Football/ CAN 2021 : Pour que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets

lundi 22 juillet 2019 Sport


En parcourant il y a quelques jours les pages du quotidien national « L’Union », nous avons été surpris par le pessimisme ambiant dont faisait preuve le confrère qui traitait de la question de la préparation du onze national gabonais « Les Panthères » à la compétition qu’abritera en 2021 le Cameroun. Certes avait-il raison de se demander si nos athlètes, quoique nombre d’entre eux évoluent désormais à l’étranger et sont pour cela susceptibles d’apporter leur expérience dans la réussite du groupe, pourront cette fois-ci travailler à conduire l’équipe nationale au pays de Paul Biya, mais fallait-il à notre humble avis qu’il mette l’accent sur les responsabilités des uns et des autres dans la préparation d’une sélection qui a de tout temps connu des fortunes diverses.

L’histoire footballistique du Gabon a tendance à se répéter a-t-on envie de dire depuis des décennies non pas parce qu’il nous a toujours manqué d’athlètes ou encadreurs de renom, mais surtout et presque tous sont unanimes pour le reconnaître, parce que les conditions d’organisation et de préparation sont jugées minimales. En effet, même en 1996 en Afrique du Sud, « Azingo national » avait réussi l’exploit d’accéder aux quarts de finale de la Coupe d’Afrique des Nations parce qu’elle, l’équipe nationale de l’époque était composée de joueurs évoluant dans un championnat se déroulant sans interruption et classé parmi les meilleurs du continent du fait que les clubs étaient sponsorisés pour la plupart par des sociétés ou des personnalités qui avaient visiblement un projet continental au point de faire des sociétaires de véritables compétiteurs en dehors du fait qu’à ces derniers ils adjoignaient des entraîneurs ayant fait leur preuve à l’instar dans le cas d’espèce d’Alain Da Costa Soares et de Yéo Martial avec qui la Côte-d’Ivoire avait remporté sa première Coupe d’Afrique des Nations au Sénégal.

Pourquoi douter des joueurs et de l’équipe en général si l’on ne pointe pas du doigt les autorités qui ont depuis mis en place un championnat national dit d’élite sans avoir suffisamment réfléchi aux ingrédients, car comment expliquer que tous les ans, celui-ci ne se déroule pas normalement, faute de financements nous apprend-on souvent. D’où, nous nous demandons qu’est-ce qui en est véritablement à l’origine puisque de l’avis de certains, il s’agit plutôt de faiblesses organisationnelles imputables aux autorités et à tous ceux qui ont en charge la gestion de notre football, non pas qu’ils soient des techniciens, mais parce qu’ils ont une parcelle de décision pour oser bloquer à des fins personnelles parfois le déroulement dudit championnat. Il est certes vrai que des problèmes tels ceux liés au financement d’un championnat, le Gabon n’est pas le seul à les connaître, mais peut-être l’unique pays à les vivre à répétition.

S’est- on un instant interrogé sur les raisons profondes et non superficielles de ces manquements ? Si non, pourquoi alors poursuivre l’aventure ? Pour reprendre Pierre-Claver Akendengué, nous disons : « si tu ris, arrêtes-toi un moment, si tu bats le tam-tam, arrêtes-toi un moment… ».

Copier n’est pas faire une pâle copie !

Dans certains pays, lorsqu’il arrive qu’un mal persiste, les autorités prennent le temps de reculer pour changer le fusil d’épaule comme on dit et mieux se comporter à l’avenir, ce n’est pas le cas du Gabon où, malgré le fait que l’on soit convaincu que les mêmes causes produisent les mêmes effets, l’on s’arc-boute à l’idée de foncer la tête baissée, l’essentiel étant que certaines personnes tirent profit de la situation. Comme si pour elles, le pays ne représentait pas grand-chose de même que son image vis-à-vis de l’extérieur qui nous juge avec autant de facilité aujourd’hui que nous sommes exposés du fait de la mondialisation et de l’usage abondant des réseaux sociaux. Il est pourtant des exemples qui peuvent nous servir. Ceux de Madagascar et du Bénin à la dernière CAN comptent parmi ceux-ci.

Qui aurait parié en effet que ces deux outsiders annoncés allaient poser des problèmes aux grandes nations pour ne pas dire aux sélections que l’on donnait pour favoris lors de cette compétition ? Il a fallu pourtant l’esprit patriotique et solidaire des uns et des autres des joueurs ainsi que de l’encadrement doublé des conditions de préparation sans lesquelles rien n’aurait pu être réalisé lors de cet évènement relevé pour voir les deux équipes nationales s’illustrer de fort belle manière. C’est que d’autres pays le peuvent également pourvu qu’ils prennent au sérieux les enseignements dégagés à l’issue de la CAN 2019. Ceci devrait sonner comme une interpellation faite aux autorités de tous les pays africains dont le Gabon pour qu’elles travaillent à valoriser les questions liées à la formation, surtout lorsqu’elles visent la présence de leurs équipes dans les grandes joutes continentales.

Plutôt alors que de sembler faire peur ou nourrir les esprits d’inquiétude, il aurait été raisonnable à notre avis que l’on suscitât l’engouement autour de nos futurs représentants aux éliminatoires de la prochaine CAN pour qu’ils croient en eux, tout en mettant à leur disposition l’environnement nécessaire à la réussite dans cette épreuve fastidieuse qui réclame pour cela que l’on se prépare de façon optimale. Il faut aux autorités gabonaises ne pas se limiter à l’organisation d’un championnat national, mais s’assurer que celui-ci ira bien jusqu’à son terme et ne connaitra point d’interruptions pour que les athlètes soient en jambes en dehors du fait qu’ils doivent bénéficier d’un encadrement financier et psychologique susceptible de les amener croire en leurs capacités et être prêts à affronter à armes égales tous ceux de leurs adversaires qu’ils rencontreront sur leur chemin.

« Impossible n’est pas camerounais » entend-on souvent dire chez nos voisins, comme pour confirmer que tout est possible quand l’on se donne les moyens de réussir. Les Latins, eux, disent depuis la nuit des temps « Macte animo » comme quoi « haut le cœur ! ».


Dounguenzolou

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