ET SI L’ON DÉTOURNAIT L’ATTENTION DES GABONAIS !

lundi 9 décembre 2019 Politique


En politique, il est une coutume qui veut que pour détourner l’attention du peuple face à une crise et se redonner un peu de crédibilité quand on reconnait que celle-ci est presqu’entamée, l’on crée un problème qui accapare totalement la vue et l’esprit. Dans la tanière aujourd’hui, il y a comme une odeur de souffre avec ces nombreuses interpellations de « Laccruche boys » à qui l’on a tout donné pour les empêcher de mettre la main dans les caisses de l’État, mais qui en un tout petit laps de temps, ont réussi à décourager ceux ont cru en eux, sur la base de quels critères objectifs est- on en train de se demander actuellement au vu de la multiplication des bourdes grossières à cause desquelles ils ont vu s’ouvrir très grandes devant eux les portes du très célèbre bagne de « Gros bouquet ».

En effet, les Gabonais pour qui l’évènement ressemblerait à quelque chose près à certains déjà enregistrés et vécus par le passé et se traduisant tous par l’arrestation de quelques « copains » vite libérés après un bref séjour en prison beaucoup plus pour faire diversion non seulement aux yeux de la communauté nationale, mais pour aussi convaincre l’internationale du « sérieux » affiché par les autorités gabonaises dans le sens de la réforme de la moralité publique avec en prime l’obtention de nouveaux crédits, les Gabonais, disais-je, qui visiblement sont d’accord pour que les responsables indélicats soient tous interpellés, jugés, mais surtout dépossédés de leurs « biens mal acquis », doutent de la volonté de leurs dirigeants de vouloir aller jusqu’au bout de leur logique, si logique il y a.

D’aucuns parlent en évoquant la nouvelle opération de salubrité publique, d’un stratagème inventé dans le but de renforcer le crédit du président de la République vis- à- vis de ses concitoyens afin de mieux le positionner dans les « sondages » et au besoin faire croître son aura à l’approche de 2023, année qui sera marquée par une élection présidentielle à multiples inconnues. Se demandant quel est le sort qui sera réservé à d’autres malfrats que les polices des frontières européennes, françaises en particulier, stoppent avec leur butin à l’entrée sur leur territoire aux aéroports notamment. Car tout voleur ressemble à un autre, avancent- ils, qu’il soit en odeur de sainteté auprès des plus hautes autorités de la République ou qu’il soit déclaré en disgrâce souvent pour des questions d’humeur qui peuvent hélas vite être réglés pour peu qu’il accepte d’adopter le profil bas et de faire allégeance à son mentor qui se sent trahi et affiche alors vexé.

Voler, je pèse bien mes mots, des sommes se chiffrant à des milliards de nos francs, est assimilé à un crime, en fait utilisé ce verbe paraît un euphémisme, car la loi, elle- même, est on ne peut plus clair sur le sujet, accusant le détourneur d’autant d’argent d’avoir commis un crime économique. Dans le cas du Gabon, cela devrait même faire jurisprudence, car je crois que les peines encourues par ceux qu’il convient à juste titre de nommer par l’expression « ennemis de la République » semblent être inappropriées au vu de l’importance des dégâts occasionnés par ces frappes, surtout dans un contexte de paupérisation galopante marqué par une incapacité des travailleurs, tous secteurs confondus, à répondre avec à- propos à leurs différentes charges, le coût de la vie grimpant à une vitesse exponentielle et le panier de la ménagère prenant un sérieux coup fragilisant l’équilibre des foyers, c’est peu dire !

L’effet du venin très attendu !

Après donc avoir appris que les plus hautes autorités de la République ont enfin mis la main sur les trois têtes de turc que sont les responsables de l’Association des jeunes émergents volontaires (AJEV), à savoir Brice Laccruche Alihanga, Tony Ondo Mba et Noel Mboumba, que l’on a forcé à emprunter le même chemin que quelques uns de leurs lieutenants pour la plupart des Directeurs généraux de sociétés, les Gabonais s’interrogent, ce qui est leur droit le plus absolu si l’on conçoit que l’on est en démocratie, sur le sort qui sera réservé à ce beau monde qui s’est distingué des autres citoyens par un scandale ahurissant et rétrograde qui mérite de figurer en bonne place dans le livre Guinness des records.

Avec insistance, ils se demandent jusqu’où les autorités iront dans la gestion d’un dossier aussi sensible que préoccupant puisqu’il se traduit par une spoliation pour le pays qui a plus que jamais besoin de son ‘’fric’’ pour relancer, même s’il fait encore partie des pays « sous- développés », la machine économique, ce qui passe inéluctablement par une redistribution équitable des richesses qui permettrait au grand nombre d’avoir accès à la consommation. C’est dire que là où l’emploi est décent, le travailleur peut jouer un rôle non- négligeable dans la construction d’une économie de référence. Ne pas en tenir compte, c’est désobéir de manière flagrante à des principes de base. Puisqu’il n’est aucun État au monde qui ne se développe qu’avec une minorité de « riches », surtout si ceux- ci ne produisent pas des biens, mais passent le plus clair de leur temps à puiser dans les caisses publiques, privant non seulement le pays, mais aussi les autres citoyens de jouir des ressources disponibles.

Certains non sans ironiser ajoutent qu’ils attendent pourtant énormément de cette bestiole « Scorpion » si tant est qu’elle représente en vérité cet insecte que tout le monde connait qui a la particularité de posséder un venin impitoyable, plus dangereux, annonce- t- on dans des milieux scientifiques que celui du serpent « Mamba », allez- y comprendre l’allusion. C’est que ces Gabonais croient, au vu du sort qui a été réservé aux incriminés dans la deuxième opération dont quelques-uns sinon presque tous ont réussi à obtenir une liberté conditionnelle ou provisoire, qu’avec l’instauration de la nouvelle, il y a des raisons d’espérer et que l’on est allé crescendo dans l’adoption de mesures tendant à éradiquer le banditisme économique et les comportements peu orthodoxes dans les milieux financiers de la République notamment. Ce pourquoi, ils souffrent en silence en soufflant presqu’extenués à la manière des Anglais « wait and see ! ». Une façon de mettre le gouvernement au pied du mur et de voir jusqu’où il ira, lui, auquel ils n’accordent que très peu de crédit quelque soit ce que l’on peut imaginer puisqu’ils le disent incapable de réagir vigoureusement dans le sens de l’amélioration de leurs conditions existentielles qui englobent celles de vie et de travail.


Dounguenzolou

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