Edito : « NTCHE NGANI »

lundi 13 janvier 2020 Speciales


Ce titre d’un opus du musicologue gabonais Pierre- Claver Akendengué connu à travers le monde et qui signifie en langue « Omyéné » du Gabon « la terre d’autrui » a de quoi nous faire réfléchir tant on sait la profondeur de sa quête perpétuelle de la bonne gouvernance, de la justice et de l’équilibre, mais surtout de ce sans quoi ces deux vertus ont du mal à exister, à savoir l’élan patriotique qui devait, selon lui, animer tout « bon citoyen » pour qu’il ne soit pas regrettable qu’il soit traité de tous les noms d’oiseau et parfois même d’individu dont les comportements rétrogrades feraient penser à quelqu’un qui n’a aucun lien avec son pays ou qui serait apatride.

En France, permettez que nous citions souvent l’Hexagone en exemple quand il s’agit d’évoquer la norme sociale, encore faut- il nuancer en avançant simplement que le pays des grandes personnalités tels les Rousseau, Montesquieu, Jules Ferry, Molière, le général de Gaulle, Georges Pompidou et bien d’autres, se distingue d’autres par sa volonté affichée de couper court à toutes les déviances, y compris celles émanant des personnes qui, sous d’autres cieux, sont estampillées « intouchables ».

En France, disions- nous, un homme nous fascine parmi tant d’autres. C’est l’éditorialiste et écrivain Eric Zemmour, intervenant assez régulièrement dans des émissions- débat sur la chaîne de télévision « C News ». De ces interventions, nous relevons une constante au sens où il n’a de cesse de parler dès que l’occasion lui est offerte de citoyenneté, l’important étant de savoir ce qu’il met sous ce mot. Pour lui, « être Français » ne signifie pas du tout être « citoyen français » puisque, lui, et bien d’autres d’ailleurs, estiment que l’être, suppose avoir acquis la manière de vivre, la culture, les us et coutumes en vigueur dans ce pays qu’est la France, à la limite avoir fondu dans l’agrégat de civilisations qu’elle recouvre au point d’adopter entièrement et non partiellement ce qu’elles comportent, ces civilisations, de valeurs cardinales dont celles de liberté, d’égalité et de fraternité. Mais, à le suivre attentivement, cela va bien plus loin car, selon toujours Eric Zemmour, il ne serait que très peu acceptable qu’un véritable Français, celui se proclamant de la Patrie des droits de l’homme, se distingue des autres citoyens par une forme de folie qui le pousserait à se considérer comme le centre du monde et à afficher des attitudes asociales du genre celles qui conduisent à ne pas respecter la loi ou se croire au- dessus d’elle, tuer, fut- il au nom d’une religion, violer, voler, violenter, que sais- je…

La lettre et l’esprit de la lettre

En Afrique, il arrive que de nombreuses personnes se fassent distinguer de la sorte. La plupart du temps sans susciter la moindre réaction publique. Il nous arrive aussi de constater qu’alors que des citoyens épris de justice et d’équilibre social manifestent contre ces agissements qui, à leurs yeux, ne devraient pas avoir droit de cité eu égard à la batterie de textes brandis par les institutions, textes qui nous laissent croire que la République est la même pour tous et que l’on a affaire à un État fort comme on a coutume de le dire, ils rencontrent sur leur chemin « une armée de mercenaires chuchotant le nom de leurs prochaines victimes ». Les textes sont dépouillés de leur substance puisque de tout temps en contradiction avec la réalité ou les faits. D’où la boutade consistant à avancer qu’il y a une stricte différence entre la lettre et l’esprit de la lettre.

Sur tout le continent, des Africains ayant acquis la nationalité, peu importe la manière, ou ceux originaires du pays, théâtre d’opération, sont impliqués dans des affaires à scandale qui causent des désagréments à la société tout entière et au pays, et pourtant que n’entend- on pas souvent de leur bouche : « on n’a pas de pays de rechange ! ». Qu’est- ce à dire ? Qu’ils doivent, suite à ces déclarations lourdes de sens, se conduire vis- à- vis de la société et du pays de façon irréprochable. Or, l’actualité est faite pour eux d’une multitude de forfaits accablants qui obèrent les infimes capacités du pays à marcher sereinement sur la voie du développement. Du coup, de nombreux Africains venus d’ailleurs s’interrogent sur les réelles motivations de ces derniers dont ils ont du mal à justifier les agissements.

Des griefs à n’en plus finir

Que dire par exemple de gens qui, profitant d’un certain statut social, s’illustrent par de « grosses frappes », entendez, des détournements massifs de deniers publics qui prennent la direction de l’étranger, des paradis fiscaux surtout, et ne profitent pas du tout, c’est une lapalissade, au pays qu’ils n’ont pas de soucis de rendre exsangue avec pour principale conséquence de faire appel aux institutions financières internationales dont le Fonds monétaire international (FMI) qui le soumet à l’observation de programmes d’ajustement structurel créant des grincements de dents perceptibles jusqu’aux confins du monde ? Ces gens auxquels nous faisons allusion et dont nombre agissent à visage découvert comme s’ils se représentaient la terre comme une jungle, ayant du mal à admettre le moindre contrat social ou les conventions régissant textuellement la vie de la cité, s’évertuent également à pourrir la vie des autres en leur causant du tort, qui en assassinant leur progéniture, qui en violant leurs femmes et enfants, qui en narguant ceux qu’ils appellent pompeusement « nos compatriotes », qui en leur manquant de respect, qui en foulant au pied les règles élémentaires de savoir- vivre, qui en démontrant ouvertement qu’ils n’accordent que très peu, sinon aucun sens à l’amour d’autrui qui ne représente à leurs yeux qu’une vulgaire expression, qui en n’affichant que très peu de considération aux questions touchant à la protection et au bien- être de leurs supposés concitoyens. La liste des griefs n’est pas exhaustive. Simplement, remarque- t- on, ils donnent l’impression qu’ils ne vivent pas dans le même espace que ceux qu’ils considèrent comme les « damnés de la terre » face auxquels leur comportement a l’allure d’une insulte.

L’intérêt d’inviter les vertus

Tout cela conduit à rappeler cet autre mot de Pierre- Claver Akendengué « il n’y a pas de bon pays pour les pauvres », alors que, toujours selon lui, « nous sommes tous à « Dongwambeya » et tous de « Dongwambeya ». Ce « riche » village mythique dont l’évocation est polysémique et dans lequel pourtant « les riches gens dans leurs plus beaux habits » côtoient quotidiennement « les pauvres gens marchant la fesse à l’air ». Cependant, « tout peuple est considérable ». Au point qu’il lui est permis d’admettre, comme le musicologue, que vivre sans vivre la liberté/ la libération de son pays, ce n’est pas digne d’un peuple considérable. Ceci pour dire qu’à force de tirer sur la corde, on finit peut- être sans l’imaginer ou le prévoir par développer un climat malsain entre les autres et soi- même, climat malsain qui pourrait constituer le mobile d’une révolte populaire comme on en voit sur la planète depuis la nuit des temps et dont on devait absolument s’inspirer pour œuvrer dans le sens de plus de justice, d’équité, de moralité, de patriotisme si tant est que ce patriotisme a des valeurs à nos yeux. Mais, il est démontré que qui sème le vent récolte la tempête ! Ce qui le plus pousse certaines personnes à afficher une certaine xénophobie ou leur haine pour quelques-uns de leurs concitoyens, c’est le fait de s’apercevoir que ces derniers n’ont cure de l’avenir ou du développement du pays qu’ils sont prêts à brader au nom de leurs intérêts personnels. Se foutant éperdument de la population qui croupit dans la misère, population qu’ils regardent de haut et dont ils se moquent visiblement comme s’ils méritaient, seuls, de s’approprier tout le patrimoine national. Ce comportement traduit souvent le fait que lesdites personnes n’ont pas d’ancrage dans la cité à laquelle elles ont du mal à croire en vérité, sauf lorsqu’elles habillent leurs propos d’expressions qui donnent l’impression contraire.


Dounguenzolou

Vos commentaires

  • Le 18 janvier à 05:12, par Antoinedjaffa En réponse à : Edito : « NTCHE NGANI »

    je suis le maître Djaffa Antoine mon numéro c’est le +22967689066, numéro whatsapp.les travaux de culte que je faire sont :

    1-porte feuilles
    2-La valise magique
    3-La calebasse magique
    4-Le retour affectifs
    5-Talisman de protection
    6-Savon de chance
    7-Bague de chance
    8-Rituel pour trouver vite du travail
    9-rituel pour les homme d’affaires qui ne trouve par de clientèle
    10-Lutte contre la sorcellerie
    11-Gagner au loto
    12-Les savon de chance pour trouver un bon emploie,
    13- Parfum de chance
    14-Rituel de richesse
    15-Rituel avec Mamy Wata ,la reine de eaux
    16-Comment gagner l’amour d’un homme où d’une femme
    17-Guérire du faiblesse sexuel
    merci pour votre attention
    whatsapp :+22967689066

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