Edito : République sevrée de valeurs ?

lundi 14 mai 2018 Speciales


« Ouvert à l’opposition », ce titre du journal l’UNION annonçant la formation du Gouvernement Issoze Ngondet III, est de l’avis de plus d’un révélateur d’une persistance de l’instabilité éthique chez nombre de nos « leaders » politiques qui se sont toujours distingué par la transhumance. Au point de pousser une bonne partie de leurs compatriotes se poser la question de savoir s’il y’a encore lieu de croire au discours flatteur qu’ils tiennent surtout au sortir de chaque élection présidentielle débouchant depuis l’instauration du multipartisme et de la démocratie en 1990, sur des crises dont l’issue reste le dialogue politique auquel le camp s’arc-boutant au pouvoir convie l’opposition à multiples facettes sans que celle- ci qui crie pourtant aux fraudeurs à juste titre, avance-t-elle, n’arrive à convaincre qu’elle est unanime sur l’idée qu’elle émet.

Combien sont-ils en effet ces transhumants dont la majorité a servi sous feu Omar Bongo Ondimba qui ont une haute idée de la République et du Gabon à travers ses lois et textes ? Combien sont- ils qui donnent l’impression d’être convaincus par la formule selon laquelle il ne faut sous aucun prétexte concourir au malheur des populations et à la destruction du pays ? Très peu apparemment, sinon nous ne serions pas si souvent face à des phénomènes tels celui qui vient d’encore se produire lorsque Michel Menga, Jean-de- Dieu Moukagni Iwangou et, dans une moindre mesure, David Mbadinga, ont choisi d’intégrer, nous ne dirons pas à leur corps défendant, le gouvernement que vient de former le Premier-ministre d’Ali Bongo Ondimba fraîchement reconduit dans ses fonctions pour, avance-t-il, conduire la politique de relance économique dont tout le monde n’hésite pas à dire qu’elle a depuis des lustres du plomb dans l’aile.

Une bonne partie des citoyens suivant avec attention l’évolution de la situation sociopolitique du Gabon n’en croit pas ses yeux, elle, pour qui le pays mérite mieux que ce qu’il vit. Au vu des difficultés sans cesse croissantes rencontrées par le Gabonais dans presque tous les domaines : santé, éducation, emploi, que sais-je, non pas qu’il n’y ait pas de volonté affichée, mais parce que souvent le travail politique qui manque au rendez-vous fait défaut. La question est celle de savoir que vont pouvoir apporter dans un tel contexte les nouveaux entrants se réclamant de l’opposition s’ils n’ont pas les mains libres et ne disposent pas de moyens nécessaires pour mener à bien leur action ? Cette question, ils devraient se la poser avec insistance, car leur arrivée peut bien signifier que l’on veut noyer le poisson et leur faire porter, eux aussi, la responsabilité de la débâcle, si débâcle il y a dans les tous prochains mois. Quel sera à ce moment l’argument derrière lequel ils se cacheront ? Nous n’osons pas un seul instant croire qu’ils s’empresseront devant leurs compatriotes dont nombre leur ont retiré leur confiance d’affirmer qu’ils étaient animés par le seul désir de servir du mieux qu’ils pouvaient leur nation.

Dans tous les cas, il leur sera reproché avec véhémence leur attitude pour le moins rétrograde ayant consisté à donner l’impression qu’ils avaient une autre manière de concevoir la politique de développement de leur pays qui en a tant besoin, alors qu’ils se pliaient en deux certainement dans le noir devant les tenants du pouvoir auprès desquels ils sollicitaient sûrement leur indulgence afin de reconsidérer leur position vis-à-vis d’eux et eux seuls et leur faire de la place dans la machine gouvernementale à laquelle ils rêvaient si c’en est le cas comme on peut l’imaginer visiblement. Si l’on peut admettre que David Mbadinga qui a depuis décampé de chez Jean Ping pour les raisons que seuls ses acolytes d’hier et d’aujourd’hui connaissent, il est plus que difficile, sinon inimaginable, au vu de leur comportement depuis 2016 auprès de l’ancien président de la Commission de l’Union africaine, de penser que la volte-face de Moukagni Iwangou ou Michel Menga peut trouver son explication dans la realpolitik, à moins que celle-ci soit liée étroitement à des affaires pécuniaires ou bassement matérialistes qui sont alors là très éloignées de celles qui confinent à un véritable engagement d’être fidèle à la main qui donne ou à l’idée de se mettre au service du Gabon.

Dans ces circonstances, quel exemple peuvent-ils donner aux générations montantes en manque de repères, générations montantes qui attendent beaucoup d’eux ? Ce discours ne vise aucunement à décourager les uns ou les autres, encore moins à nous ériger en donneur de leçon, mais à simplement rappeler à tous l’importance qu’il faut accorder au combat politique surtout lorsque celui-ci n’est pas dénué de sens si tant est que la politique aristotélicienne se définit comme l’art de « bien » gérer la cité. Bien au-delà, notre propos vise à rappeler le rôle central qu’occupent les valeurs dans un cadre social. Sachant qu’elles constituent le ferment de la société, celui qui lui donne de la crédibilité, occulte les dérives inutiles et la fait avancer sereinement sur le chemin de la prospérité. Que serait en effet une société où de plus en plus de personnes n’acceptent plus qu’elles soient conspuées par leurs semblables ou dans une moindre mesure critiquées si ces derniers ont bien des raisons de se comporter de la sorte pour le bien de la communauté ? Quel est cette société dépourvue de contradiction lorsque surtout celle-ci s’impose ?


Dounguenzolou

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