Education/Réforme des bourses : Le gouvernement se rétracte !

mercredi 17 avril 2019 Politique


C’est par un communiqué lu tard dans la nuit de mardi 16 avril que le ministre de l’Education nationale, Michel Menga M’essone a annoncé l’abandon par le gouvernement, du moins pour cette année, des nouvelles règles contestées d’attribution des bourses d’études.

La pression était trop forte, et l’indignation générale pour que le gouvernement ne reculât pas. Et tout pouvoir responsable, dos au mur, ne pouvait ne pas reconnaître l’impopularité flagrante de sa démarche et l’abandonner. Adoptée en conseil des ministres du 29 mars dernier comme une norme d’excellence, la réforme des bourses de Michel Menga a suscité un tollé des parents, élèves, syndicats de l’Education, partis politiques de l’opposition et même des responsables religieux, qui n’ont pas eu de mots assez durs pour fustiger « une fuite en avant », mieux, « une mesure inopportune » du gouvernement.

Lequel, plutôt que de construire des écoles, former les enseignants, préfère prôner une excellence à pas forcés et difficile à atteindre dans les conditions actuelles de l’école gabonaise. Mais fallait-il pour autant sacrifier une semaine de cours pour faire machine arrière ? Avait-on besoin d’un simulacre de discussions à la limite informelles pour abandonner une mesure pourtant rejetée de toutes parts ? Au fond, Michel Menga voulait gagner du temps en cherchant une sortie honorable, qu’il n’aura pas enfin de compte obtenue. Il faut dire que le contexte social qui n’est pas sans rappeler les fameux programmes d’ajustements structurels (PAS), qu’on connu nombre des pays africains à cause de la récession économique par le passé, n’était pas favorable à l’application d’une telle décision.

Une décision qui ne pouvait qu’être mal accueillie au regard des ajustements budgétaires du gouvernement qui virent incontestablement à un programme d’austérité pure et dure, quoi que les émergents n’aiment pas cette évocation d’austérité en raison des connotations auxquelles elle renvoie. Des salaires des fonctionnaires réduits avec des pourcentages allant de 5 à 15%, des agences créées et supprimées par la suite, sans aucun résultat probant, des budgets des administrations considérablement réduits, des salaires de plusieurs institutions parapubliques impayés, etc. Et comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement annonce également la réduction de moitié de la main d’œuvre non permanente.

Et c’est dans ce contexte marqué par le chômage de masse planifié des pères et mères de familles qu’il a voulu supprimer les bourses de milliers d’élèves, dans le souci de faire des économies sur leurs dos. Comme si ces derniers étaient responsables de sa « gabegie financière ». Prise dans un contexte pareil, une telle mesure naturellement ne pouvait que faire des vagues de la société toute entière qui l’a condamnée sans autres forme de procès. Avec cette capitulation, la deuxième du genre après celle de 2013 sous Séraphin Moundounga, c’est la compétence même du gouvernement qui est pointée du doigt, avec des mesures souvent impopulaires voire inopportunes.


Leno KOLEBA

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs