Edito : Macron porté au pinacle, une leçon démocratique à l’Afrique !

lundi 8 mai 2017 Speciales


Après une campagne présidentielle que tout le monde qualifie d’atypique, c’est finalement Emmanuel Macron, le leader du mouvement « En marche », qui a été élu hier 8ème président de la république française, avec plus de 65% des suffrages exprimés. Sur le continent africain, c’est plutôt l’exemple de démocratie qu’inspire l’élection d’un jeune de 39 ans, il y a quelques temps encore inconnu de la scène politique française. Surtout que les dirigeants africains, eux pour la plupart grabataires, préfèrent mourir au pouvoir, privant ainsi la jeunesse de toute possibilité de s’émanciper à son tour.

Ce qui est aujourd’hui une réalité en France en ce 21ème siècle révolutionnaire, relève pour l’Afrique de l’ordre de l’illusion et de la chimère. Emmanuel Macron, élu président de la république française à 39 ans, avec plus de 60% des suffrages, l’image est bien saisissante et pleine de symbole pour la jeunesse africaine, longtemps tenue en laisse par une gérontocratie sans bornes, instituée en règle de gouvernance par des vieillards complètement vidés de forces, et qui ne s’imaginent nulle part ailleurs qu’au pouvoir. En effet, ce qui constitue le signal fort du sacre du jeune Macron, ce n’est pas l’élimination au premier tour des candidats venant des partis traditionnels de la gauche et de la droite, sanctionnés pour des décennies de partage de pouvoir entre les deux blocs aujourd’hui incapables de répondre aux aspirations du peuple français. Encore moins le score écrasant avec lequel il a été élu, mais bien évidemment la fraîcheur du jeune président élu et la transparence ayant abouti à cette élection.

Surtout que l’Afrique au sud du Sahara, notamment l’Afrique centrale, qui malgré des institutions calquées sur le modèle français de 1958, n’a jamais connu la moindre alternance démocratique au sommet des Etats. Des Etas devenus des jardins privilégiés des castes familiales depuis des décennies, lorsqu’ils ne sont pas tout simplement pris en otage par des Seigneurs de guerre, qui une fois au pouvoir par canonnade, deviennent des figures tutélaires incontestées. Dans une Afrique où la publication des résultats dans la plupart des pays exige plusieurs jours, voire de semaines de magouille, l’ancienne puissance coloniale vient de démontrer qu’on peu voter le matin à 8 heures et connaître le nom du vainqueur le soir à 20 heures précises. Cela évite des soupçons de fraude et de contestations postélectorales, meurtrières et inutiles sur un contiennent où l’élection présidentielle rime forcément avec la guerre et la terreur.

Et là où le Gabon par exemple, avec un corps électoral d’à peine 600 mille électeurs seulement, prend 72 heures et même plus dans le rendu du verdict, la France, avec plus de 47 millions d’inscrits, n’a besoin que de quelques 13 heures seulement pour afficher le nom du gagnant. Véritable paradoxe pour les pays africains, dont la plupart des Chefs d’Etat, sexagénaires, malades, fatigués et cloués à des fauteuils roulants, obstinés à ne mourir qu’au pouvoir, quand ils ne sont pas directement remplacés par leur fils. L’élection de Macron à la Présidence de la République française, sonne comme un avertissement envoyé aux vieillards politiques africains, pouvoir comme opposition, en ce 21ème siècle bouillonnant, alors que sur le continent, des mouvements citoyens, essentiellement pilotés par les jeunes au Sénégal et au Burkina Faso commencent à faire tache d’huile.


Charles Nestor NKANY

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