Edito : Quelles fêtes !

lundi 26 décembre 2016 Speciales


Jamais, les Gabonais n’ont connu des fêtes de fin d’année aussi moroses que celles que nous vivons actuellement. Ce soupir de quelques citoyens visiblement au bord de la détresse, traduit bien l’ennui qu’éprouvent nombre d’entre eux à réaliser les « prouesses d’il ya des années, quand ils remplissaient les magasins et les dépouillaient de leur contenu à la grande satisfaction des commerçants. Noel et le Nouvel an ont-ils perdu de leur lustre ?

Apparemment oui, si l’on s’en tient à quelques faits qui, mis les uns à côté des autres, traduisent la paupérisation des populations, mieux la précarité dans laquelle vivent de nombreuses familles par ces temps de crise économique aigue à laquelle il faut ajouter une situation socio-politique peu lumineuse. Le Gabon d’aujourd’hui ne ressemble pas, en vérité à celui d’hier, non seulement parce que le pétrole se vend désormais mal sur le marché international, mais aussi parce que certains Gabonais ont pris le pari d’appauvrir d’autres quel que soit leur degré de responsabilité dans la cité. C’est dire que ceux qui sont à reprocher se trouvent dans toutes les strates de la société.
Noel célébrant la venue de l’enfant Jésus et le Nouvel an, marquant la rupture d’avec l’année qui s’achève et donc le regard tourné vers un avenir meilleur, comment concevoir qu’alors que l’on dit le pays en paix, ce qui n’est pas fondamentalement faux, les poches soient aussi vides pour ne plus permettre aux citoyens qui le désirent, puisque c’est dans leurs habitudes, de fêter convenablement avec les leurs dans la dignité ?

D’un point de vue général, cela peut n’avoir l’air de rien, mais pris sous l’angle sociologique, il y a du grain à moudre ! Car, cela faisait longtemps qu’une telle atmosphère s’était installée au pays de feu Léon Mba et de feu Omar Bongo Ondimba pendant la période festive la plus remarquable de l’année. Et pourtant, il ya bien la Coupe d’Afrique des Nations, Can, qui pointe à l’horizon. Quelle engouement aura-t-elle se demande-t-on ci et là, tant les populations semblent désintéressées, peut-être à cause de conditions d’existence de plus en plus précaires. Même si le coût des billets est revu à la baisse ou si, comme le font entendre certaines langues, il est proposé de les distribuer sans contrepartie financière, ce qui parait surréaliste, combien de gens se sentent concernés par l’évènement qualifié à juste titre de fête du football africain à l’heure qu’il est du moins, dire qu’on n’est plus qu’à quelques encablures du début de la compétition. Il faut aux autorités user de beaucoup de doigté pour tenter de produire un effet d’entraînement, susceptible d’amener les Gabonais qui en sont encore à douter, à se mouvoir vers les stades retenus pour l’organisation des matchs dans le cadre de la prochaine Can. Sinon, attention à la chaise vide qui pourrait produire un effet insatisfaisant et condamner le pays à payer des amendes, à ce qui se dit, à la Confédération africaine de football, Caf. Un échec de la Can, quelle impact aurait-il sur le Gabon, déjà confronté à des problèmes structurels et conjoncturels ?

Bienheureusement, les Gabonais sont des femmes et des hommes qui savent prendre leur mal en patience et positiver en attendant que les conditions soient bien meilleures que celles d’aujourd’hui qui les plongent dans la plupart des cas dans le spleen baudelairien, les ennuyant chaque jour un peu plus et assombrissant, pourquoi pas, l’horizon devant eux. Depuis reconnu comme un peuple bon chic, bon genre, pour ne pas dire fêtard, le peuple gabonais est réduit à sa plus simple expression semble-t-il, car ne pouvant plus se satisfaire convenablement, selon ses désirs, lorsqu’arrivent les fêtes de fin d’année. Combien de temps cela va-t-il durer se demande-t-on dans les différents quartiers de la capitale Libreville, sûr que le même discours est tenu ailleurs dans le pays. Bonnes fêtes cependant !


Dounguenzolou

Vos commentaires

  • Le 26 décembre 2016 à 13:42, par eyang En réponse à : Edito : Quelles fêtes !

    Le grand argentier Mouanatatangani devrait se resoudre à l’évidence et reconnaitre enfin que la crise nous touche au lieu de se mentir à mentir à souhaits.

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  • Le 26 décembre 2016 à 13:59, par alda En réponse à : Edito : Quelles fêtes !

    Est-ce vraiment la diète pour tout le monde au Gabon ?

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  • Le 26 décembre 2016 à 14:12, par junior En réponse à : Edito : Quelles fêtes !

    pourquoi dépenser pour les feux d’artifices des centaines de millions.le peuple a-t-il besoin de ces feux ?tout le peuple va admirer ces feux ?

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  • Le 26 décembre 2016 à 14:54, par ines En réponse à : Edito : Quelles fêtes !

    c’est quel émergence pourquoi on nous fait ça.

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  • Le 26 décembre 2016 à 14:59, par prudence En réponse à : Edito : Quelles fêtes !

    Je me demande comment chaque année, la cours de compte et l’assemblée nationale arrivent à dormir en paix avec tant de détournement budgétaire injustifiés.

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  • Le 26 décembre 2016 à 15:12, par oyane En réponse à : Edito : Quelles fêtes !

    Il faut aux autorités user de beaucoup de doigté pour tenter de produire un effet d’entraînement, susceptible d’amener les Gabonais qui en sont encore à douter, à se mouvoir vers les stades retenus pour l’organisation des matchs dans le cadre de la prochaine Can.

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  • Le 26 décembre 2016 à 15:27, par mengue En réponse à : Edito : Quelles fêtes !

    les Gabonais sont des femmes et des hommes qui savent prendre leur mal en patience et positiver en attendant que les conditions soient bien meilleures que celles d’aujourd’hui qui les plongent dans la plupart des cas dans le spleen baudelairien, les ennuyant chaque jour un peu plus et assombrissant.

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  • Le 26 décembre 2016 à 15:58, par axelle En réponse à : Edito : Quelles fêtes !

    la paupérisation des populations, mieux la précarité dans laquelle vivent de nombreuses familles par ces temps de crise économique aigue à laquelle il faut ajouter une situation socio-politique peu lumineuse.

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