Edito : Se parler pour un crédit à l’International

lundi 13 février 2017 Speciales


Depuis la sortie de l’élection présidentielle et les douloureux évènements qui ont suivi, les acteurs politiques gabonais, majorité et opposition confondues, se regardent en chiens de faïence. Le climat devient, lui, chaque jour de plus en plus délétère, les uns exprimant clairement leur soif de pouvoir et les autres réclamant la vérité des urnes. Pendant ce temps, le pays tourne au ralenti et est même menacé de relégation, pour parler comme les sportifs, sur la scène internationale, au vu des indicateurs socio-économiques au rouge par les temps qui courent. Et nous devant ces faits de nous demander que faire pour parvenir à ce que le Gabon retrouve sa place dans le concert des nations sans qu’il n’ait un lourd tribut à payer ?

L’on sait tous que partout où des initiatives n’ont pas été prises pour réconcilier les points de vue des uns et des autres sur l’arène politique, le sang a coulé, la société a été ébranlée, l’économie avec elle. Tant mieux si cela ne dure qu’un petit laps de temps, regrettable si cela doit durer plus longtemps. Car, c’est la population, celle-là qui manque déjà de plein de choses, sans vouloir les citer : électricité, eau, écoles, hôpitaux ou centres de santé, emploi et même considération, qui trinque ; la « hight society » ayant sa progéniture, pour ne pas dire sa famille, bien installée à l’extérieur où elle vit des instants plus qu’heureux à son sens. Combien de temps la majeure partie de la population va-t-elle accepter de vivre les caprices des Hommes politiques, caprices qui ont une incidence réelle sur sa vie à elle ?

Il appartient auxdits Hommes politiques de créer les conditions de l’apaisement en s’entendant sur l’essentiel si tant est que nous sommes dans un Etat de droit au sens occidental du terme. Pour ce faire, il lui faudra : de un, taire ses ego et de deux, accepter d’écouter l’autre en reconnaissant que la vérité n’est l’apanage de personne et que chacun d’entre nous peut un moment donné de la vie se tromper ou se conduire avec indécence pour avoir un tant soi peu le courage de faire son mea culpa. Ce qui serait non seulement profitable à lui- même, mais aussi à tous. Ce d’autant plus qu’un tel acte est susceptible d’amener ceux qui nous observent, réviser rapidement leur comportement vis-à-vis de nous. Quand on apprend par exemple que la communauté internationale milite en faveur de sanctions contre notre pays, à qui cela profite-t-il ?

Nous n’avons pas droit à l’erreur !

Parce que même si celles-ci sont ciblées, ne courent-elles pas le risque de faire des victimes collatérales ? Et pourtant, nous sortons de cultures où l’arbre à palabres était plus qu’un symbole, un exutoire, un endroit où l’on venait pour tenter de se dépasser et trouver solutions à nos problèmes. Ne peut-ton pas transposer ce qui s’est passé dans le passé dans la société d’aujourd’hui en dépit de nos différences qui devraient faire plutôt notre force ? La question centrale est de trouver le cadre et l’état d’esprit pour y arriver, car toute revendication doit être prise au sérieux et tout dictat disparaître. Il s’agit en clair d’aller à chances égales dans un débat qui concerne non pas les personnes, elles-mêmes, mais le pays tout entier. Toute discussion qui n’intègre pas cette donne est donc vouée à l’échec. C’est fort de cela qu’il faut alors avoir un regard particulier sur la qualité de tous ceux à qui il incombe le précieux et noble devoir de refaire l’unité menacée du Gabon dans le respect, ceci valant son pesant d’or, des textes régissant le fonctionnement de la République.

Sachant qu’il y a des yeux extérieurs qui nous regardent au point de nous juger et de nous décerner des notes que nous n’avons pas intérêt à voir négatives pour la sauvegarde de notre image. Il serait insensé pour un patriote de penser comme Talleyrand et donc qu’avec les armes ont peut tout faire sauf s’asseoir dessus. Histoire de dire qu’il n’est pas utile de développer la violence, alors qu’il y a bien des voix pour être démocrate, compris de tout le monde et mériter respect. Le peuple nous interpelle et ne demande qu’à être respecté.


Dounguenzolou

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