Edito : Que d’interrogations dans l’esprit !

lundi 23 juillet 2018 Speciales


Avec seulement un peu moins de deux millions d’habitants, le Gabon crée l’exception. Il déclare certaines de ses ressources se raréfiant à l’instar du pétrole qui subit également le choc des prix sur le marché international, mais sa gouvernance est, elle aussi, accusée d’être en grande partie à l’origine des maux qui minent actuellement cet ancien « Emirat » d’Afrique centrale. Du coup, de plus en plus nombreux sont les Gabonais qui se posent la question suivante : de quoi demain sera fait ?

« Réduire le train de vie de l’Etat », voici le leitmotiv du gouvernement Issoze-Ngondet III. Une expression que l’on a du mal à s’expliquer lorsque l’on observe le gâchis causé par les dépenses de prestige manifestes au regard de l’argent englouti chaque année depuis 2009 pour doter les administrations publiques d’engins roulants et garnir les portefeuilles de certains responsables dont la prestation reste critiquable. Comme n’a de cesse de l’affirmer Ali Bongo Ondimba qui continue de souligner l’inefficacité des options prises par les membres du gouvernement gabonais depuis le début de son magistère et donc leur incapacité à traduire en actes « l’Avenir en confiance », projet de société sur la base duquel des compatriotes ont cru bon de le porter à la tête de l’Etat.

Avec des budgets sans cesse en hausse à en croire les chiffres officiels, le Gabon s’est toujours retrouvé en train de pointer du doigt la conjoncture internationale qu’il rend responsable de la détérioration continuelle du train de vie du citoyen quand bien même l’on sait les gouvernants à l’origine dans la plupart des cas de la dégringolade économique. Ceci n’est pas un faux procès si l’on tient compte du principe « recettes/ dépenses » qui prévaut chez les économistes de par le monde quand il s’agit d’établir le bilan d’une action. Cela voudrait dire en clair que si l’on faisait la part entre par exemple les missions effectuées tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays par des membres du gouvernement aux frais de l’Etat et ce qu’elles rapportent, l’on ne serait pas surpris de constater qu’elles sont plus nombreuses celles que l’on pourrait qualifier de gouffres à sous.

Il en va de même pour les dépenses effectuées dans le cadre de la satisfaction des besoins primaires/essentiels et secondaires de ces derniers. Exemple pour exemple : en arrivant au pouvoir, le président libérien Georges Weah n’a pas hésité, constatant l’état de déliquescence de l’économie libérienne, qu’il n’avait pas de choix pour donner le ton que de réduire son salaire pour comme qui dirait apporter une bouffée d’oxygène aux finances publiques qui constituent ce avec quoi ou sur quoi l’on s’appuie pour mettre en place des politiques publiques viables, pérennes et crédibles, avant que de compter sur les aides internationales souvent conditionnées.

A quand le bout du tunnel ?

Ce qui se passe ailleurs devrait pouvoir nous inspirer en ce sens que cela devrait nous servir d’exemple afin de permettre que nous avancions sereinement vers l’avenir. Ne pas se comporter véritablement de la sorte, c’est se mettre le doigt dans l’œil. A qui le tort se demandera-t-on demain ? Ce qui nous vaut un bref rappel de la fable de la Fontaine « La cigale et la fourmi » et un détour par cette interrogation oh combien sensée : « Que faisais-tu au temps chaud ? ». Les familles gabonaises non initiées au système de planning familial et sujettes au respect de la tradition qui veut que le cercle familial soit, au contraire de celui des pays du nord, élargi, semblent tirer le diable par la queue pour la plupart, se demandant de plus en plus de quoi demain sera fait, elles, qui voient nombre de leurs cadres vouer à la débauche du fait de la perte de leur emploi, du coût de plus en plus prohibitif de la vie et/ ou du nombre grandissant des enfants ou personnes à charge, y compris celles du troisième âge parmi lesquelles les pères, mères, oncles ou tantes.

Il est évident pour tous que si les méthodes de gouvernance ne changent pas fondamentalement, rien de bien positif ne poindra à l’horizon. Ce d’autant plus que malgré la persistance du discours rassurant, la réalité quotidienne soit tout autre. Où sont-elles les différentes promesses faites aux Gabonais au sujet du plein-emploi, de la santé et l’école pour tous, d’un habitat sécurisé, de la lutte contre l’insécurité quand on sait, pour l’avoir régulièrement vu, que de nombreux agents des forces de l’ordre postés à des points névralgiques de nos principales villes, assistent souvent impuissants quand ils n’affichent pas une certaine complicité avec les brigands, à des actes répréhensibles dont les auteurs sont parfois des repris de justice qu’ils connaissent même et devant lesquels ils ne peuvent malheureusement rien, manquant à certaines occasions de moyens suffisants et appropriés pour répondre à l’attaque des bandits,

Allez-y comprendre ! Si aujourd’hui, lesdits Gabonais vivent dans un tel dénuement, qu’en sera-t-il, se demandent-ils, des lendemains quand on sait les aléas auxquels leur pays risque d’être confronté ? Que dire de sa place dans le concert des nations, alors qu’il y a encore quelques décennies, l’on prédisait le meilleur au Gabon dans les années à venir ?


Dounguenzolou

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