Edito : Ping dérange-t-il ?

mardi 18 avril 2017 Speciales


L’on a eu droit le weekend écoulé à une nouvelle mobilisation des forces de l’ordre, au motif que le rassemblement auquel l’opposant Jean Ping conviait tous les esprits épris de liberté et manifestement attachés aux idéaux de changement, courait le risque de connaître des débordements par ces temps de dialogue inclusif et sans tabou initié par Ali Bongo Ondimba. Une fois de plus évoquée l’idée de trouble à l’ordre public. Faut-il croire qu’alors que l’armée, la police, la gendarmerie, bref tous les corps militaires et paramilitaires, sont aux ordres, il y a risque de voir la rue dicter sa ligne de conduite, au point de menacer l’ordre établi ?

Chaque fois que Jean Ping invite ses troupes au rassemblement pour entrevoir de nouveaux comportements face à ce que les gens de son camp qualifient d’imposture des « émergents », ministère de l’Intérieur, de la Défense, de la Justice, états-major des forces armées, tous ceux qui représentent la force et la répression se mettent en branle, qui pour interdire l’organisation du rendez-vous, qui pour attirer l’attention des initiateurs de la rencontre sur les dangers encourus, qui pour en appeler au sens du patriotisme après les douloureux événements de la période post-électorale, qui pour interpeller sur le fait que nul n’est au-dessus de la loi. Donnant l’impression qu’à chaque sortie de l’enfant d’Omboué, la mayonnaise peut prendre et la rue s’embraser. Est-ce vraiment là le désir de Ping et ses amis de l’opposition qui n’ont pourtant pas incité le peuple à investir la rue après la proclamation des résultats de la présidentielle du 27 août 2016, très contestés ?

Cette question mérite d’être posée tant l’on constate une discordance de ton entre le comportement des opposants et les intentions qu’on leur prête. L’on sait cependant que ce qui est réclamé par Ping et ses lieutenants, c’est le respect du verdict des urnes du dernier scrutin ! Qui, selon eux, serait favorable à l’ancien président de la Commission de l’Union africaine. Par conséquent, ils ont estimé qu’il n’était pas objectif et logique de répondre favorablement à l’invitation des Pédégistes à participer au dialogue politique actuellement en cours à Libreville. Que fallait-il alors pour les amener à changer d’avis ? C’est plutôt à cette préoccupation que l’on devait s’atteler à trouver réponse au lieu de faire dans la gesticulation inutile.

Comment rebâtir le vivre- ensemble et développer le Gabon ?

S’il, arrivait que tout un chacun, acteur politique et citoyen lambda, relisait ou parcourait, c’est selon, Jean-Jacques Rousseau et Montesquieu, chacun serait convaincu de la justesse du « Contrat social » et de « l’Esprit des lois », deux œuvres qui affichent au grand jour, les éléments constitutifs de ce que l’on qualifie d’Etat de droit. En effet, quel citoyen s’opposerait à l’idée de céder une partie de sa liberté pour en retour obtenir une liberté plus grande ou encore qui résisterait devant l’idée de confiner chacun des trois pouvoirs constitutionnels, à savoir : l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire, à son rôle régalien qui empêcherait chacun d’entre eux d’empiéter sur les prérogatives de l’autre ? L’histoire démontre que les sociétés qui font de la justice et de l’égalité leur véritable fondement, laisse libre cours au fonctionnement indépendant des institutions qui résulte de la cohésion sociale et débouche sur des meilleures perspectives en termes de gouvernance et de développement. Ce qui conduit à dire qu’une société non-démocratique, au sens où elle ne permet pas aux uns et aux autres d’exprimer leurs intentions, y compris profondes et gênantes, est une société dans laquelle peut facilement s’installer le chaos que l’on devrait toujours s’employer à éviter pour le bien de tous.

Lorsque l’on aspire à gouverner, il faut se départir de certaines opinions négatives pour privilégier la raison qui, seule, nous soumet à notre propre jugement, invite à comprendre autrui et à s’inspirer pourquoi pas de lui, afin de se dépasser et d’être plus utile au pays. Le fait d’investir la rue de chars d’assaut, d’hommes cagoulés, armés jusqu’aux dents, juste pour effrayer et prétendre faire cesser toute velléité de revendication, plutôt que d’apeurer, peut conduire à l’effet contraire, c’est-à-dire à la banalisation de l’autorité, préjudiciable à un Etat qui vit une crise et éprouve du mal à la juguler.


Dounguenzolou.

Vos commentaires

  • Le 18 avril à 11:16, par natty dread En réponse à : Edito : Ping dérange-t-il ?

    un article bien rafraîchissant de simplicité...merci Douguenzolou.

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  • Le 18 avril à 14:14, par annael En réponse à : Edito : Ping dérange-t-il ?

    À croire que l’Etat gabonais est construit sur le modèle communautariste,Vous pensez vraiment qu’il y a un Etat gabonais ? Vous me faites rire !

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  • Le 18 avril à 14:30, par eyang En réponse à : Edito : Ping dérange-t-il ?

    Je voudrais signaler que l’ambition de Jean Ping n’est pas de remplacer André Mba Obame mais d’aller plus loin. I

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  • Le 18 avril à 14:42, par ines En réponse à : Edito : Ping dérange-t-il ?

    Ali n’a pas de concurrent potentiel, même pas ping....

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  • Le 18 avril à 14:52, par jolie En réponse à : Edito : Ping dérange-t-il ?

    Que peut-on reprocher à Jean Ping et ses acolytes quant on sait que la politique n’est faite que de séduction, de calculs, de stratégies et d’opportunités…

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  • Le 18 avril à 14:53, par ada En réponse à : Edito : Ping dérange-t-il ?

    Quel est cet homme politique, qui dans sa stratégie, ne chercherait pas à accrocher une région disposant d’un électorat potentiel et surtout particulier, spécifique ?

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  • Le 18 avril à 16:02, par kathia En réponse à : Edito : Ping dérange-t-il ?

    la distraction à plusieurs face....ils sont nombreux dans l’opposition aujourd’hui,d’anciens hiérarques du PDG qui n’ont laissé aucune empreinte de leur passage au gouvernement ou à la tête de différents services de l’État, mais tout de même blanchis parce que opposants devenus.

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  • Le 18 avril à 19:52, par pulcherie En réponse à : Edito : Ping dérange-t-il ?

    cher ping la vie c’est pas le lait ok...tous autant que vous êtes dans cette oppositions,rien que de blagueur. après avoir régner dans le Gabon et à la tete l’union africaine qu’à tu fais de positif dans ce pays ???

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  • Le 18 avril à 22:16, par junor En réponse à : Edito : Ping dérange-t-il ?

    personnellement ping derange tout simplement parce n’est pas celui qui changera grand chose dans ce pays. il a été pendant 40 au côté de bongo père avec tout les privilège possible il n’a jamais bâti même un cabane comprenez donc que c’est pas aujour6quil changera quelques chose.....

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  • Le 18 avril à 22:20, par oyane En réponse à : Edito : Ping dérange-t-il ?

    pensez vous que c’est Ali qui peu changé quelque chose dans ce pays tous qu’il réalise aujourd’hui était déjà en projet par feu bongo père.

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