Environnement : Le groupe Veolia accusé de pollution au Gabon

jeudi 1er mars 2018 Société & environnement


Non respect de la réglementation en matière de gestion des déchets des hydrocarbures, déversement des huiles dans la nature et dans la quasi-totalité de ses sites, au Gabon, l’action de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), filiale du groupe français Veolia est caractérisée par une pollution accrue de l’environnement à en croire le gouvernement.

Au Gabon, le bras de fer qui oppose le groupe Veolia à l’Etat gabonais ne semble pas connaître de trêve. En effet, les autorités du pays accusent à présent le groupe français à travers la société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) d’avoir causé d’importants dégâts environnementaux. Aux griefs déjà énoncés par le gouvernement et qui sont à l’origine de la rupture de contrat de concession après 20 ans de service dans la distribution de l’eau et de l’électricité, s’ajoute le non-respect de la réglementation en matière de gestion des déchets des hydrocarbures et le déversement des huiles dans la nature et dans la quasi-totalité de ses sites où la SEEG opère au Gabon.

Un constat posé par une mission de la direction générale de l’environnement mandatée par le gouvernement qui signale une pollution environnementale touchant l’ensemble des sites de la SEEG notamment au nord et au centre du Gabon avec des conséquences néfastes sur le plus grand fleuve du pays : l’Ogooué. «  On assiste à une pollution à outrance à Lambaréné, où les hydrocarbures sont déversés directement dans l’Ogooué, à l’endroit exact où la SEEG prélève l’eau destinée à la consommation des ménages. Il en est de même à Ndjolé où l’Ogooué sert de réceptacle des huiles et du gasoil évacués de la centrale SEEG  », a dénoncé cette semaine, le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Alain Claude Bilie By Nze.

A Mitzic et à Oyem, la situation selon ce dernier est identique. « Les lacs et rivières sont sauvagement pollués  », fait remarquer le ministre. « Ces constats appellent à prendre des mesures urgentes dont l’application du principe de pollueur-payeur et la diligence d’une enquête », ajoute ce dernier mentionnant qu’il s’agit là d’une situation très grave car, à ce stade, les dégâts environnementaux évidents peuvent avoir des conséquences lourdes sur la santé de la population. Et, l’absence de la part de la SEEG d’équipements appropriés pour le traitement des déchets des hydrocarbures inquiète davantage.

Si ces cas d’infractions sont répréhensibles par la loi, la question qui peut se poser est celle de savoir pourquoi l’Etat a-t-il attendu maintenant pour mettre à nu ce comportement d’une entreprise qui durant des dizaines d’années a exercé son activité sur son sol ? Si la discorde qui oppose les deux parties actuellement peut, expliquer ces changements dans l’action de l’Etat, elle tend cependant à remettre en cause la responsabilité de ce dernier face à l’impératif de préservation de la santé des citoyens dès qu’une entreprise jouit d’un privilège facilement légué par son pouvoir. Où était donc l’Etat durant toutes ces années de présence de Veolia au Gabon pour faire constater cette mascarade dans le respect de l’environnement ?


Michaël Moukouangui Moukala

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