Frais d’inscription à l’université : Vers une modernisation de l’enseignement supérieur ?

mardi 8 août 2017 Société & environnement


C’est avec le cœur gros de rage, et l’esprit tourmenté qu’anciens étudiants et nouveaux bacheliers, viennent d’apprendre à leurs dépens, la mesure visant l’augmentation vertigineuse des frais d’inscription et réinscription dans les universités publiques gabonaises. Mais si certains dénoncent déjà la cruauté d’un gouvernement cherchant à les punir, surtout dans un contexte économique aussi difficile, et promettent déjà une rentrée des plus chaudes en grève, d’autres appellent les autorités à s’engager sur l’honneur dans la construction des infrastructures nécessaires au fonctionnement d’une université moderne.

Même si la Ministre de l’Enseignement supérieur, Denise Mekam’ne évoque « les nécessité de services », il reste que les montants avancés par le décret pris par son ministère sont perçus par les étudiants comme une façon pour le gouvernement de mieux les étrangler. 50.000 pour le cycle Licence, 75 000 pour le Master et 100.000 pour le Doctorat, soit une augmentation multipliée par 5 en Licence ; par 2,5 en Master et en thèse. Le coût est énorme pour des étudiants, surtout pour ceux venant de l’intérieur du pays, et qui faute d’hébergement au campus devront faire face à la fois à ces frais d’inscription ou de réinscription et à la facture du loyer déjà très salée à Libreville. A cela, il leur faudra également dépenser au moins deux mille francs par jour pour le transport dont les tarifs, là aussi fluctuent selon les caprices des conducteurs.

Sans compter les autres dépenses supplémentaires liées à l’achat d’ouvrages et autres recherches, surtout pour les étudiants de l’université Omar Bongo, dont la bibliothèque, pauvre et vieille de plusieurs décennies, ne répond presque plus à l’évolution des différentes disciplines enseignées. Si on peut comprendre que la mesure vise à donner un peu plus de sérieux dans la qualité des enseignements, notamment avec l’invitations des enseignants d’autres pays qui pourront venir aux frais de l’université, dispenser des cours, animer des séminaires, diriger les travaux des mémoires ou de thèses, l’universalité du savoir oblige, comme le soutiennent les autorités rectorales et gouvernementales, il reste que le caractère soudain de la mesure et le contexte économique difficile dans lequel elle tombe est loin d’être favorable à sa mise en application immédiate. Voilà qui donne des arguments aux étudiants qui voient dans cette mesure gouvernementale, une façon de tuer l’école publique en la rendant inaccessible aux apprenants issus des familles pauvres.

C’est pourquoi, certains exigent que cet argent que l’université va se faire sur leurs dos servent plutôt à construire des infrastructures comme des bibliothèques numériques, la couverture en internet haut débit de toute l’université, les travaux d’assainissement, etc. Cela permettra à l’université gabonaise, Omar Bongo surtout de rattraper le retard considérable qu’elle accuse sur la plupart d’autres universités africaines. Il ne s’agira pas d’encaisser autant d’argent sur plus de 24 000 étudiants, alors que l’institution tombe en désuétude chaque année au vu et au su de tout le monde. La manne financière encaissée chaque année sur la tête de l’étudiant, le tout additionné à la subvention de l’Etat, devrait permettre, non pas d’engraisser les patrons avides des deniers publics, mais à moderniser l’université publique gabonaise en rade depuis des décennies. Car l’avenir du pays en dépend.


Charles Nestor NKANY

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