Edito : Maganga Moussavou et Mapangou démis, quid de la suite ?

lundi 27 mai 2019 Speciales


Les Gabonais veulent aujourd’hui désormais croire en l’idée selon laquelle la bonne gouvernance est ce qui préoccupe le plus les plus hautes autorités du Gabon pour répondre avec à-propos aux manquements consécutifs, selon elles, à la crise née de la mévente l’année dernière de nos matières premières, pétrole en premier et au retard reconnu par Ali Bongo Ondimba lui-même dans la mise en route de son projet de société « l’Avenir en confiance ». Ils persistent à croire qu’ « on ne fait pas d’omelette sans casser les œufs » ; d’où ils restent accrochés à une décision de justice rendue sans délai pour être convaincus de ce que leur pays entre petitement dans l’ère de la modernité, condition sine-qua-non de l’émergence.

Trop tôt pour eux de lever le doute qui pèse sur les différentes manœuvres qualifiées de dilatoires se caractérisant par l’emprisonnement de certains hauts dignitaires de l’État au motif qu’ils se seraient distingués par une certaine indélicatesse. Les affaires Ngambia et Ngoubou que la rue continue d’interpréter comme un règlement de compte politique ne semblent pas avoir connu leur épilogue chez le citoyen lambda à l’entendre discourir. Le récent limogeage de Pierre-Claver Maganga Moussavou et de Guy-Bertrand Mapangou, fussent-ils Vice-président de la République et Ministre d’État en charge des Eaux et Forêts, de surcroît très proche, avance-t-on, du Chef de l’État, quoiqu’abondamment commenté et représentant apparemment un signal fort, ne semble pas, lui aussi, encore suffisamment émouvoir l’habitant de Kinguélé, des PK, d’Atsibe-tsos, de Derrière la prison, des Cocotiers, de N’Kembo, bref des quartiers populaires de la capitale gabonaise, pourquoi ne pas parler de l’hinterland.

Une seule chose pour ne pas longtemps les rendre dubitatifs : poursuivre en justice les incriminés dans la sulfureuse affaire de disparition de centaines de conteneurs au port d’Owendo portant préjudice à l’économie nationale. Une affaire qui, parce qu’elle fait grand bruit, y compris sur la scène internationale, doit servir de référence à tous ceux qui continueraient de croire qu’ils sont au- dessus de la loi. Prendre des décisions à la place du président de la République qui a par décret interdit, sauf autorisation expresse, l’abattage, la commercialisation, voire l’exportation du précieux kévazingo doit-il rester impuni ? Signer des documents se rapportant auxdites opérations alors même que l’on est sensé, comme la femme qui pour obéir à son époux se conforme à ses principes, veiller à faire exécuter ceux de la première institution du pays, ne serait-ce que par bon sens et solidarité d’avec lui à qui l’on doit d’être propulsé à des fonctions prestigieuses, n’est-ce pas à nos yeux commettre l’irréparable ?

Si Ngambia pour ne nous limiter qu’à lui a suivi ou a été suivi à « Sans familles », c’est selon, par des collaborateurs happés comme lui par « Mamba », pourquoi Pierre-Claver Maganga Moussavou et Guy- Bertrand Mapangou ne subiraient-ils pas le même sort ? En tout cas, les Gabonais attendent avec impatience que ces personnalités soient traduites devant les juridictions compétentes pour répondre des actes qui leur sont reprochés ou si l’on veut des faits gravissimes dont ils se sont rendus coupables si cela était prouvé. Car ils se posent la question de savoir à quoi cela sert-il de condamner un citoyen au chômage ou nécessiteux pour vol d’une boîte de sardines alors qu’il est démontré qu’il lutte pour la survie, pendant que dans le même temps et le même lieu, des gens à qui l’on a presque tout donné pour se permettre d’assurer leurs arrières se signalent, eux, par des comportements répréhensibles ?

Dura lex sed lex !

Ne devrait-on pas ici parler de crimes économiques réprimés avec la dernière rigueur lorsque l’on est dans la configuration d’un véritable État de droit ou la justice rendue est la même pour tous ? Le Gabon devrait-il s’en accommoder en ces périodes de réajustement et alors qu’il est frappé par un malaise dont les conséquences sont aussi bien visibles que palpables ? Voici un cas qui devrait bien plus qu’hier interpeller jusqu’au fond de leur âme nos magistrats, à commencer par le Procureur de la République très au fait du dossier pour avoir le premier été saisi par les services des Douanes dès le constat que le pot-aux-roses a été découvert.

Les réseaux sociaux qui s’en sont fait l’écho, à beau être traités de tous les noms d’oiseau, à tort ou à raison, ont tellement ébruité le scandale qui s’est répandu comme une trainée de poudre qu’il s’agit aujourd’hui pour le Gabon de laver son image pour ne pas dire redorer son blason dans un environnement impitoyable du point de vue des mœurs, environnement qui expose à la face du monde tous vos faits et gestes et vous prédispose à des jugements peu élogieux susceptibles d’amener le regard des autres se détourner avec ce que cela a de perte de crédit.

Quel pays gagnerait à ce qu’il soit regardé comme une curiosité ou comme un pestiféré ? Quel pays gagnerait à être classé inéligible alors que tous les États se battent pour bénéficier de la confiance des bailleurs afin d’obtenir des financements devant ou pouvant les aider à faire fonctionner la machine économique, soigner et éduquer du mieux qu’ils peuvent leurs populations et leur trouver de l’emploi ? Quel pays pourrait aujourd’hui évoluer en vase clos, au ban de la communauté internationale pour inconduite ? La réponse est assurément : aucun !


Dounguenzolou

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