d’une négligence du qu’en dira-t-on et d’une volonté d’afficher une personnalisation oppressante de l’autorité banalisant le sujet de droit qu’est le citoyen que l’on devrait écouter et dont on devait solliciter les avis pour sa gouverne et celle de la République avant qu’il ne soit souvent trop tard.

De nombreux gouvernants, vivants ou morts, là où ils sont aujourd’hui, méditent très certainement sur ces quelques phrases prononcées aux fins d’aviser ceux qui sont actuellement aux affaires et les protéger contre des évènements malheureux qui contribuent à rayer leur nom de la liste de ceux que devrait retenir la postérité pour ne pas dire à les jeter, comme le soutiendraient les générations Androïde, dans les poubelles de l’histoire. Nous comptons énormément sur nos gouvernants pour qu’ils lisent avec sagesse et lucidité ce mot qui n’a rien d’une digression, mais qui contribue à faire entendre la voix d’une bonne frange de la population que la chose politique n’intéresse que parce qu’elle a à lui apporter son avis pour qu’elle sache l’intégrer afin de préserver l’Homme des affres de la violence gratuite.


Dounguenzolou

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