Edito : Pôvre Gabon !

lundi 3 avril 2017 Speciales


Si ce pays avait une âme, encore qu’il doit en avoir une, si l’on tient compte des croyances africaines en général, gabonaises en particulier, il frémirait chaque fois qu’un scandale est annoncé. Combien de fois en effet, n’a-t-on pas fait allusion aux crimes dits rituels, aux détournements d’argent public, aux entraves aux bonnes mœurs, au comportement antipatriotique, bref à tous les travers qui font la faiblesse des nations ? Et pourtant, l’on semble s’apercevoir que plus lesdits travers sont dénoncés, plus ils résistent aux pratiques mises en place pour les exterminer. D’où le « on va encore faire comment ? » qui sonne comme un aveu d’impuissance devant des problèmes qui peuvent trouver solution, mais que l’on entretient.

L’on a coutume de se demander, lorsque l’on évoque le cas gabonais, pourquoi l’on a du mal à déceler l’existence d’une classe d’Hommes d’affaires dans l’un des pays pourtant les plus riches du continent en termes de ressources du sol et du sous- sol. Mais, ceux qui se posent la question ignorent ou feignent d’ignorer qu’ici, contrairement à d’autres Etats africains, surtout ceux que l’on affuble du qualificatif d’émergents, l’Afrique du Sud en tête, c’est la politique qui nourrit son homme, appauvrissant au passage le pays qui « se tort de douleur » en voyant les biens dont il dispose prendre sans cesse la direction de l’étranger plutôt que de servir les intérêts des nationaux qui ont beau crié, mais ne trouvent pas jusqu’ici d’oreilles attentives, susceptibles d’accorder du sens à leurs complaintes.

L’opération « Mamba » mise en place sept ans après l’arrivée au pouvoir d’Ali Bongo Ondimba révèle que de nombreux commis de l’Etat se sont beaucoup plus servis pendant cette période qu’ils ne se sont mis au service du Gabon. Des sommes faramineuses ont été détournées et placées dans des paradis fiscaux, reste à savoir si les mouvements de ce genre ne se poursuivent pas encore aujourd’hui. Nous osons faire confiance à la Direction générale des Recherches et à la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite, pour mettre la main sur ceux des fonctionnaires indélicats qui continuent de se signaler par des comportements répréhensibles. Pourvu que leurs responsables aient non seulement les mains libres, mais soient aussi animés d’un esprit de parfaite impartialité, ce qui garantirait la neutralité de leurs enquêtes et autres poursuites.

L’Education pour régler le phénomène

Quand Omar Bongo Ondimba déclarait au soir de son magistère devant ses collaborateurs sous un ton pathétique que Dieu ne leur avait pas permis de faire du Gabon ce qu’ils étaient en train de faire, c’est qu’il se reprochait quelque chose. Et pensait très certainement à son degré de responsabilité dans l’hécatombe provoquée par la mauvaise gouvernance. C’est que l’exemple vient décidément d’en- haut ! Ne dit-on pas que : « le poisson commence à pourrir par la tête » ? Que voulez-vous qu’un subalterne, pour ne prendre que l’exemple de l’administration, en qui les supérieurs ont, semble-t-il, placé leur confiance au point de lui confier la mission de gérer des deniers publics fassent si ces derniers ne sont pas irréprochables dans leur mode de gestion ?

Nos parents nous apprennent qu’au temps de feu président Léon Mba, le suscité n’hésitait pas à envoyer en prison, y compris ses proches qui ne détournaient que des broutilles. On le comprend, c’était le temps du « Gabon d’Abord ». Mais, au-delà, ne fallait-il pas voir une autre idée de l’Etat ? Que l’on a du mal à observer de nos jours, la politique étant devenu un biseness qui fait courir plus d’un, obligeant les uns et les autres aux quatre coins du pays, à commettre parfois, sinon souvent l’irréparable. C’est ce qui se solde par une désinvolture des populations vis-à-vis des gouvernants et une rupture consommée des rapports entre les deux acteurs de la vie citoyenne. Un dialogue suffit-il pour dissiper tous les malentendus ?

Dialogue, côté cour, côté jardin !

Tous ceux que cela dit de jeter un coup d’œil, même furtif, sur les images du dialogue national exclusif et sans tabou qui se tient actuellement, ont dû se rendre compte que de nombreux participants ont pris le plaisir de poster sur les réseaux sociaux, on ne leur en voudra pas pour leur usage, lesdits réseaux étant un effet de mode, des photos où ils se retrouvent avec des amis en train de sabler le champagne. L’utile et l’agréable nous direz-vous ! Mais cette posture doit-elle satisfaire lorsque l’on sait l’importance des sujets annoncés en débat lors de ses assises pour la continuité de l’Etat de droit ? Ou n’y voit-on pas une manière de donner du grain à moudre aux détracteurs et même à la communauté internationale qui se nourrit des bruits de couloir tout autant qu’elle attend de cette grand’messe qu’elle soit celle qui ramène la sérénité dans les esprits, parce que c’est de cela dont il s’agit d’abord, en facilitant la justice et l’égalité à tous, de meilleures conditions de vie, en un mot en débarrassant le pays de ses oripeaux.

Or, si ce dialogue est perçu par certains comme une occasion supplémentaire de se réjouir, alors ils auront franchement fait fausse route. Car, il devrait normalement être question également de laver le sang des enfants du Gabon tombés sous les balles de la crise postélectorale. Comment ne pas percevoir la sensibilité de ces moments si l’on tient à leur donner un cachet historique ? Nous savons, pour en avoir l’habitude, que l’on ne manquera pas de débattre de prébendes, d’argent et des postes, mais cela devrait-il focaliser l’attention, plus que ce qui relève de l’équilibre socio-économico-politique à proprement parler du Gabon, équilibre au bord de la rupture comme cela n’a jamais été le cas par le passé ? A chacun de revoir sa copie mentale et de se raviser, car les « mêmes causes produisent les mêmes effets » nous ressasse-t-on !


Dounguenzolou

Vos commentaires

  • Le 3 avril à 12:04, par hortence En réponse à : Edito : Pôvre Gabon !

    Admirez la langue de bois quand il s’agit de la Poste alors que le monde connaît le responsable de la situation désastreuse que connaît cette administration.

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  • Le 3 avril à 12:11, par pulcherie En réponse à : Edito : Pôvre Gabon !

    Si le Gabon était réellement un pays de droit et une démocratie, les gabonais manifesteraient a LBV

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  • Le 3 avril à 12:24, par alda En réponse à : Edito : Pôvre Gabon !

    Quand je pense que c’est avec ce genre d’individu que certains sont aller dialoguer… Les amis ces gens manient le mensonge et la duperie comme s’ils étaient des membres additionnels de leurs corps…

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  • Le 3 avril à 12:27, par floence En réponse à : Edito : Pôvre Gabon !

    Crimes rituels Le pouvoir actuel encourage ce phénomène !

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  • Le 3 avril à 12:33, par angue En réponse à : Edito : Pôvre Gabon !

    OBIANG NGUEMA MBAZOGO a prit une décision pour légitimer la justice populaire pour combattre les crimes en Guinée Equatoriale, à cause de l’inaction de la justice ou du favoritisme de la justice envers certains criminels.

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  • Le 3 avril à 12:39, par oyane En réponse à : Edito : Pôvre Gabon !

    Seigneur écoute les cris de tes enfants

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  • Le 3 avril à 12:53, par eyang En réponse à : Edito : Pôvre Gabon !

    Déjà être conscient que ce phénomène existe et trouver les moyens pour l’éradiquer c’est déjà une avancer en matière de politique d’éradication.

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  • Le 3 avril à 12:57, par ada En réponse à : Edito : Pôvre Gabon !

    les choses ce passe comme souhaiter par Ali.
    Un autre dialogue sans resultat comme les precedents depuis 1993.

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  • Le 3 avril à 13:07, par linda En réponse à : Edito : Pôvre Gabon !

    j’ai observé les visages de certains durant cette messe je peux vous dire que nombreux ont déchanter….

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  • Le 3 avril à 13:26, par ines En réponse à : Edito : Pôvre Gabon !

    Ali Bongo est le champion de la démagogie au Gabon à croire qu’il est aussi Mythomane que son ami Bilié Bi Nzé.

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  • Le 3 avril à 13:33, par ibrahim En réponse à : Edito : Pôvre Gabon !

    Dialoguer avec un tricheur. Ceux qui y participent sont aussi minables qu’Ali bongo. Aucune dignité, aucune honte. Vous préferez aller lécher les bottes d’un stupide malfrat.

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  • Le 3 avril à 13:36, par junior En réponse à : Edito : Pôvre Gabon !

    Pas besoin d’un dialogue politique pour reconnaitre les resultats des urnes le probleme du Gabonais est la corruption de son âme. Election mal organisée= pouvoir mal acquis= massacre de ceux qui revendiquent la justice. Ce fameux dialogue est une comédie du classicisme français, on ne touche jamais le fonds de la verité.

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