Gabon Vs Maroc/ Liste des Panthères : « Faute de grives, on mange des merles »

jeudi 5 octobre 2017 Sport


Apres avoir présenté les faits, c’est-à-dire démontré la valeur sportive des 23 ambassadeurs gabonais convoqués pour la mission commando à Casablanca, ce samedi contre les Marocains. Il apparait important de mettre l’accent sur la valeur intrinsèque de certains joueurs convoqués dont certains ne méritent pas d’être en équipe nationale. Mais faute de mieux, on est obligé de s’en servir.

Ça tombe sous le sens ! Dans la bourse des valeurs footballistiques ou sportives, le Gabon n’est pas une référence et ne pèse pas grand chose. La liste des 23 Panthères devant croiser le fer contre les Lions de l’Atlas à domicile, pour espérer gouter aux réalités du mondial de la discipline foot, charrie de nombreux commentaires. Parmi les appelés de Camacho, il y a à peine 5 qui sont performants, donc titulaires en club. Il va donc être extrêmement difficile d’être compétitif au haut niveau avec une équipe composée en grande partie des sportifs de faible niveau car n’évoluant pas dans des championnats majeurs.

Le feu follet, PierreEmerick Aubameyang qui martyrise à volonté les défenses est de loin le seul joueur gabonais capable d’être titulaire dans toutes les équipes nationales africaines et même ailleurs. Dans cette veine, on compte sur le bout des doigts les Gabonais qui peuvent rivaliser d’efficacité et être titulaires dans plusieurs autres équipes nationales continentales. En allant piocher des joueurs de bas niveau parce qu’évoluant dans des championnats au niveau quelconque, le sélectionneur national limite considérablement les chances des panthères d’êtres performantes à l’heure de se mesurer aux grandes nations de football. Pire, certains internationaux gabonais évoluent dans des clubs inconnus et dans lesquels ils ne sont même pas titulaires.

C’est le cas de Muller Dinda Kambambela qui évolue au Wydad Témara en D2 marocaine, Yoann Claude Wachter sociétaire de Sedan en 4e division française, Duval Nzembi en premiere ligue de la république tchèque, Medwin Biteghe du club d’Utenis Uneta en Lituanie, Junior Assoumou Akue, partenaire de Soromorantin en en 4e division de France, Henry Junior Ndong Ngaleu de Samtredia en Géorgie et Stevy Nzambé du Real King en Afrique du Sud. Comment peut-on être compétitif avec des footballeurs légers et aux carrières peu flamboyantes ?

Même si on évoque des incohérences dans la liste de José Antonio Camacho, on a beau l’accusé mais au bout du compte, il peut bien être excusable. Il n’a pas tant le choix. Le Gabon ne dispose pas d’un vivier riche capable fournir à foison des grands footballeurs pour enrichir l’équipe nationale. « Avec de petits joueurs il va être difficile d’obtenir de grands résultats », clamait à juste titre un ancien international. Au-delà de la politique sportive nationale qui fait défaut, il est vitale pour les joueurs qui vont migrer ailleurs, de se lancer des défis personnels pour évoluer et avoir de la notoriété.
Sans faire injure à personne, c’est manquer d’ambition que de se complaire dans un petit club en deuxième ou troisième division danoise ou maltaise. Ces équipes doivent servir de tremplin pour assurer un meilleur avenir footballistique.

Parmi tant d’autres, la trajectoire de l’attaquant Malick Evouna pose quantité de questions. Il quitte Mounana au Gabon pour atterrir au WAC de Casablanca du Maroc ou il termine meilleur buteur du championnat 2014-2015. Ses prestations sont tellement éloquentes qu’il se fait enrôler par le tout puissant Al Ahlyou il devient champion d’Egypte. Le mythique club égyptien est la quatrième équipe le plus titrée du monde derrière le Milan AC le FC Barcelone et le Real Madrid. Evouna pour des questions pécuniaires abandonne l’Egypte pour la Chine dans le petit club de Tianjin Taida qui vivote au bas du classement avec 14 défaites en 26 journées. Il a dû certainement se rendre à l’évidence en revenant vers le vieux continent, précisément en Turquie au Konyaspor où il joue l’Europa League.

Plus que Malick, ils sont nombreux les footballeurs ou sportifs gabonais à avoir des itinéraires paradoxales dans les carrières sportives. C’est aussi le cas du milieu gauche, Benjamin Zé Ondo, vainqueur de la ligue africaine des champions en 2014 et de la super coupe CAF en 2015 avec l’Entente de Sétif D’Algérie. Aujourd’hui plus rien dans sa carrière. Il est annoncé dans la moindre équipe de Mosta, en première division maltaise. Mosta qui est loin de jouer les premiers rôles. Plus grave son nom ne figure pas sur les feuilles de matchs depuis le début du championnat encore moins dans l’effectif. Du flou total.

Pour autant, une équipe n’a pas tant besoin d’avoir en son sein des grands noms. Un collègue français écrivait justement « Sans collectif, les individualités ne font pas tout ». Ainsi donc, le collectif prime sur tout ! La culture tactique de l’entraineur, l’esprit de groupe, la solidarité, la confiance en soi, l’orgueil, la rigueur, l’esprit patriotique, la hargne, la combativité et l’envie de gagner sont des armes, des vertus qui propulsent au sommet et offrent la lune. « La foi résolue est une vertu qui fait abattre les montagnes », disait le poète.

Jouer avec la peur au ventre c’est signer de facto sa mort. La récente victoire historique des panthères à Bouaké contre la bête noire ivoirienne est illustrative et pleine d’enseignement. C’est sans grande star que la Grèce a surpris le monde en 2004 en décrochant l’Euro. La Zambie en a fait autant lors de la Can 2012.


YAO

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