Election présidentielle/Opposition : La bataille de la recomposition !

mardi 19 mars 2019 Politique


Le bruit de coulisses, la formation des coalitions et des alliances de ces derniers temps, quoique démentis ou tempérés par les acteurs eux-mêmes, se gardant d’égratigner ou d’offusquer frontalement les autres, n’a d’autre but que la recomposition du champ politique, avec en ligne de mire, l’échéance présidentielle de 2023. Ou encore une élection anticipée s’il était admis qu’Ali Bongo n’aille pas au terme de son mandat en raison des séquelles de son AVC.

Pour l’heure, deux figures semblent se dessiner pour cette bataille qui approche à grands pas. Il s’agit de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Guy Nzouba Ndama dont le parti, Les Démocrates (LD), auréolé de sa position de deuxième force politique avec un groupe parlementaire au palais Léon Mba, vient de fêter ses deux ans d’existence. Le deuxième personnage est, selon toute vraisemblance, l’ancien député PDG, Alexandre Barro Chambrier, président du Rassemblement Héritage et Modernité (RHM). A la tête d’un groupe d’anciens collègues députés, il avait soutenu en 2016, la candidature de Nzouba Ndama, qui, à son tour avait fini par se dissoudre dans le cadre d’une candidature commune de l’opposition au profit de Jean Ping, qui, lui continue de revendiquer sa victoire.

Désormais, et ce depuis quelques jours, les rumeurs font état d’un troisième homme, Jean Eyeghe Ndong. Selon les informations révélées par La Lettre du continent dans son dernier numéro, l’ancien premier ministre d’Omar Bongo a entrepris une tournée à l’étranger où il communie avec la diaspora dans le cadre de sa propre candidature à la présidentielle de 2023. Ce soutien jusque-là indéfectible de Jean Ping, serait en train de tracer son propre sillon, si on en croit La Lettre du continent, un journal souvent bien renseigné dans les couloirs politiques africains. Comme il fallait s’y attendre, l’information qui a fait tant jaser au sein de l’opposition, a été curieusement démentie, non pas par Eyeghe Ndong lui-même, mais par les proches de Jean Ping qui y voient, une sorte de manipulation de l’opinion destinée à fragiliser davantage leur leader esseulé. Tant qu’Eyeghe Ndong lui-même n’aura pas apporté un démenti formel, cela reste une tentative désespérée de repoussement d’une "malédiction" qui prend pourtant corps dans le groupe, à mesure que les ardeurs de la contestation postélectorale de 2016 tombent en rade dans les méandres du temps qui conduit inexorablement vers 2023.

Le glas de 2023

Si l’information est avérée, ce qui en a tout l’air, au regard du silence jusque-là d’Eyeghe Ndong lui-même, elle corrobore la position des réalistes qui estiment que la victoire de l’opposition ayant fait choux blanc via le natif d’Omboué, il faut faire le deuil et passer à d’autres batailles, n’en déplaise au radicalisés, qui espèrent encore un retournement spectaculaire de la situation en leur faveur. Ainsi donc, après bientôt trois ans de contestation systématique et des désillusions en faveur de l’ancien patron de la commission de l’union africaine, Eyeghe Ndong pourrait avoir compris qu’il est peut-être temps de changer de logiciel en prêchant cette fois pour sa propre chapelle. Surtout qu’en face, la plupart des partenaires électoraux comme les Chambrier, Nzouba, Oye Mba et autres Myboto, qui avaient œuvré pour ce front commun de l’opposition, se démarquent peu à peu en préparant pour leur compte, l’échéance de 2023.

Et c’est dans ce cadre là qu’il faudrait certainement comprendre la naissance de la coalition démocratique de l’opposition qui vient de voir le jour autour de Moukombo comme président. Toute chose qui, par ricochet, signe l’acte de mort de la coalition de l’opposition pour la nouvelle république (CNR), qui n’est visiblement plus que l’ombre d’elle-même au grand désarroi de Jean Ping qui ne sait plus où donner de la tête dans son combat pour le rétablissement de la "vérité des urnes", tous les autres ou presque étant désormais tournés vers 2023.


Leno KOLEBA

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