Édito : Travailler plutôt que polémiquer !

dimanche 21 avril 2019 Speciales


Surprenante l’attitude d’un gouvernement, placé par des élèves et étudiants devant ses responsabilités et devant se déterminer par rapport aux agissements de nos enfants à qui l’on ne devrait point reprocher la réaction de surcroit non-violente eu égard au fait que la coutume finit par avoir force de loi lorsqu’elle s’est longtemps perpétuée. C’est pourquoi il faut devoir laisser le temps au temps lorsqu’il va falloir la revoir. Faire de la politique, c’est aussi et surtout avoir la capacité de décider logiquement, c’est-à-dire en respect du bon sens s’entend, sur le sort des communautés, pour leur éviter le maximum de désagréments surtout lorsque votre pays a pour nom Gabon pour être succinct.

Il faut peut-être en pareille circonstance au Gouvernement faire preuve d’imagination, de sérieux, de travail et avoir une réelle faculté d’adaptation pour oser sereinement répondre aux défis qui se dressent devant lui. Il serait en effet très anormal qu’en dépit des multiples raisons avancées ouvertement ou de manière sibylline ( récession économique, application des conclusions des états généraux de l’Éducation et autres), les autorités fassent payer le lourd tribut de la mauvaise gouvernance, car c’est de cela dont il s’agit grosso-modo, du laisser-faire, de la collusion ou de la négligence aux tout petits qui n’ont rien demander à part qu’on s’occupe correctement d’eux pour qu’à leur tour ils puissent servir honorablement le pays demain au lieu de, comme beaucoup d’autres avant eux, choisir pour une raison ou une autre, le chemin de l’exil ou de la déviance très condamnée avec tous les risques que cela comporte.

Plutôt que de se braquer en dépit d’une bonhomie de façade affichée pour appâter ou être assuré de corrompre certains syndicalistes, associations de parents d’élèves et quelques apprenants frappés de naïveté en les faisant épouser servilement les thèses gouvernementales, en les invitant autour de la table des discussions, non pas que ce soit foncièrement mauvais eu égard au fait que de là peut déboucher la solution au mouvement d’humeur, enclenché par les plus jeunes, les responsables de l’Éducation nationale devaient mettre ce moment à profit pour connaître les véritables problèmes minant le fonctionnement de ce secteur névralgique dans le pays au lieu de les voir depuis la planète mars, afin de les nommer et d’avec leurs interlocuteurs auxquels devraient être associés des psychologues et sociologues, car il s’agit d’un sujet hautement social tenter de les endiguer en tenant bien sûr compte du calendrier qu’ils imposent, parce qu’il est évident qu’à côté des questions dont le règlement exige très peu de temps, il y en a dont il demande un peu plus, plus ou beaucoup de temps, c’est cela que l’on désigne en langage savant par le court, moyen et long terme.

S’attaquer aux bourses ne nous parait pas être la panacée, en tout cas ce n’est pas parce que vous aurez décidé de couper lesdites bourses même à l’essentiel des étudiants que l’endettement du Gabon s’arrêtera, que l’économie se portera mieux, que les grandes réalisations verront le jour, que le citoyen verra son pouvoir d’achat s’améliorer, qu’il y aura plus d’emplois, en un mot ce n’est pas de cette façon que l’on améliorera les politiques publiques.

Altruisme et adoption de préalables s’imposent

Il faut par exemple lorsque l’on est une grosse fortune se masturber le cerveau, se faire violence en acceptant de participer davantage à l’effort de solidarité nationale qui n’est encore qu’un vain mot chez nous, d’ailleurs ne nous serait-il pas revenu qu’en son temps, Omar Bongo Ondimba « était sur le point de proposer aux plus hautes autorités du pays de rapatrier une partie de leur insolente fortune obtenue dans la plupart des cas avec son soutien », comprendre, comme nous l’avions déjà signifié dans de précédents écrits, qu’être ministre équivaut étymologiquement à servir et non à se servir et à rendre compte le moment venu au contribuable si tant est que nous sommes en démocratie. Ce que les Gabonais attendent, nous le croyons fermement, de leurs autorités, c’est ce que leur recommande le président de la République lui-même, à savoir qu’elles se mettent au travail pour, alors que les pistes semblent toutes trouvées, créer les conditions du développement et de l’émergence.

Or, il serait difficile de soutenir même par complaisance que c’est en prenant maintenant des mesures concernant l’attribution des bourses à quelques milliers d’étudiants que nous y arriverons. Il serait difficile aux Gabonais de laisser passer cette nouvelle fuite en avant de leurs autorités dont la progéniture réside et apprend pour la plupart en dehors de nos frontières et bénéficie d’un traitement plus que favorable, y compris avec les deniers publics, alors que les filles et fils des « makaya », eux, sont en majorité parqués parfois contre leur gré tel du bétail dans des établissements nationaux posant le sempiternel problème d’adéquation formation- emploi loin d’être réglé au jour qu’il est. Veut-on nous faire croire que les premiers cités sont les plus méritants et que les derniers doivent toujours subir les affres d’une injustice programmée quoiqu’ils soient d’intelligence supérieure à la moyenne ?

Ce que semblent demander les parents et les syndicats nous parait et pourtant simples puisqu’il se résume à la mise en place d’un dispositif qui privilégierait l’observation de préalables tels la construction d’écoles et de lycées, l’adaptation de ceux-ci au marché de l’emploi, l’adoption de nouvelles lois sur l’orientation, l’amélioration des conditions de vie et de travail des citoyens, du personnel enseignant dans le cas d’espèce, la réduction de la fracture sociale et autres pour qu’au finish, il puisse être normal que l’on en vienne aux questions querellées au nombre desquelles l’âge minimum d’obtention de la bourse fixé à 19 ans et la moyenne de 12/20.

A revendications justifiées, mesures appropriées

Le gouvernement devait bien avant de prendre la décision de suppression de la bourse au grand nombre se demander à quoi cette aide sociale sert à de nombreux étudiants et familles par extension. La réponse n’aurait pas manqué d’être qu’en dehors d’être utilisée pour satisfaire des besoins académiques et ça on le voit chez nombre d’apprenants en se procurant des monographies, documents didactiques d’autres natures, réglant la course de taxi pour gagner l’université ou l’école, cela dépend, au quotidien si ce n’est pour ceux qui sont éloignés des parents ou tuteurs et sont dans l’obligation de se prendre en charge dans une cité de plus en plus hostile du fait de l’individualisme croissant devenu curieusement en Afrique une règle de vie contrastant avec la vieille culture héritée du village, voler au secours de proches assez démunis qu’assomme le coût de la vie sans qu’ils ne trouvent de solutions palliatives parce que contraints de plier sous le faix du chômage, de l’insolvabilité ou de la démographie trop importante caractérisant plusieurs foyers.

Imposer les grandes fortunes pour minimiser la fracture sociale de plus en plus criarde qui menace de déboucher à tout moment sur des revendications justifiées, ce d’autant plus que les populations sont loin d’être satisfaites pas plus que le président de la République lui- même du rendement des ministres qui continuent de s’enrichir, de bénéficier des avantages en nature, de voyager pour agrémenter leur temps, au détriment des populations et du pays.


Dounguenzolou

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