Elections législatives : Encore un report !

mercredi 19 juillet 2017 Politique


Initialement prévues pour décembre 2016, puis reportées à juillet 2017, les élections législatives en vue du renouvellement de l’Assemblée nationale se tiendront désormais en avril 2018. La décision a été prise la semaine dernière par la Cour constitutionnelle. Une décision qui intervient dans un contexte marqué par une crise de légitimité de l’actuelle législature dont le mandat a pris fin depuis plus de sept mois.

La Cour constitutionnelle vient de renvoyer à avril 2018, la tenue des élections législatives, initialement prévues pour décembre 2016 avant d’être reportées à juillet 2017. La décision a été prise sur saisine du Premier ministre, Emmanuel Issoze-Ngondet qui est allé présenter aux juges constitutionnels, l’impossibilité pour son gouvernement d’organiser ces élections, sans un toilettage préalable du code électoral sur la base des actes du dialogue d’Angondjé. S’il n’y a rien d’illégal dans la décision de la Cour constitutionnelle, c’est plutôt la légitimité de l’actuelle législature qui est en cause. Surtout qu’il s’agit d’une Assemblée nationale dont l’écrasante majorité des parlementaires est détenue par le parti démocratique gabonais (PDG) au pouvoir. Et cela d’autant plus que l’élection des députés aurait due intervenir en décembre 2016 dernier.

Lesquels députés voient désormais leur mandat prorogé de 9 mois supplémentaires avec ce nouveau report. Voilà de quoi susciter le courroux de l’opposition radicale, notamment celle regroupée autour de Jean Ping, qui accuse d’ailleurs le pouvoir de mauvaise volonté en refusant d’aller aux élections par crainte de les perdre. Car pour l’ancien président de la commission de l’Union africaine, il n’y a plus de doute qu’Ali Bongo Ondimba multiplie des manœuvres dilatoires parce que convaincu qu’il n’a pas gagné l’élection présidentielle et qu’il ne gagnera pas non plus les législatives.

Un mal nécessaire

Si le camp de Jean Ping accuse le pouvoir de mauvaise volonté, le pouvoir et l’opposition conciliante, eux, s’en défendent en mettant en avant la nécessité de toiletter le fichier électoral en y introduisant les actes du dialogue. L’objectif selon les participants du dialogue politique d’Angondjé est d’organiser des législatives qui soient le plus démocratiques possibles, afin de minimiser les contestations postélectorales, qui paralysent le pays depuis 1993. Ce nouveau report est donc un mal nécessaire selon le pouvoir qui tient à tout prix à réviser préalablement la constitution, afin d’y introduire de nouvelles réformes relatives à la gouvernance électorale, en l’adaptant à l’esprit des résolutions issues du rapport définitif du dialogue politique signé en juin dernier. Les prochaines élections seront-elles pour autant démocratiques en permettant l’élection d’une Assemblée plurielle ? C’est la grande inconnue.


Charles Nestor NKANY

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