Front social : Que de grèves !

mercredi 2 août 2017 Société & environnement


Nous apprenons par voie de presse que les régies financières, c’est-à-dire les institutions étatiques chargées de collecter l’argent pour renflouer les caisses publiques, se sont réunies ce mardi aux fins de déterminer la conduite à tenir devant plusieurs mois de primes impayées qui déstabilisent les fonctionnaires servant dans ces structures. Le comble, c’est qu’ils ne sont pas seuls, car il y a à côté d’eux, tous les employés des secteurs parapublics et privés qui peinent à percevoir leurs salaires, d’où la levée de boucliers des syndicats corporatistes. A ce rythme, le pays devient intenable !

Si « Gouverner, c’est prévoir » comme le dit le dicton, n’aurait-il pas fallu aux autorités gabonaises, se prémunir face à ce qu’il convient d’appeler les fluctuations des matières premières, pétrole y compris, pour éviter la pire des périodes socio-économiques que connait le pays ? L’opération « Mamba » chargée de débusquer les responsables indélicats ayant mis la main à la caisse pour satisfaire des besoins secondaires ou leurs libations ou pour garnir leur compte dans des banques hors du Gabon, n’étant pas encore allée à son terme ou éprouvant par les temps qui courent quelques signes d’épuisement peut-être liés au besoin d’enquêtes, il n’est pas évident que tous les sous qui se trouvent aujourd’hui outre atlantique regagnent le bercail, même si des négociations étaient ouvertes pour y arriver.
Conséquence : les caisses de l’Etat restent désespérément vides, surtout lorsque les régies financières emboitent le pas aux autres services administratifs et aux secteurs parapublics et privés. D’où la grogne incessante de ces derniers jours à travers le pays qui offre l’image d’un commerce désossé. Jusqu’ici, pas de solutions pour taire ces dames et messieurs arborant fièrement à la devanture de leur lieu de travail des vêtements de circonstance qui rappellent qu’ils ne sont pas du tout contents du traitement qui leur est infligé parfois par la faute de certaines gens mal inspirés ou égoïstes. Quand ils ne viennent pas simplement rappeler que là sont bafoués les droits fondamentaux du travailleur.

Et pourtant…

Et pourtant, ce ne sont pas les promesses qui ont manqué sans suivi malheureusement. Pourquoi ? La réponse à la question peut varier selon que l’on se trouve du côté du décideur ou de celui du travailleur. Mais toujours est-il qu’il ya une constante, la gouvernance qui échappe de plus en plus à toute orthodoxie. Que dire des responsables qui ont la signature et qui décaissent à tour de bras sans soumettre leurs désirs à un avis préalable de personnes compétentes et donc indiquées ? Qu’avancer sur la centralisation du pouvoir qui conduit souvent à la gabegie ? Que penser de la corruption qui, malgré le fait qu’elle gangrène la société, résiste à toutes les opérations de moralisation entreprises pour la faire cesser ? Comment expliquer que le Gabon qui est certes un pays pétrolier, mais dont l’économie, au contraire de nombre d’autres Etats, ne reposent pas que sur la seul manne pétrolière, donne plus que d’autres de réels signes d’essoufflement ; quand on sait les périodes fastes passées avec un baril, pour ne prendre que cet exemple, frôlant ou dépassant les cent dollars américains ?

Autant de questions qui nous ramènent au fait de société sus énuméré, à savoir la grève qui aurait pu être évitée, non pas qu’il n’y ait pas d’autres raisons pour qu’elle soit déclenchée, dans les circonstances actuelles. Gageons qu’à l’avenir, les autorités feront tout ce qui est possible de quelque secteur qu’elles soient pour éviter des scènes paralysant le bon fonctionnement de l’économie nationale à une époque où toutes les nations du monde œuvrent pour leur croissance.


Dounguenzolou

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