Fête du travail : Martin Allini et Laurent Thierry Essone Ndong salués pour leur « syndicalisme responsable »

jeudi 2 mai 2019 Société & environnement


Martin Allini et Laurent Thierry Essone Ndong, deux hommes au destin visiblement liés par l’histoire de l’évolution du syndicalisme au Gabon ont été, lors de la célébration de la fête du travail, le 1er mai, salués par le Premier ministre, Julien Nkoghe Bekalé, pour leur syndicalisme dit « responsable » depuis les indépendances.

Martin Allini et Laurent Thierry Essone Ndong sont deux syndicalistes de la « première heure » qui ont marqué l’évolution du syndicalisme au Gabon. Très tôt syndicalistes, à l’aube de l’indépendance du Gabon, ces deux hommes ont tour à tour occupé des postes de hautes responsables au sein de la Fédération syndicale gabonaise (Fesyga), l’un des premiers mouvements syndicaliste créé au Gabon puis, de la Confédération syndicale gabonaise (Cosyga) qui existe jusqu’à lors. A la différence des mouvements syndicaux tels que l’Organisation nationale des employés du pétrole (Onep), de la Confédération nationale des syndicats du secteur de l’éducation (Conasysed), du Syndicat de l’éducation nationale (Sena), du syndicat des médecins fonctionnaires du Gabon (Symefoga), du Syndicat national des professionnels des médias (Synapap), de Dynamique unitaire (DU) et bien d’autres, qui se sont ces dernières années caractérisés par des mouvements intensifiés de grève sur le terrain pour rappeler à l’Etat, ces omissions dans la satisfaction des droits des travailleurs, la Cosyga ou du moins ses représentants gratifiés par le Premier ministre, Julien Nkoghe Bekalé lors de la célébration de la fête du travail se sont souvent cantonnés dans une démarche moins expressive, au-delà de toute communication et assemblée générale.

Mais l’acte de mémoire peut être salué car, aux pionniers, la récompense du mérite. « A ce sujet, permettez-moi d’avoir une pensée particulière pour nos contemporains Martin Allini et Laurent Thierry Essone Ndong qui ont marqué d’une empreinte indélébile le syndicalisme responsable au Gabon  ». En remontant l’histoire de la création de ce syndicat si exemplaire et à la fois unique, cela s’explique puisque le sous-entendu de la création de la Cosyga, selon un dignitaire du Parti démocratique gabonais (PDG) de l’époque interrogé par Olivier Duhamel, constitutionnaliste et politologue français, était d’ «  utiliser le syndicat pour étouffer les revendications au lieu de l’utiliser pour les comprendre, les examiner sereinement et voir ce qu’il est possible de faire… » Cette manie est« contraire à l’esprit syndical » dont la vocation première au-delà de tous conflits d’intérêt est d’ « assurer la défense collective et individuelle des intérêts des salariés, au niveau national et à l’échelle de l’entreprise ». Si cette « défense » peut s’exercer sous une forme « responsable », on peut à ce niveau, reconnaître que certains syndicats au Gabon manquent à leurs devoirs notamment en ce qui concerne l’urgence, devant la vague de problèmes qui accable les travailleurs gabonais, d’établir un dialogue social serein et responsable.


Michaël Moukouangui Moukala

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs