Edito : Pour que rumeur ne soit pas assimilée à information ?

lundi 2 juillet 2018 Speciales


Depuis un certain temps, les indicateurs semblent être au rouge au Gabon, pays auquel l’on prédisait un avenir prospère au vu de ses richesses du sol et du sous-sol, de sa faible démographie et de sa stabilité sociopolitique, héritée du vivre-ensemble insufflé par des anciens avertis et par des populations qui ont su au fil des époques s’accepter et faire fi de ce qui est susceptible de diviser, privilégiant « le dialogue, la tolérance et la paix » véritables. Alors que l’on s’attend de plus en plus à ce que des informations vraies et rassurantes soient apportées aux causes de la situation que traverse le pays quoique l’on sache le cours de certaines matières premières en baisse continuelle dans un contexte de rente, des mesures drastiques sont prises par les autorités qui viseraient à court ou moyen terme le contribuable, au point que ce dernier en soit à se demander de quoi s’agit-il réellement en l’absence d’explications, croit-il, plausibles.

Il nous a de tout temps été dit qu’entre la réalité, celle que l’on observe sans avoir les lunettes d’un politique ou d’un économiste, c’est-à-dire celle du vécu quotidien des populations, et la théorie faite, elle, de discours, il y a un fossé. Ce qui ne semble pas être faux, car qu’avancer lorsqu’après s’être entendu dire que l’on a posé un tel acte ci ou là, l’on va par curiosité se convaincre du contraire ? Sauf vouloir jouer les autruches ! Quoique les statistiques ne soient pas ici à la portée de toutes les âmes, la vérité est que des sociétés ferment chaque jour dans les différents foyers économiques du Gabon, les Hommes d’affaires accusant les autorités d’avoir mis en place un climat non propice à l’expansion.

Et laissant derrière eux de nombreux bras encore valides à la traine, obligés de faire contre mauvaise fortune bon cœur. Tel est le cas des anciens agents de Bouygues parmi tant d’autres qui seront bientôt rejoint par ceux de la Satram, du Bureau Véritas et de DHL pour ne citer que ces quelques exemples. Notre préoccupation repose surtout sur le fait qu’il y ait là matière à réflexion, toutes ces sociétés employant un personnel important et faisant de ce fait vivre des familles nombreuses en dehors de contribuer à la constitution de l’assiette fiscale d’une part et que deviennent toutes ces gens une fois laissées à la rue sans pour certaines avoir vu leurs cotisations reversées à la Caisse nationale de sécurité sociale, CNSS, comme cela nous revient si souvent et donc menacées de non régularisation de leurs pensions-retraite d’autre part ?

Du coup, sont-elles dans le droit d’exiger des autorités en dehors des sociétés qui les ont pendant de longues années employé des comptes. N’est-il pas raisonnable d’agir de la sorte quand on sait la sensibilité du sujet qui ne laisserait personne insensible ? Et pourtant, ce n’est pas dans cette logique que semblent souvent s’inscrire ceux qui ont un devoir de restitution en tant qu’ils sont les responsables entre guillemets quand ils ne sont pas étroitement impliqués dans la déliquescence de la situation ainsi présentée.

Il ne faut surtout pas que le citoyen qui connaît se droits et devoirs et a pour cela souscrit à tous ses engagements devant la République soit taxé de « hors-la-loi » lorsqu’il lui arrive par exemple de revendiquer l’un de ses droits fondamentaux. A commencer bien entendu par le droit à l’information perçu de temps à autre comme quelque chose de tabou. En ce sens que celui qui réclame d’être informé sur une situation qui le préoccupe et constitue pour lui un besoin vital est parfois si ce n’est souvent qualifié d’extravagant, voire de nuisible contre qui il faut nécessairement se liguer au risque de voir la paix intérieure être menacée.

« Une faute avouée est à moitié pardonnée »

Les textes, eux, sont clairs, car conçus sur la copie de ceux de nos ancêtres les Gaulois ! Pourquoi, rechigne-t-on à simplement les appliquer pour ne pas dire les observer ? Croit-on régler les problèmes de quiétude sociale en agissant ainsi tous les jours que Dieu fait ou nous faut-il tenter, contre notre gré si cela s’impose, d’entretenir le citoyen sur ce qu’il doit réellement savoir, quitte à ce que nous nous employions à manier de fort belle manière la langue de Molière ? Ce qui ne constitue pas une panacée certes, mais contribue grandement à nous rendre crédible par ces temps de crise de la confiance entre gouvernants et gouvernés à moins que cela ne soit que très rarement perçu ainsi.

Ce qui ne serait que très regrettable quand on prend en compte les nombreuses mises en garde faites par le chef de l’État à l’endroit de ses collaborateurs, entendez les membres du gouvernement dont il n’a de cesse de décrier l’action, lui, qui vise « l’émergence du Gabon à l’horizon 2025 ». L’on comprend, tirant la leçon, qu’il faut à ces derniers s’impliquer dans la restitution de la vérité si tant est qu’ « une faute avouée est à moitié pardonnée ». En tout cas, les Gabonais attendent à les entendre parler de savoir à quelle sauce ils vont être mangés, sachant que les différentes mesures prises pour eux sans eux sont, comme qui dirait, contre eux.

Certains parmi eux auraient souhaité que l’on passât par un référendum pour avoir une idée approximative si ce n’est précise sur ce qui se trame, peut-être auraient-ils contribué à l’apaisement sur le plan social, nombre d’entre eux n’arrivant pas à s’expliquer pourquoi, quoiqu’il savent l’engagement du gouvernement dans certains domaines à favoriser le bien-être des populations, des mesures parfois inappropriées à leurs yeux sont prises, alors que tout le monde sait quel impact elles ont sur le train de vie de populations déjà pas suffisamment bien nanties.

D’où la rumeur qui circule avec insistance qui tend à se substituer à l’information gouvernementale en l’absence d’une réaction des autorités qui préfèrent souvent se taire au lieu de parler et parfois parler à la place de se taire, selon les circonstances. Dire qu’il existe bien des stratégies mises en place pour pallier ce que d’aucuns considèrent comme des manquements criards qui contribuent à fragiliser les rapports qui devaient être de mise entre le haut et le bas de la pyramide sociale.


Dounguenzolou

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