Edito : Médias publics, vous avez dit ?

lundi 5 février 2018 Speciales


Depuis quelques semaines pour ne pas dire mois, les autorités gabonaises ont instauré le paiement pour les abonnés Canal sat, d’une redevance audiovisuelle. Bonne initiative quand on sait que les différentes chaînes publiques, victimes elles aussi de la mauvaise santé de l’économie nationale par ces temps de récession, éprouvent de plus en plus de mal à asseoir des politiques de fonctionnement viables. La crainte de certains citoyens est que l’argent collecté par le biais de cette taxe fixée arbitrairement n’aille à nouveau dans les poches de ceux qui en ont déjà pour reprendre l’expression de Pierre-Claver Akendengué. Quelque soit la destination que prendra cet argent, le problème, le vrai, est que les différentes chaînes dites publiques brillent par une offre compétitive qui puisse permettre aux Gabonais d’opérer un choix à la hauteur de leurs exigences.

Aujourd’hui, le constat établi est que de plus en plus de Gabonais sont gagnés par le syndrome de la curiosité, contexte technologique et médiatique oblige. Il n’y a qu’à regarder au dessus des toitures des maisons pour se convaincre de ce qu’il n’est plus de foyers qui ne possèdent pas une parabole, signe que les habitants suivent à loisir la chaîne de radio ou de télévision de leur choix. La concurrence étant aujourd’hui plus qu’hier rude, chacune des chaînes sur le bouquet s’emploie à satisfaire du mieux qu’elle peut ses clients.

L’information ayant une valeur marchande, il faut à chacune d’entre elles affiner ses produits pour frapper à l’œil ou à l’oreille du téléspectateur ou de l’auditeur. Ceci constitue la dure loi du marché. Comment rester insensible à ce rendez-vous historique qui impose à chacun d’entre nous de d’abord travailler à la satisfaction de son ou ses publics avant que d’ensuite voir comment aller à la conquête de ceux de l’extérieur ? C’est donc dire que les chaînes du groupe Gabon Télévision ou Radio Gabon doivent s’atteler dans un premier temps à concevoir des programmes adaptés à la consommation locale pour fixer un tant soi peu les publics locaux, avant de songer aux autres qui, certes font partie de leurs préoccupations, mais ne constituent pas malgré tout leur première cible.

Il est plus qu’opportun qu’elles luttent contre l’extraversion pour ne pas qu’elles reproduisent ce que les autres ont été les premières à montrer ou à faire entendre. Elles doivent pour cela se rassurer en cherchant au moyen d’enquêtes de terrain fiables à énumérer les tendances de leur potentiel public pour lequel elles doivent travailler et qu’elles doivent satisfaire, sans quoi, à quoi serviraient-elles ?

Chaînes de tout le monde !

Pour assurer en effet le fonctionnement desdites chaînes publiques, l’Etat collecte des fonds provenant de chaque citoyen. C’est pourquoi leurs programmes ne devraient souffrir d’aucune discrimination et devraient être impartiaux. On doit y retrouver un peu de tout en termes de culture, de social, d’économique, de politique, de sportif… La chaîne publique doit en effet être marquée du sceau de l’impersonnalité étant donné qu’elle doit s’adresser à tous les citoyens qu’elle doit desservir sans parti pris, en même temps qu’elle doit pouvoir ouvrir le débat à toutes les couches de la société qui, en retour, devraient pouvoir se reconnaître en elles. Est-ce souvent le cas ?

Si non, elles devraient s’atteler à réunir ces arguments pour ne pas que les Gabonais qui ont l’embarras du choix par ces temps de mondialisation ne se détournent d’elles et peut-être pour de bon. La chaîne publique doit pouvoir lutter pour un meilleur équilibre de l’information, nous allions dire des programmes en général, pour éviter qu’on y entende et n’y voit assez régulièrement, contre son gré, que des nouvelles et/ou images à caractère politique comme si la politique politicienne était la seule qui plaise ou est digne d’intérêt chez le citoyen. Encore qu’il faut savoir nuancer lorsque l’on sert au public l’actualité politique pour qu’elle ne soit pas constituée que de dons et autres activités festives comme c’est souvent le cas, car les populations aimeraient aussi savoir qu’est-ce qui se fait pour elles concrètement dans les villes comme dans les campagnes pour avoir des éléments de jugement fiables, susceptibles de les amener apprécier à juste titre les gouvernants qui sont loin d’être blancs comme neige comme ils le prétendent eux-mêmes.

« Les goûts et les couleurs, il ne faut pas en discuter » nous dit le proverbe, ceci pour inciter les chaînes publiques à s’intéresser à tous les citoyens, hommes, femmes, jeunes, âgés, pour qu’aucune couche ne leur fasse des récriminations, mais que toutes se sentent plutôt attachées à son offre, leur manifestant leur fidélité au lieu de leur tourner le dos en signe de mécontentement.


Dounguenzolou

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