Football/Limogeage de Daniel Cousin : L’arbre qui cache la forêt !

jeudi 28 mars 2019 Sport


Ce n’est pas une surprise tant cela relève de l’accoutumance si après l’élimination des Panthères du Gabon de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) Égypte 2019, les autorités gabonaises ont décidé du limogeage du sélectionneur national, Daniel Cousin, avec qui elles avaient en vérité maille à partir depuis qu’il s’était permis le luxe de réclamer ses droits, lui, qui, à en croire des indiscrétions, fait montre d’une mentalité européenne dans un environnement où le profil bas aurait été souhaitable.

Il s’est très certainement posé un problème d’adaptation au désormais ancien sélectionneur des Panthères, celui à qui le poste avait été initialement proposé, l’ancien international Pierre Aubame Yaya, ayant tôt fait de comprendre qu’il ne lui fallait pas prendre le risque de s’exposer davantage après avoir été l’adjoint de Jose Camacho sans que les fortunes ne militent en leur faveur sur un banc plutôt soumis à diverses turpitudes consécutives aux habitudes bien « médiévales » caractérisant aussi bien les mentalités que les moyens et structures mis à la disposition des encadreurs et des athlètes de l’équipe nationale du Gabon de football.

Combien de fois n’a-t-on pas été amené à décrier sans qu’aucune voix ne s’élève pour le condamner le comportement d’amateur qu’ont souvent affiché les responsables sportifs gabonais vis-à-vis de leur équipe fanion, surtout à l’orée de compétitions importantes qui exigent un minimum de sérieux pour être abordées avec sérénité et confiance ? S’est-on déjà demandé comment les autres pays s’y prennent, non pas en paroles, mais concrètement, pour arriver à tutoyer les sommets ? A-t-on pris la peine de suivre attentivement leur parcours, leur cheminement, pour calquer le nôtre sur ce dernier ? Pourquoi tant de dilettantisme quand bien même on sait le sport intégrant des valeurs nationales et distinguant les nations les unes des autres ? Croit-on que ce sont toujours les sélectionneurs qui doivent payer le lourd tribut des échecs même si l’on sait que la victoire a plusieurs pères et la défaite n’en n’a qu’un seul ?

S’il était prouvé que ce sont eux, les sélectionneurs, qui manquent réellement de pugnacité et de métier pour conduire la sélection nationale vers les sommets, pourquoi se serait-on séparé d’Alain Dacosta Soares suite à la bonne prestation d’Azingo national en Afrique du Sud lors d’une campagne africaine et dans une moindre mesure d’Alain Giresse avec qui, semble-t-il, de l’aveu d’observateurs avertis, l’on commençait à voir le bout du tunnel ? Va-t-on en d’autres termes nous expliquer que tous les entraineurs qui ont été sollicités par le Gabon jusqu’à ce jour ont failli à leur mission ? Dans quelles conditions les footballeurs appelés en sélection sont-ils réunis et abordent-ils les compétitions internationales à multiples enjeux pour que la faute de n’avoir pas atteint les finalités que se fixent tous les compétiteurs n’incombe qu’au seul sélectionneur ? Autant de questions qui demandent qu’on leur trouve réponse s’il est de la volonté des responsables de permettre aux représentants nationaux de glaner des résultats plus satisfaisants à l’avenir.

Assainir l’environnement

Le sport, le football notamment, regroupe des disciplines qui demandent à être valorisées en commençant par mettre l’accent sur la formation pour éviter les improvisations. Aux États-Unis par exemple, les universités et autres grandes écoles constituent des viviers qui fournissent en athlètes de toutes catégories les « teams » désirant s’investir dans les diverses compétitions. Au Gabon dans les années d’après l’indépendance, le sport scolaire et universitaire jouait un rôle de premier plan dans la détection des talents qui profitait inéluctablement aux différents clubs engagés dans le championnat national et en sélection. Il y avait en amont des politiques de formation adéquates qui suscitaient l’engouement d’un public abonné au stade pour encourager chaque fois qu’il était sollicité les acteurs qui méritaient bien des ovations. De nos jours, les choses ont presque fondamentalement changé non pas seulement parce qu’un bémol a été mis sur la formation à proprement parler, mais aussi parce qu’à l’instar des autres sélections nationales, celle du Gabon juge facile de faire appel à des joueurs évoluant à l’étranger qui ne bénéficient le plus souvent que d’un chèque en blanc pour être intégrés dans les Panthères.

De plus, les périodes de regroupement sont parfois, si ce n’est tout le temps, courtes et ne satisfont pas souvent la constitution de l’homogénéité du groupe, vu que les joueurs convoqués viennent d’horizons divers et ont un rendement souvent mitigé et alors que sur le plan local l’on vit avec amertume l’absence d’une véritable organisation qui aurait été facilitée par le déroulement dans des conditions optimales d’un championnat et la sollicitation des services d’un Directeur technique national (DTN) parmi les compétences dont regorge le pays. Daniel Cousin a-t-on envie de se demander était-il souhaité à la tête de la sélection nationale gabonaise ou y a-t-il atterri simplement pour inaugurer les chrysanthèmes ? Sûr qu’il savait les dés pipés, ce pourquoi il aurait plutôt été raisonnable de saluer sa bravoure et son esprit patriotique qu’il a à plusieurs occasions manifesté lorsqu’il était capitaine des Panthères et était projeté en pointe de son attaque, ce que n’auraient pas daigné faire bien d’autres Gabonais, se sachant victimes d’un manque de considération émanant malheureusement de gens qui ne connaissent pas souvent grand-chose du football, mais qui s’érigent en donneurs de leçons.

Avec son éviction de la tête de la sélection nationale, la grande préoccupation demeure dans la motivation qui devrait habiter « l’oiseau rare », dont les services seront sollicités pour comme qui dirait oser relever les défis dans une atmosphère teintée de pessimisme du moins tant que les choses ne seraient pas remises dans l’ordre avec la primauté de la parole confiée aux spécialistes de bonne foi qui afficheraient désintéressés. Une bonne dose de courage devrait également être de mise.


Dounguenzolou

Vos commentaires

  • Le 15 avril à 16:20, par Mrlenoir En réponse à : Football/Limogeage de Daniel Cousin : L’arbre qui cache la forêt !

    Bonjour à vous,
    je souhaite revenir sur l’article du fameux limogeage de Daniel Cousin ( ex sélectionneur de l’équipe Nationale Gabonaise. votre article ne semble pas décrire au mieux la véracité des faits concernant son départ. vue que, le contrat signé par le technicien mentionnait clairement les clauses
    qui " disent que si nous ne sommes pas en Egypte 2019, le contrat s’arrête", ce dire le sélectionneur avait pour mission de qualifier l’équipe nationale pour la Can 2019. Mais, chose qui ne fut. à cet effet, on ne parlera pas de limogeage mais simplement d’exécution des clauses du contrat. pour plus d’information lire : l’Union du jeudi 28 Mars 2019 n°12981, page 11, propos recueillis par MM. 

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